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Près de 500 morts durant les manifestations en Iran, d’après Iran Human Rights

Au moins 466 manifestants ont été tués en deux semaines de mouvement de contestation en Iran, a affirmé dimanche Iran Human Rights (HRANA). Les autorités iraniennes affirment qu’au moins une centaine d’agents de police ou de personnel de sécurité ont aussi été tués.


Au moins 466 manifestants ont perdu la vie lors des deux semaines de manifestations en Iran, selon une déclaration faite dimanche par l’organisation de défense des droits humains Iran Human Rights (HRANA).

Le dernier rapport, publié quelques heures auparavant, faisait état de 203 morts.

Les autorités iraniennes affirment également que plus d’une centaine d’agents de police ou de membres du personnel de sécurité ont été tués.

Reza Pahlavi, qui vit en exil aux États-Unis et est le fils de l’ancien shah, a déclaré qu’il envisageait de rentrer en Iran.

### Plusieurs semaines de contestations

Ce mouvement, qui a débuté à Téhéran le 28 décembre, a été déclenché par des commerçants en raison de la hausse des prix et de la dévaluation de la monnaie. Il s’est étendu à de nombreuses autres villes et a pris de l’ampleur ces derniers jours.

Face à l’un des plus grands défis que la République islamique ait rencontrés depuis sa création en 1979, le président américain Donald Trump a réitéré samedi que Washington était prêt à soutenir les manifestants aspirant à la liberté.

En cas d’attaques américaines, l’Iran a prévenu qu’il réagirait en ciblant des installations militaires ainsi que le transport maritime des États-Unis, selon une déclaration du président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Bien que les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles dépeignent de plus en plus ceux-ci comme des « émeutiers » manipulés, notamment par les États-Unis et Israël.

« Ces éléments ne devraient pas être autorisés à semer le trouble dans la société », a averti le président Massoud Pezeshkian dans une interview diffusée sur la télévision d’État Irib, en appelant la jeunesse à ne pas se laisser « tromper » par des « terroristes ».

Le chef de la police a annoncé plus tôt des « arrestations significatives concernant les principaux acteurs des émeutes ».

### Hôpitaux « débordés »

Sur le terrain, la mobilisation reste forte.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent de grandes foules défilant dans plusieurs villes, dont Téhéran et Machhad, entre samedi et dimanche nuit.

Ces images semblent avoir été diffusées par satellite, alors que l’interruption d’internet depuis plus de 60 heures complique la communication avec l’extérieur.

« Cette mesure de censure représente une menace directe pour la sécurité et le bien-être des Iraniens », a déclaré l’ONG Netblocks, qui surveille la cybersécurité.

D’autres vidéos, qui n’ont pas été vérifiées par l’AFP à ce stade, montrent des familles identifiant des corps de proches tués durant les manifestations dans une morgue à Téhéran.

Iran Human Rights, basée en Norvège, a confirmé la mort d’au moins 192 manifestants depuis le début des émeutes, soit plus du double du chiffre de 51 morts annoncé vendredi. L’organisation a averti que le bilan pourrait être bien plus élevé en raison du peu d’informations qui parviennent de la situation dans le pays.

Le Centre des droits de l’homme en Iran (CHRI), basé à New York, a déclaré avoir reçu des « témoignages directs et des rapports crédibles » sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours.

« Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour éviter d’autres pertes humaines », a averti l’organisation, qui a ajouté que les hôpitaux sont « débordés » et que les réserves de sang s’amenuisent.

### Lignes téléphoniques coupées

À Téhéran, un journaliste de l’AFP évoque une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début des manifestations, et de nombreux commerces ont fermé leurs portes.

Les écoles sont fermées et l’enseignement à distance est devenu impossible à suivre sans internet. Bien que de nombreux Iraniens se rendent encore au travail, l’absence de réseau rend toute activité difficile.

Samedi soir, les lignes de téléphones mobiles ont également été coupées. D’après des habitants de Téhéran, lors des précédentes grandes manifestations en 2022-2023, ces lignes restaient opérationnelles et la perturbation de la vie quotidienne n’était pas comparable à la situation actuelle.

### Le fils de l’ancien shah se dit « prêt à retourner en Iran » dès que possible

Très actif sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du shah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions plus tard dimanche.

« N’abandonnez pas les rues. Mon cœur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés », a-t-il déclaré.

Reza Pahlavi, figure de l’opposition iranienne vivant aux États-Unis, a affirmé qu’il est « prêt à retourner en Iran » dès que possible pour mener une transition politique.

« Je suis prêt à retourner en Iran dès que possible. C’est déjà en préparation », a-t-il expliqué lors de l’émission « Sunday Morning Futures » sur Fox News. « Mon travail est de diriger cette transition afin de garantir que tout soit mis en œuvre de manière transparente, permettant aux citoyens d’élire librement leurs dirigeants et de décider de leur avenir », a-t-il ajouté.

### Israël soutient les manifestations

Ce mouvement survient dans un pays éprouvé par une guerre avec Israël en juin et par les défis posés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions rétablies en septembre par l’ONU en lien avec son programme nucléaire.

Israël a exprimé dimanche son soutien à « la lutte du peuple iranien pour la liberté ». Son Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a déclaré espérer que l’Iran « serait bientôt libéré du joug de la tyrannie », tandis qu’un haut responsable militaire a affirmé que l’armée serait « en mesure de répondre avec force si nécessaire ».

Le pape Léon XIV a, quant à lui, lancé un appel au dialogue et à la paix en Iran, priant pour « le bien commun de la société tout entière ».