Procès en appel du RN et de Marine Le Pen ce mardi : enjeux pour l’avenir présidentiel.
Le procès en appel de Marine Le Pen, du Rassemblement national et de 11 autres doit débuter à 13h30 et se tenir jusqu’au 11 février dans le palais de justice historique au cœur de la capitale. Le tribunal correctionnel a établi le préjudice à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros déjà remboursé par une partie des prévenus.
Le procès en appel de Marine Le Pen, du Rassemblement national et de 11 autres personnes commencera à 13h30. Il se tiendra jusqu’au 11 février dans le palais de justice historique au cœur de la capitale, avec une décision attendue à l’été.
Le 31 mars 2025, Marine Le Pen a été condamnée pour détournement de fonds publics par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d’emprisonnement, dont deux fermes sous bracelet électronique, à 100.000 euros d’amende et, surtout, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, l’empêchant de concourir à la présidentielle – ou, en cas de dissolution, à sa propre succession dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais.
Les juges de première instance l’ont reconnue coupable d’avoir mis en place un « système » entre 2004 et 2016, consistant à capter les enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés pour rémunérer leurs assistants dans le cadre de leurs fonctions à Bruxelles et Strasbourg. Pour l’accusation – représentée devant la cour d’appel par Thierry Ramonatxo et Stéphane Madoz-Blanchet – et le Parlement européen, partie civile, les assistants travaillaient en réalité pour le seul parti Front national (FN, devenu RN) ou leurs dirigeants.
Le tribunal correctionnel a estimé le préjudice à 3,2 millions d’euros, après déduction de 1,1 million d’euros déjà remboursé par une partie des prévenus. Ils étaient 25 en première instance, 12 ont renoncé à faire appel malgré leur condamnation, dont la sœur de Marine Le Pen, Yann Le Pen. Le maire de Perpignan, Louis Aliot, le député RN Julien Odoul, l’eurodéputé Nicolas Bay et Bruno Gollnisch seront de nouveau sur le banc des prévenus.
Assistée de son conseil historique, Me Rodolphe Bosselut, et d’une nouvelle avocate, Me Sandra Chirac-Kollarik, la dirigeante du groupe RN à l’Assemblée pourrait, en appel, insister sur sa « non-intentionnalité » dans les faits qui lui sont reprochés, plutôt que de nier tout en bloc comme plaidé en première instance.
Même si Marine Le Pen espère être relaxée, une déclaration de culpabilité ne compromettrait pas sa possibilité de se présenter à la présidentielle de 2027, à condition que la peine d’inéligibilité soit inférieure à deux ans et que les magistrats ne lui imposent pas un bracelet électronique, jugé incompatible avec une campagne.
Quoi qu’il en soit, la politicienne a déclaré que la décision de la cour d’appel déterminerait son avenir, sans attendre une éventuelle décision de la Cour de cassation, qui devrait se prononcer, si elle est saisie, avant l’échéance présidentielle.
Neuf mois après sa condamnation, l’image de Marine Le Pen s’est déjà dégradée dans l’opinion. L’idée d’une candidature de substitution de son poulain Jordan Bardella à l’Élysée s’est progressivement imposée comme la plus probable. Cependant, elle a rappelé cet automne qu’il était « sûr et certain » qu’elle briguerait à nouveau l’Élysée « si elle pouvait être candidate », reconnaissant que, à défaut, « Jordan Bardella peut gagner à sa place ».

