Le pouvoir iranien ne se prépare pas à la guerre après les menaces de Trump.
Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé ce lundi que son pays était prêt à la guerre, après les menaces militaires répétées de Donald Trump. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 192 manifestants ont été tués depuis le 28 décembre, mais des informations non vérifiées évoquent plusieurs dizaines, voire plus de 2.000 morts.
Le ministre des Affaires étrangères iranien a déclaré ce lundi que l’Iran était prêt à la guerre, en réponse aux menaces militaires répétées de Donald Trump. Depuis la fin décembre, l’Iran fait face à des manifestations populaires sévèrement réprimées, et Téhéran considère les manifestants comme des « émeutiers » manipulés par des puissances étrangères.
### Que se passe-t-il en Iran ?
Ces manifestations, provoquées par des commerçants mécontents du coût de la vie, sont les plus significatives depuis celles de septembre 2022, suite à la mort de Mahsa Amini. Des rassemblements de solidarité ont eu lieu dimanche à Paris, Londres et Vienne. En réaction aux mobilisations à Téhéran et dans d’autres villes, les autorités ont encouragé des contre-manifestations lundi en faveur de la République islamique. Ces événements représentent l’un des plus grands défis pour le régime depuis sa création en 1979.
Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 192 manifestants ont été tués depuis le 28 décembre, tandis que des sources non confirmées parlent de plusieurs centaines, voire plus de 2 000 morts. Plus de 2 600 personnes auraient été arrêtées. L’ONG évoque un « massacre » et un « crime […] majeur contre le peuple iranien ». Malgré une coupure d’internet instaurée depuis le 8 janvier, des images provenant de Téhéran et Machhad, probablement relayées par satellite, ont montré d’importantes manifestations ces derniers jours. Une vidéo authentifiée par l’AFP montre des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de Téhéran, tandis que des Iraniens cherchent des proches portés disparus.
### Pourquoi le mouvement s’est-il intensifié ?
Initialement centrées sur le coût de la vie et l’hyperinflation, les manifestations remettent désormais en question le pouvoir en place de manière plus ouverte. Cette montée de la contestation intervient dans un pays affaibli par une guerre de 12 jours contre Israël en juin 2025, par des pertes infligées à ses alliés régionaux, et par des sanctions rétablies par l’ONU en septembre en rapport avec son programme nucléaire.
Dimanche, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national pour les « martyrs de la résistance », en mémoire des membres des forces de sécurité décédés. Les autorités affirment comprendre les revendications économiques, mais dénoncent des « émeutiers » qu’elles accusent d’être soutenus par des puissances étrangères, notamment les États-Unis et Israël.
Le président Massoud Pezeshkian a appelé la population à participer lundi à une « marche de résistance » pour protester contre les violences des « criminels terroristes urbains ». La télévision d’État a diffusé des images de bâtiments en flammes, y compris d’une mosquée, ainsi que des funérailles de policiers.
### Quelles sont les réactions internationales ?
Après avoir proféré des menaces répétées d’intervention militaire américaine, Donald Trump a indiqué dimanche que les dirigeants iraniens souhaitaient « négocier » et qu’une réunion était « en cours de préparation », tout en maintenant la possibilité d’une action militaire. L’armée américaine examinerait « des options très fortes ».
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que « la République islamique d’Iran ne cherche pas la guerre, mais est parfaitement préparée pour la guerre ». Il a également précisé que son pays était disposé à négocier, « à condition que celles-ci soient équitables, avec des droits égaux et basées sur le respect mutuel ».

