France

Colère des agriculteurs : les premiers convois de tracteurs arrivent à Paris

Des dizaines de tracteurs FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont de nouveau envahi Paris à l’aube ce mardi, avec environ « 350 » véhicules recensés. La mobilisation intervient à quelques jours de la signature de l’accord commercial UE-Mercosur, prévue samedi au Paraguay.


Des dizaines de tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs ont à nouveau investi Paris à l’aube ce mardi. Les syndicats exigent des « actes concrets et immédiats » de la part du gouvernement, à quelques jours de la signature de l’accord controversé entre l’UE et le Mercosur. Un premier convoi d’une quinzaine de véhicules a été rapidement rejoint par d’autres, portant leur nombre à environ « 350 ». L’objectif de cette mobilisation est d’amener plusieurs centaines de tracteurs dans la capitale.

Les véhicules, arborant des drapeaux syndicaux, sont entrés par la porte Dauphine, accompagnés par des camions de CRS. À 06h15, ils circulaient sur l’avenue Foch en direction de l’Arc de Triomphe en klaxonnant. À 06h45, les tracteurs étaient sur les Champs-Élysées. Le parcours, approuvé par la préfecture de police de Paris, doit ensuite passer par l’avenue George V et le pont de l’Alma, avant un rassemblement prévu quai d’Orsay. Certains manifestants ont apporté matelas et duvets pour prolonger leur mobilisation.

Les agriculteurs manifestent avec des slogans tels que « Pas de pays sans paysan » et « pas de paysan = pas d’alimentation », illustrant ainsi leur colère. Fabrice Moulin, céréalier dans l’Eure, affirme : « Si on veut garder la souveraineté alimentaire, qu’on nous laisse exercer notre métier ». Il dénonce un excès de règlements qui, selon lui, « tue les règles » et indique que les agriculteurs « ne vivent plus de leur activité », citant la crise due à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), l’augmentation des coûts des engrais et l’accord UE-Mercosur.

Baptiste Zado, exploitant en polyculture-élevage dans les Yvelines, partage cette inquiétude. Il revendique une sécurisation du marché français et affirme que « l’élevage français doit passer avant l’élevage brésilien ». Il ajoute : « On ne peut plus se serrer la ceinture ». Cette action est orchestrée par la FRSEA Grand Bassin parisien, qui appelle à des mesures rapides pour défendre la souveraineté alimentaire.

Cette mobilisation se déroule à l’approche de la signature de l’accord commercial UE-Mercosur, prévue samedi au Paraguay. Les agriculteurs dénoncent une concurrence qu’ils jugent déloyale, avec des produits importés moins chers ne respectant pas toujours les normes européennes. Des actions similaires ont eu lieu dans les ports de Bayonne et de La Rochelle ainsi que devant des préfectures ou sur les routes à Metz, Pau, Périgueux, Poitiers, Dax et Limoges, et même au-delà des frontières françaises.

Des manifestations ont également eu lieu en Italie, en Pologne et en Irlande. La ratification de l’accord UE-Mercosur sera soumise à un vote très attendu au Parlement européen, prévu au plus tôt en février. Un grand rassemblement d’agriculteurs est aussi planifié le 20 janvier devant le Parlement à Strasbourg.