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Un soir, un film : « Tucker, the man and his dream », sur un inventeur oublié.

Preston Tucker, né le 21 septembre 1903 dans le Michigan, a créé la berline Tucker’48, avec seulement 51 exemplaires produits. George Lucas a financé le film « Tucker, the man and his dream » de Francis Ford Coppola à hauteur de 24 millions de dollars.


Il s’agit d’un biopic sur Preston Tucker, un Américain né le 21 septembre 1903 dans le Michigan, presque en même temps que le XXe siècle. Il grandit dans la banlieue de Lincoln Park, près de Detroit, considérée comme la capitale américaine de l’automobile. Dès l’âge de 11 ans, Preston apprend à conduire et devient obsédé par la voiture, une passion qui durera toute sa vie.

Il restera dans l’histoire pour avoir créé la berline ultra-sophistiquée Tucker’48, qualifiée de voiture du futur des années 40. Ce modèle se distingue par son design magnifique et plusieurs innovations, dont une suspension indépendante, des freins à tambour, des ceintures de sécurité, un pare-brise en verre incassable et un troisième phare central nommé « l’œil du cyclope ». Cependant, Preston Tucker parvient à produire seulement 51 exemplaires de cette superbe automobile. La raison ? Le Big Three, composé de General Motors, Ford et Chrysler, a tout fait pour réduire à néant sa petite entreprise. Ruiné, Tucker décède prématurément le lendemain de Noël 1956, à 53 ans.

Coppola a lui aussi voulu révolutionner une industrie, celle d’Hollywood, avec des films emblématiques des années 70, tels que les deux premiers volets du « Parrain », ainsi qu’avec son ambitieux projet d’ »Apocalypse Now » en 1979. Son désir de créer ses propres studios, American Zoetrope, s’est révélé encore plus coûteux. Après l’échec de sa comédie « One from the heart » (Coup de cœur) en 1982, Coppola est contraint de rechercher de nouveaux partenaires pour réaliser un vieux projet qui lui tient à cœur : ce biopic sur Preston Tucker.

George Lucas, grand amateur de l’automobile et propriétaire d’un des rares exemplaires de la Tucker Forty-Eight, finance le film de Coppola à hauteur de 24 millions de dollars. Comme souvent dans le cinéma américain, le casting connaît de nombreux changements durant le développement du projet : Marlon Brando, Jack Nicholson et Burt Reynolds sont approchés, mais c’est finalement Jeff Bridges qui incarne Preston Tucker, un rôle considéré comme l’un de ses meilleurs. Le reste de la distribution comprend Joan Allen, Martin Landau et Lloyd Bridges, le père de Jeff, dans le rôle d’un sénateur. La reconstitution d’époque est séduisante, et le film se caractérise par son panache.

Le film « Tucker, a man and his dream », sorti en 1988, est désormais disponible en version restaurée et sous-titrée à la location sur YouTube. Une occasion de redécouvrir un Coppola injustement oublié.