Le nouvel ambassadeur Bill White confirme : pas de crainte envers les États-Unis.
Bill White, le nouvel ambassadeur en Belgique, a déclaré que « le président Trump a sauvé l’OTAN » et évoque « 500 milliards de dollars pour protéger les populations européennes ». Il a également affirmé que « le président Trump, c’est le seul président des États-Unis d’Amérique qui n’a pas déclenché de nouvelles guerres durant son premier mandat et durant son deuxième mandat ».
D’entrée de jeu, le nouvel ambassadeur en Belgique, Bill White, rejette l’idée d’un « divorce » entre les États-Unis et l’Europe. « Absolutely not » (absolument non), répond-il à la question de savoir si le mariage transatlantique est rompu.
Il insiste au contraire sur « une relation de très longue date avec la Belgique », qu’il décrit comme « véritablement spirituelle ». L’ambassadeur convoque l’histoire pour étayer son propos : « N’oubliez pas la bataille des Ardennes », rappelle-t-il, évoquant ces « jeunes Américains venant de Californie, d’Iowa et de New York qui sont arrivés pour se battre ici en Belgique parce que les nazis occupaient l’Europe ». « Deux fois nous l’avons fait, durant la Seconde Guerre mondiale, durant la Première Guerre mondiale », souligne-t-il, estimant qu’il est essentiel de « se remémorer ces champs de bataille » pour comprendre « où commence notre relation et où elle se termine ».
Interrogé sur les craintes d’une partie des Européens face à la posture américaine, Bill White se montre catégorique : « Il n’y a pas de raison du tout d’avoir peur. » Selon lui, « parfois dans la presse, on essaie peut-être de se trouver des raisons d’être en désaccord avec le président Trump ». « Je pense que le peuple américain et le peuple belge ont toujours été alignés, c’est ce que je dis également en ce qui concerne le Venezuela, l’Iran, Israël et la Palestine », poursuit-il.
À l’Europe, il adresse un conseil direct : « Évitons les distractions, ne prêtez pas trop attention aux rapports de presse. » Et de marteler : « Le président Trump s’occupe et se préoccupe de l’Europe. » Pourtant, en décembre dernier, la publication de la dernière note stratégique américaine sur la sécurité nationale a provoqué un profond trouble en Europe. Washington y décrivait « le déclin économique de l’Europe » comme secondaire face au risque d' »effacement civilisationnel », tout en accusant les gouvernements européens de « censurer et réprimer l’opposition politique ». L’administration Trump assume désormais soutenir les partis d’extrême droite en Europe.
Sur l’OTAN, Bill White va plus loin et affirme que « le président Trump a sauvé l’OTAN ». Il évoque « beaucoup d’argent » mobilisé pour l’Alliance et parle de « 500 milliards de dollars pour protéger les populations européennes ». « Lorsqu’on dit ‘est-ce qu’on peut faire confiance aux États-Unis, est-ce qu’on peut faire confiance au président Trump’, je pense que la question est tout à fait mal posée », estime-t-il, appelant au contraire à « remercier le président Trump ».
Pour rappel, 5% du PIB devra être consacré à la défense dans 7 ans, voilà l’effort demandé par l’OTAN à ses membres, sous l’impulsion des États-Unis et de certains pays européens comme l’Allemagne. Soit, d’après les calculs qui circulent, 30 milliards d’euros consacrés à la défense plutôt que cinq actuellement chez nous.
30 milliards d’euros, c’est à peu près ce qu’on consacre chaque année à l’enseignement dans notre pays. C’est cinq fois ce que l’on consacre au chômage. Un changement d’échelle colossal qui va impacter profondément nos priorités budgétaires et qui ne fait pourtant l’objet que de peu de débats publics.
Sur le dossier brûlant de l’Iran, l’ambassadeur se pose à nouveau en défenseur zélé du chef de la Maison-Blanche. « Contrairement à notre ancien président […] beaucoup de Belges m’ont fait savoir qu’ils aimaient beaucoup le président Obama ou le président Biden mais ces deux présidents ont lancé, ont commencé de nombreuses guerres », avance-t-il.
« Le président Trump, c’est le seul président des États-Unis d’Amérique qui n’a pas déclenché de nouvelles guerres durant son premier mandat et durant son deuxième mandat », affirme Bill White, en assurant que « le président américain ne déclenchera pas de nouvelles guerres ». « C’est le commandant en chef mais c’est un grand pacificateur, je le répète. » Concernant la répression des manifestations en Iran, Bill White insiste sur le soutien de Washington au mouvement de contestation. « Les États-Unis sont du côté du peuple iranien », assure-t-il.
Selon lui, Donald Trump « avertit les Mollah iraniens en leur disant qu’ils n’ont pas le droit de tuer des manifestants pacifiques ». « Croyez le président Trump lorsqu’il vous dit ‘évitez de tuer des citoyens innocents’, or c’est ce qui se passe aujourd’hui en Iran, c’est absolument effroyable, il faut que cela cesse », insiste l’ambassadeur.
