Tunisie

Ikram Azzouz présente au Centre des arts à l’Africa une nouvelle approche.

Ikram Azzouz a pris la gérance de la salle de cinéma Africa, désormais appelée Centre des arts polyvalent, qui propose une programmation diversifiée incluant théâtre, cinéma, danse et musique. La 8e édition du festival du monodrame se tiendra du 30 avril au 3 mai 2026 au Centre des arts de l’Africa et à la Maison de la culture Ibn-Rachiq.

Ikram Azzouz, homme de théâtre, acteur et producteur, a pris la direction de la salle de cinéma Africa, qui est désormais un Centre des arts polyvalent proposant une programmation variée alliant théâtre, cinéma, danse et musique. Dans cette interview, il fait le point sur la rénovation de la salle Africa et présente le programme du nouveau Centre, ainsi que le festival du monodrame et celui du mois de Ramadan.

La Presse — La salle de cinéma Africa a rouvert ses portes après plusieurs années de fermeture. Quelles sont les raisons de cette réouverture ?

La réouverture de la salle Africa est le résultat de la volonté des propriétaires de l’hôtel Africa, que je souhaite saluer. Suite à l’incident de 2011, lorsqu’a été projeté le film « Ni maître, ni Dieu » de Nadia Feni, l’activité de la salle a été fortement réduite, ne reprenant que lors de rares événements, tels que les Journées cinématographiques de Carthage. Après 14 ans, l’idée de transformer la salle de cinéma en un Centre des arts polyvalent a émergé, permettant d’accueillir diverses activités, notamment le théâtre, la musique, la danse et le cinéma.

Dans ce cadre, des travaux d’aménagement ont été réalisés, avec une scène agrandie (9 mètres sur 4,5 mètres) et rehaussée. Une loge a été créée pour accueillir les artistes et de nouveaux équipements d’éclairage et de son sont prévus. Le Centre des arts a déjà lancé sa programmation avec quelques spectacles : « L’orchestre de chant » dirigé par Hafedh Makni, un concert de jazz animé par Habib Samandi, un festival pour enfants dirigé par Slah M’sadek avec la participation du magicien Foed Jlidi, et la projection du film pour enfants « La bague de Didon » de Khalil Bahri. L’humoriste tunisien Mehdi Bach Terzi se produira le 17 janvier et le jazzman El Ouaer se produira avec des musiciens allemands et autrichiens le 23 du même mois.

Qu’en est-il de l’audience ? Le public est-il au rendez-vous ?

Le public répond présent même si nous n’avons pas encore communiqué sur la réouverture officielle du Centre des arts. Les artistes se chargent eux-mêmes de leur promotion. Cependant, la société Ashtag média va bientôt débuter une communication officielle sur les activités du Centre. La salle a été optimisée pour offrir plus de confort et accueillir les artistes que nous avons sollicités pour présenter leurs spectacles. En plus des nouveaux équipements, la sécurité est garantie, puisque la salle est située dans un hôtel 5 étoiles.

Par ailleurs, la programmation sera distincte. Nous avons élaboré une convention avec une école de cinéma pour organiser des projections des travaux de diplômés. Nous avons également programmé des projections dans le cadre de l’événement « 48 hour film project ».

En tant qu’initiateur du festival du monodrame, allez-vous continuer à organiser cet événement dans le nouveau Centre des arts ?

Sans aucun doute. La 8e édition se tiendra du 30 avril au 3 mai 2026 au Centre des arts de l’Africa et à la Maison de la culture Ibn-Rachiq. Depuis septembre 2025, nous avons lancé les demandes de participation. Nous avons reçu des réponses d’Espagne, de Colombie, des États-Unis et de plusieurs autres pays. Une Foire du livre consacrée aux ouvrages de théâtre, avec la publication de deux nouveaux livres, se déroulera avenue Bourguiba, en collaboration avec plusieurs pays arabes. Le programme inclura également des représentations de théâtre de rue et de la citoyenneté avenue Bourguiba.

Le conte sera présent dans quatre gouvernorats du Grand Tunis : Tunis, Ben Arous, Ariana et Manouba, avec des conteurs venant de France, d’Italie, de Tunisie et d’autres pays arabes. Ils seront accueillis par ces villes, qui les prendront en charge et leur feront découvrir les principaux sites et monuments.

La compétition officielle inclura 13 monodrames, 25 spectacles de théâtre de rue et de la citoyenneté, et 30 représentations de contes. Deux jurys seront constitués, le premier présidé par le Ds Khaled Jajel, metteur en scène égyptien, en compagnie de Slimane Arti (Kuwait), Nozha Nejm (Irak) et Driss Ben Hadid (Algérie). Le second jury sera dirigé par la Koweitienne Leila Hadded et comprendra deux autres membres tunisiens.

Quelle sera la programmation pendant le mois de Ramadan ?

Nous avons prévu des spectacles tout au long du mois de Ramadan. Nous souhaitons créer de nouvelles formules sous le titre « Layali ramadanesques de l’Africa », avec un programme très varié, incluant la célèbre nuit des dramatiques TV qui se tenait autrefois à la Maison de la culture Ibn-Khaldoun. Cette soirée de débat autour des dramatiques télévisées tunisiennes du mois de Ramadan se tiendra le 23 du mois sacré, avec la participation d’artistes, de réalisateurs et de critiques, dans le but de réfléchir à l’avenir des séries télé.

Nous avons également programmé « La nuit du cinéma », en collaboration avec Olfa Chakroun de l’école de cinéma de Denden, pour donner de la visibilité aux films des diplômés. Concernant la musique, un spectacle de variété animé par Mohamed Abid avec sa troupe « Ennaghem » de Tarab sera proposé le 26 février. D’autres artistes, tels que Lilia Nechi et Jamel Chebbi, se produiront, sans oublier le chant soufi avec « Tatriz ». La programmation sera riche et variée, offrant au public un large choix pour ses soirées ramadanesques.