Trump se déclare « président par intérim du Venezuela »
Donald Trump a publié une image sur la plateforme Truth Social où il se présente comme « président par intérim du Venezuela », et aucun commentaire officiel des autorités vénézuéliennes n’avait été enregistré à ce moment-là. Delcy Rodriguez a été investie le 5 janvier en tant que présidente par intérim du Venezuela, selon l’agence de presse Xinhua.
Le président américain Donald Trump a déclenché une vive controverse après avoir partagé, dimanche, une image sur la plateforme Truth Social où il se présente comme « président par intérim du Venezuela », dans un contexte de fortes tensions entre Washington et Caracas.
Cette publication présente un visuel ressemblant à une page Wikipédia, accompagné d’un portrait officiel de Donald Trump et de la mention « en fonction – janvier 2026 ». Le document indique également qu’il est le 45ᵉ et 47ᵉ président des États-Unis, précisant qu’il a pris ses fonctions le 20 janvier 2025, avec JD Vance en tant que vice-président.
Au moment de la diffusion de cette information, aucune réaction officielle des autorités vénézuéliennes n’avait été signalée, selon des journalistes du Global Times.
De nombreux médias internationaux ont rapidement repris cette publication. Le média new-yorkais Media ITE a décrit le message comme inhabituel dans un article intitulé « Trump publie de manière étrange qu’il est le “président par intérim du Venezuela” sur Truth Social ». Ce média a souligné que Donald Trump avait récemment affirmé sur Fox News qu’il autoriserait « éventuellement » la tenue d’élections au Venezuela, après la reconstruction de son secteur pétrolier et de ses infrastructures.
Pour sa part, le quotidien indien The Economic Times a fait mention d’une « image modifiée numériquement », apparue dans un climat de tensions accrues suite à une intervention américaine au Venezuela.
Vendredi, Donald Trump a signé un décret proclamant l’état d’urgence nationale afin de « protéger les revenus pétroliers vénézuéliens détenus sur des comptes du Trésor américain contre toute saisie ou procédure judiciaire », précisant que ces fonds seraient préservés pour « servir les objectifs de la politique étrangère des États-Unis », selon un communiqué de la Maison-Blanche.
Le 3 janvier, les États-Unis ont exécuté une opération militaire de grande envergure au Venezuela, durant laquelle le président Nicolas Maduro et son épouse ont été arrêtés. À la suite de cette opération, Donald Trump a déclaré lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago, en Floride, que les États-Unis allaient désormais « diriger » le Venezuela.
Cette publication a engendré de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes ont dénoncé une violation du droit international. Un utilisateur sud-africain a qualifié cette initiative d’« illégale et inacceptable », tandis que l’analyste géopolitique Shanaka Anslem Perera a jugé qu’il s’agissait d’un précédent inédit dans l’histoire américaine.
« En 248 ans d’histoire, aucun président américain n’a jamais revendiqué publiquement une autorité exécutive sur un pays étranger. Jusqu’à aujourd’hui », a-t-il écrit, avertissant que les conséquences pourraient être graves. D’autres commentaires ont critiqué ce qu’ils considèrent comme une forme de colonialisme.
Par ailleurs, Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente du Venezuela, a été investie le 5 janvier en tant que présidente par intérim du pays, selon l’agence de presse Xinhua.