Sur le Venezuela, Bill White défend une approche mêlant, selon lui, lutte contre le crime organisé et défense de la démocratie. « Nous avons voulu procéder à l’arrestation et aux poursuites de Nicolas Maduro, qui est le président illégitimement élu du Venezuela, qui a truqué les élections précédentes », avance-t-il, parlant d’ »autorité publique » exportant des « activités criminelles » et du « trafic de drogue » vers les États-Unis. « Lorsqu’on dit que Maduro n’est pas un trafiquant de drogue, c’est tout à fait incorrect », tranche-t-il.
L’homme d’affaires, ami proche de Trump, devenu ambassadeur, évoque aussi le port d’Anvers pour illustrer ces enjeux : « Il y a davantage de cocaïne qui arrive à Anvers en Belgique que partout dans tous les ports américains combinés. Il y a davantage de drogue qui vient d’Amérique du Sud et qui parvient dans ce royaume de Belgique, un pays que je visite depuis 20 ans et que j’aime », ajoute-t-il, sans vouloir évoquer les exportations massives d’herbe américaine vers la Belgique.
Selon lui, « heureusement que le président Trump s’est battu pour le peuple du Venezuela » face à cette criminalité transnationale. Un ambassadeur qui refuse cependant de lier cette intervention aux importantes réserves pétrolières que possède ce pays.
« L’argent sera contrôlé par moi, président des États-Unis, pour garantir qu’il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des États-Unis », déclarait Donald Trump.
Poudrant le 7 janvier dernier, Donald Trump évoquait clairement le pétrole du Venezuela : « Je suis ravi d’annoncer que les autorités par intérim du Venezuela vont remettre aux États-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité », avait annoncé le président américain en précisant que « ce pétrole sera vendu au prix du marché », soit, selon les cours actuels, plus de 2 milliards de dollars. « L’argent sera contrôlé par moi, président des États-Unis, pour garantir qu’il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des États-Unis », a-t-il assuré après avoir ouvertement admis convoiter les vastes ressources pétrolières du Venezuela, les premières réserves de brut prouvées de la planète.
Pour justifier l’implication américaine, Bill White insiste enfin sur les attentes des diasporas. Il raconte avoir rencontré au Cinquantenaire, lors de la fête du 4 juillet, des Belges d’origine vénézuélienne. « Ils étaient là avec le drapeau américain […] ils m’ont dit ‘heureusement qu’on a le président Trump qui va sauver notre pays' », affirme l’ambassadeur.
L’objectif de Washington, assure-t-il, est qu’ »il y ait bel et bien un gouvernement démocratiquement élu pour le peuple vénézuélien ». Pourtant, avec son humour, si « particulier », Donald Trump a diffusé dimanche 11 janvier sur Truth Social, son réseau social, un photomontage imitant une page Wikipédia le présentant comme président du Venezuela, avec une entrée en fonction calée sur l’intervention militaire américaine de janvier 2026.
Interrogé sur les velléités américaines autour du Groenland, Bill White reconnaît l’importance stratégique de ce territoire. Il dit avoir vu « 135 fois » des commentaires de Donald Trump en deux ans « quant à l’importance stratégique du Groenland ». « Lorsqu’on est ambassadeur, lorsque l’on a l’habilitation secret défense, il y a des choses qu’on ne peut pas dire à la radio », glisse-t-il.
Il insiste néanmoins sur un point : « Pour tous ceux d’entre nous qui nous préoccupons de la liberté, qui sont préoccupés quant à la position de la Chine, de la Russie, quant à la prolifération nucléaire, le Groenland ne peut pas rester non protégé comme il l’est aujourd’hui. » « C’est important pour la sécurité des États-Unis, du Canada et de l’OTAN », affirme Bill White, se réjouissant que « les Danois prêtent maintenant l’oreille ».
Il dit attendre « une réunion très productive » entre la Première ministre danoise et le secrétaire d’État américain « sur le Groenland, indispensable pour la sûreté des États-Unis et de l’Europe ».
Mais sans doute, tout comme le narcoterrorisme a servi à justifier l’intervention au Venezuela, qui avait pour but réel le contrôle des mannes pétrolières du pays, la menace sécuritaire au Groenland serait surtout une excuse pour accéder aux nombreuses ressources minières sous la glace.
Sur le droit international, l’ambassadeur affirme qu’il « doit être suivi de manière cohérente par l’ensemble des pays ». Il présente l’action américaine au Venezuela comme « une opération de police et non pas une opération militaire », car rappelons-le, le Président Trump s’est passé de l’obligation de demander au Congrès américain un vote avant de lancer une opération de guerre sur un pays souverain.
Quant au Groenland, il se dit « sûr et certain » que les États-Unis « travailleront avec le Danemark pour formuler un plan pour protéger l’importance stratégique du Groenland ». Sans doute oublie-t-il le communiqué commun des présidents des cinq partis représentés au parlement du Groenland, l’Inatsisartut, qui réaffirment leur volonté de décider seuls de l’avenir de l’île.
« Nous ne voulons pas être Américains, nous ne voulons pas être Danois, nous voulons être Groenlandais », écrivaient-ils d’une seule voix.

