Les réseaux sociaux ne sont pas sans danger pour la santé mentale des jeunes.
L’Anses alerte sur les effets négatifs des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents, en particulier des filles, dans un avis publié ce mardi. Les jeunes passent deux à cinq heures par jour sur leur smartphone et les algorithmes de personnalisation exposent certains mineurs à des publications incitant au suicide et aux cyberviolences.
Incitation au suicide, cyberviolence, stéréotypes sexistes… L’Anses met en garde contre les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents, en particulier des filles. Bien que ces plateformes ne soient pas les seules responsables de la détérioration de la santé mentale des jeunes, leurs effets sont « nombreux » et « documentés », souligne l’autorité dans un avis publié ce mardi.
Ce rapport résulte de cinq années de travaux d’un comité d’experts pluridisciplinaire et s’appuie sur près de 1 000 études. Les plateformes tirent parti des vulnérabilités propres aux adolescents : propension à prendre des risques, comparaison sociale, importance du regard des pairs. Les jeunes n’ont pas les « capacités de régulation émotionnelle et comportementale » des adultes. De plus, ils passent de deux à cinq heures par jour sur leur smartphone.
Les filles représentent le groupe le plus à risque. Selon Olivia Roth-Delgado, coordinatrice de l’expertise, « cette étude donne des arguments scientifiques au débat sur les réseaux sociaux des dernières années » et documente « les effets sur la santé ». Plus présentes sur ces plateformes que les garçons, les filles subissent une pression sociale et un cyberharcèlement plus importants. Les contenus diffusant des « idéaux normatifs » difficiles à atteindre, via des images retouchées, peuvent entraîner une « dévalorisation de soi » et favoriser les symptômes dépressifs ainsi que les troubles alimentaires. Les personnes LGBTQI et les jeunes présentant des troubles psychiatriques sont également particulièrement vulnérables.
Les algorithmes de personnalisation exposent certains mineurs à des publications incitant au suicide, à l’automutilation ou à des comportements à risque (défis dangereux, consommation de drogues, alcool, tabac, cannabis) ainsi qu’à des cyberviolences (insultes, rumeurs, chantage, diffusion d’images intimes), phénomènes intensifiés par l’anonymat et la facilité de partage.
Pour protéger les jeunes, l’agence appelle à « agir à la source » : seules les plateformes conçues et réglées pour garantir la santé des mineurs devraient leur être accessibles. Cela implique de modifier les algorithmes, les techniques d’interfaces persuasives et les paramètres par défaut. Pour Olivier Merckel, membre de l’Anses, la mise en place « de mesures réglementaires et d’actions de contrôle robustes » pour protéger la santé des mineurs « incombe aux plateformes ».
Celles-ci doivent instaurer « des systèmes fiables de vérification de l’âge et de recueil du consentement parental » pour se conformer au DSA et au RGPD, qui permettent l’inscription dès 13 ans avec validation parentale entre 13 et 15 ans. Les contenus violents, pornographiques, haineux, de harcèlement ou incitant à des comportements à risque doivent être prohibés. L’IA accentue le danger en favorisant la « perte de pensée critique » et la « génération de stéréotypes ou contenus dangereux ».

