Colère des agriculteurs : Plusieurs centaines de tracteurs à Paris mardi matin.
Des agriculteurs prévoient de manifester mardi matin à Paris avec environ 250 tracteurs. Les actions, prévues au moins jusqu’à lundi soir, ont permis de découvrir « de la farine étrangère, des soupes avec des légumes thaïlandais, des produits qui n’ont pas les mêmes normes de production » que les nôtres.
La colère des agriculteurs est toujours présente. Prévu pour mardi matin à Paris, un rassemblement rassemblera plusieurs centaines de tracteurs, après que des opérations ont visé lundi les ports français, symboles du libre-échange international, ainsi que les autoroutes. La FRSEA Grand bassin parisien, regroupant l’Ile-de-France et des départements d’autres régions environnantes, organise cette manifestation pour exiger des « actes concrets et immédiats » en faveur d’une souveraineté alimentaire « en danger », selon un communiqué.
Les manifestants se rassembleront place de la Concorde « vers 6-7 heures » du matin, avec « environ 250 tracteurs » qui arriveront des Hauts-de-France, a indiqué lundi à l’AFP Benoît Raux, secrétaire général de la FDSEA du Nord.
À l’approche de la signature de l’accord UE-Mercosur prévue samedi au Paraguay, les actions des agriculteurs opposés à cet accord se poursuivent en France. Au Havre, premier port français pour le trafic de conteneurs, des filtrages sont réalisés avec des pneus enflammés, des troncs d’arbres et quelques tracteurs, sans bloquer l’activité. Depuis ce week-end, des agriculteurs « contrôlent » les camions frigorifiques pour vérifier la provenance des produits.
Ces actions, qui devraient durer au moins jusqu’à lundi soir, ont permis de découvrir « de la farine étrangère, des soupes avec des légumes thaïlandais, des produits qui n’ont pas les mêmes normes de production » que les nôtres, a déploré Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs en Seine-Maritime, demandant que « l’importation respecte nos standards de production ».
Les partisans de l’accord avec le Mercosur, qui inclut l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay et qui a émergé après plus de 25 ans de négociations, considèrent cet accord essentiel pour dynamiser les exportations, soutenir l’économie du continent et renforcer les liens diplomatiques en période d’incertitude mondiale.
Cependant, ses opposants estiment que ce traité perturbera l’agriculture européenne en introduisant des produits importés d’Amérique latine moins chers, qui ne respectent pas nécessairement les normes de l’UE en raison de contrôles insuffisants. Lundi matin, au port de Bayonne, une centaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne, du Modef et du syndicat basque ELB ont bloqué un site d’exportation céréalier de l’entreprise Maïsica, considéré comme un « symbole fort » des accords de libre-échange qu’ils dénoncent.
À La Rochelle, une soixantaine de manifestants ont établi un barrage de ballots de paille devant des installations pétrolières dans le port industriel, à l’initiative de la Coordination rurale (CR). Des manifestations réunissant de quelques dizaines à plusieurs centaines de participants selon les sources ont également eu lieu devant des préfectures ou sur des routes à Metz, Pau, Périgueux, Poitiers, Dax et Limoges, organisées par divers syndicats.
Cette nouvelle mobilisation agricole, débutée en décembre dans le Doubs puis en Ariège contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, s’était intensifiée la semaine dernière avec l’entrée de tracteurs à Paris.
Plusieurs axes routiers, ponts ou zones industrielles ont été bloqués ou perturbés par des tracteurs dans les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, en Loire-Atlantique, dans le Morbihan ou en Moselle, ainsi que sur l’A31 près de la frontière luxembourgeoise. Si un blocage de l’A63 à Bayonne a été levé dans la nuit après négociations avec le préfet, des barrages restaient en vigueur lundi sur l’A64 au sud de Toulouse et surtout sur l’A1, où un barrage filtrant a été établi par la CR dans le sens Lille-Paris.
Une grande partie de la dotation de 300 millions d’euros, étalée sur 2026 et 2027, dépend toutefois de l’adoption du budget 2026. En plus de la France, des manifestations ont eu lieu en Italie, Pologne et Irlande pour protester contre l’accord avec le Mercosur, qui constituerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, englobant plus de 700 millions de consommateurs. La ratification du traité devra encore passer par un vote qui s’annonce serré au Parlement européen, prévu pour février. Un grand rassemblement d’agriculteurs est programmé devant son siège à Strasbourg le 20 janvier.

