Après les menaces de Trump, l’Iran se déclare prêt à la guerre.
Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé lundi que « la République islamique d’Iran ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparée pour la guerre ». Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), au moins 192 manifestants ont été confirmés morts depuis le début de la contestation le 28 décembre.
Le ministre des Affaires étrangères iranien a déclaré lundi que l’Iran était prêt à entrer en guerre, à la suite des menaces répétées de Donald Trump, qui a averti d’une intervention militaire si la répression du mouvement de contestation, ayant causé des centaines de morts, se poursuivait. Face aux grandes manifestations observées récemment à Téhéran et dans d’autres villes, les autorités ont organisé des contre-manifestations lundi pour soutenir la République islamique, qui fait face à l’un de ses plus grands défis depuis sa création en 1979.
L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a fait savoir dimanche qu’elle avait confirmé la mort d’au moins 192 manifestants depuis le début de la contestation le 28 décembre, tout en avertissant que le bilan pourrait être beaucoup plus élevé, dénonçant un « massacre » et un « crime (…) majeur contre le peuple iranien ». L’ONG a précisé que des informations non vérifiées évoquaient « plusieurs centaines, voire plus de 2.000 » personnes tuées et plus de 2.600 arrestations.
Malgré la coupure d’internet imposée par les autorités depuis le 8 janvier, des images ayant fuité de Téhéran et d’autres villes d’Iran, notamment Machhad dans l’est, ont montré de grandes manifestations lors des derniers soirs. Une vidéo authentifiée par l’AFP montre des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue à Téhéran, avec des Iraniens cherchant leurs proches disparus.
Un journaliste de l’AFP à Téhéran a décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Ce mouvement, qui a débuté en lien avec la hausse du coût de la vie et l’hyperinflation, conteste désormais ouvertement le pouvoir. Cette révolte survient dans un pays déjà affaibli par une guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, des coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire, rétablies par l’ONU en septembre.
Après avoir menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement, le président américain a déclaré dimanche que les dirigeants iraniens souhaitaient « négocier » et qu’une réunion était « en cours de préparation », tout en laissant ouverte la possibilité d’actions militaires. Il a fait savoir : « Nous pourrions devoir agir avant une rencontre » et que l’armée américaine examinait des « options très fortes ».
Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réagi lundi en indiquant : « La République islamique d’Iran ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparée pour la guerre. » Il a ajouté que l’Iran était également prêt à négocier, mais que celles-ci devaient être équitables et basées sur un respect mutuel.
Dimanche soir, le gouvernement a proclamé trois jours de deuil national pour les « martyrs de la résistance », en référence aux membres des forces de sécurité tués. Bien que les autorités affirment comprendre les revendications économiques des manifestants, elles dénoncent de plus en plus des « émeutiers » qu’elles accusent d’être manipulés par l’étranger, notamment par les États-Unis et Israël.
Le président Massoud Pezeshkian a appelé la population à participer lundi à une « marche de résistance » dans tout le pays pour condamner les violences qu’il impute à des « criminels terroristes urbains ». La télévision d’État a diffusé des images de bâtiments en feu, dont une mosquée, ainsi que des cortèges funéraires d’agents des forces de l’ordre.
Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), basé à New York, a signalé que les hôpitaux étaient « débordés » par l’afflux de manifestants blessés et que les réserves de sang diminuaient. Dimanche, une vidéo largement diffusée montrait à nouveau des manifestants se rassemblant dans le quartier de Pounak à Téhéran, scandant des slogans en faveur de la monarchie déchue.
Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition iranienne en exil aux États-Unis, a appelé sur les réseaux sociaux les forces armées et de sécurité à « se tenir aux côtés du peuple ». Ce mouvement de contestation, qui a démarré par la colère de commerçants face à la hausse des prix, est d’une ampleur sans précédent depuis les événements de septembre 2022, qui avaient suivi la mort de la jeune Kurde Mahsa Amini, arrêtée pour avoir prétendûment enfreint le code vestimentaire imposé aux femmes. Des manifestations de solidarité ont eu lieu dimanche à Paris, Londres et Vienne, rassemblant des milliers de personnes.

