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Trump affirme que le régime iranien, accusé de « massacre », est prêt à négocier.

Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), au moins 192 manifestants ont été confirmés morts, tandis que des informations non vérifiées indiquent que le nombre pourrait être supérieur à 2.000. Le mouvement de contestation, déclenché à Téhéran le 28 décembre, a conduit à plus de 2.600 arrestations de manifestants selon l’IHR.


Les inquiétudes concernant la situation en Iran demeurent extrêmement vives. Un groupe de défense des droits humains a qualifié les actions du régime iranien de « massacre » visant à écraser le mouvement de contestation.

L’ONG Iran Human Rights (IHR), établie en Norvège, a annoncé dimanche avoir confirmé la mort d’au moins 192 manifestants, tout en avertissant que le nombre réel pourrait être bien plus élevé. « Des informations non vérifiées indiquent qu’au moins plusieurs centaines, voire plus de 2.000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées », a-t-elle déclaré, dénonçant un « crime […] majeur contre le peuple iranien ».

Coupure Internet et répression

D’une ampleur sans précédent depuis trois ans, ce mouvement représente l’un des plus grands défis pour la République islamique, instaurée en 1979. Il a été déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants protestant contre la hausse du coût de la vie et s’est étendu à de nombreuses villes. Les autorités ont imposé une coupure d’internet, qui perdure depuis plus de 72 heures, selon l’ONG de cybersécurité Netblocks.

L’IHR estime par ailleurs que plus de 2.600 manifestants ont été arrêtés. Le pouvoir judiciaire iranien a réaffirmé que les personnes impliquées seraient traitées « avec fermeté ».

Bien que les autorités affirment comprendre les revendications économiques des manifestants, elles condamnent de plus en plus ce qu’elles qualifient d’« émeutiers » manipulés, notamment par les États-Unis et Israël. Le président Massoud Pezeshkian a ainsi appelé la population à participer ce lundi à une « marche de résistance » à travers le pays, pour dénoncer les violences, qu’il attribue à des « criminels terroristes urbains ». La télévision d’État a diffusé des images de bâtiments en flammes, y compris une mosquée, ainsi que de cortèges funéraires d’agents des forces de l’ordre.

Le fils du chah prêt à diriger une transition

Dimanche, une vidéo largement partagée montrait à nouveau des manifestants se rassemblant dans le quartier de Pounak, à Téhéran, en scandant des slogans en faveur de la monarchie renversée. En revanche, la télévision d’État a tenté de montrer un retour au calme, en diffusant des images d’une circulation fluide.

Reza Pahlavi, fils en exil du chah déchu en 1979, très actif sur les réseaux sociaux, a appelé à de nouvelles actions et s’est déclaré prêt à retourner dans son pays pour mener une transition démocratique. Il a également exhorté dimanche les forces de sécurité iraniennes à « rejoindre le peuple ».

Le très gros coup de pression de Trump

Depuis les États-Unis, Donald Trump exerce également une forte pression sur le régime iranien. Il a annoncé dimanche que l’armée américaine examinait des « options très fortes » concernant l’Iran. « Nous examinons la question très sérieusement. L’armée examine la question […]. Nous allons prendre une décision », a-t-il déclaré aux journalistes à bord de son avion Air Force One.

Les menaces du président américain durant la semaine ont-elles eu un impact ? Rien n’est certain pour le moment, mais Trump a indiqué que les dirigeants iraniens avaient appelé samedi pour « négocier ». Selon lui, « une rencontre est en cours de préparation […] Ils veulent négocier ». Il a toutefois mis en garde que « nous pourrions devoir agir avant une rencontre ».