Musique, festin et jeu de rôles : les Tournaisiens ne célèbrent pas leur lundi perdu
Ils sont seize, réunis dans le salon de Nathalie et Frédéric, à Tournai, pour un événement festif. La reine Nathalie annonce les plats au menu, incluant « le mutiau », « la saucisse à bâtons », et un lapin préparé à la Chimay.
Ils sont seize, réunis dans le salon de Nathalie et Frédéric, à Tournai. Le premier acte de la soirée consiste à tirer un papier dans le chapeau de leur hôte. C’est la distribution des rôles. « Je suis la reine », déclare la maîtresse de maison. « On n’est pas sauvés avec elle », murmure une convive. Il est clair que la reine a soif. « Ce que j’aime dans cette fête », explique la monarque, verre à la main, « c’est le côté tradition tournaisienne et le côté festif ».
« La reine boit », annonce le valet. « Longue vie à la reine ! », répond le peuple. Et attention à celui ou celle qui commet une erreur. Le fou, endossé par une autre Nathalie, marquera son visage avec un bouchon brûlé. « Il faut être attentif. Celui qui ne respecte pas son rôle, je peux le noircir ».
### La viande, reine de la table
Ambiance festive assurée et estomacs bien remplis. « On sert le mutiau – de la tête pressée – en apéritif », détaille la reine Nathalie. « Ensuite vient la saucisse à bâtons avec la compote, le tout accompagné d’un petit feuilleté en forme de lapin. Après, on mange le lapin, que j’ai préparé à la Chimay, au sirop de Liège, à la confiture de groseille, aux pruneaux et aux raisins, accompagné de la salade tournaisienne et de croquettes. Pas de pommes de terre à l’eau et pas de lapin cuit à l’eau, comme le voudrait la tradition. Et en dessert, une galette glacée. »
« J’vous assure qu’in ville, l’lundi parjuré… » Des chants typiques rythment la soirée. Frédéric dirige la chorale d’un soir avec sa guitare. « Dans pas mal de familles, ce soir, à Tournai, on chante ces couplets. Donc c’est vraiment important. Ça prend aux tripes, ça prend au cœur ».
### Le troisième réveillon
« C’est la troisième fois qu’on vient, et on aime vraiment bien », explique François. « On vient de Mouscron et c’est quelque chose qu’on ne connaît pas chez nous. » Pour Alex, la force du lundi perdu, c’est « un cocktail » composé de différents éléments : « un cérémonial, un protocole, des règles à respecter, un côté médiéval, riche en histoire et festif ».
« C’est vraiment une célébration », estime Frédéric. Une célébration que les Tournaisiens et les Tournaisiennes considèrent comme leur troisième réveillon.
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