Agriculteurs belges continuent leurs actions contre Mercosur à Courrières, Marquain, Fosses-La-Ville.
L’E411 était toujours bloquée par des agriculteurs samedi en fin de journée à hauteur de l’échangeur de Courrière, avec une cinquantaine de tracteurs toujours présents. Vendredi dernier, les États membres de l’Union européenne ont donné leur feu vert à l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur.
L’E411 restait bloquée samedi en fin de journée au niveau de l’échangeur de Courrière, avec la présence continue d’une cinquantaine de tracteurs. Les agriculteurs, déterminés, ont maintenu leur présence sur les lieux, certains annonçant qu’ils resteraient au moins jusqu’à dimanche, alors que la police n’indiquait pas d’intention de les disperser.
La résistance s’est poursuivie avec une dizaine de tracteurs et une trentaine d’agriculteurs de Fosses-La-Ville érigent un barrage filtrant sous la N98.
Dans un acte symbolique, des agriculteurs ont déversé des milliers de pommes de terre sur les pavés de la Grand-Place à Bruxelles, où un tracteur a également été stationné. Cette action, menée par un couple d’agriculteurs d’Ath, visait à interpeller l’opinion publique dans un lieu fréquenté par des milliers de touristes. Les pommes de terre, issues de leur exploitation, ont été offertes aux passants. L’objectif de cette initiative était de rendre visible la détresse des producteurs agricoles et de dénoncer un accord considéré comme injuste, mettant en concurrence les producteurs belges avec des produits importés à bas prix, soumis à des normes environnementales et sanitaires moins strictes.
Le couple d’agriculteurs a exprimé l’importance de cette action, soulignant son caractère symbolique sur ce qu’ils considèrent comme la plus belle place du monde. Ils ont exprimé leurs inquiétudes face à l’avenir de l’agriculture dans un contexte où les accords en cours pourraient nuire à la production de pommes de terre, un produit emblématique du pays. Le choix de la pomme de terre pour cette action tient au fait qu’elle est à la fois accessible et représentative des défis du marché.
Sur le terrain, d’autres développements ont eu lieu. Le blocage à l’échangeur de Haut-Ittre a été levé après 34 heures, en raison de conditions climatiques difficiles. Cependant, les agriculteurs ont insisté sur le fait que leur colère et leur mobilisation n’étaient pas épuisées et qu’elles pouvaient se raviver à tout moment.
Dans la province du Hainaut, la situation restait plus compliquée, avec des blocages toujours en place sur l’E19 au poste frontière de Hensies dans les deux sens, ainsi que des agriculteurs présents sur l’autoroute à Marquain, apportant même leur aide aux pompiers pour l’évacuation d’un arbre tombé.
Les enfants des agriculteurs ont également participé activement aux actions, renforçant la solidarité familiale.
Malgré le retrait progressif des tracteurs de certains points stratégiques, les agriculteurs ont clairement indiqué que le mouvement était loin d’être terminé et que d’autres actions seraient envisagées si leurs préoccupations restaient sans réponse.
Enfin, en ce qui concerne l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, récemment approuvé par les États membres de l’Union européenne, les agriculteurs continuent de s’opposer fermement à ce choix qu’ils estiment néfaste pour l’agriculture belge. Ils craignent une pression accrue sur les prix, une concurrence déloyale et des répercussions sur les efforts de transition écologique. La récente décision de l’Italie de voter en faveur de l’accord a notamment déçu de nombreux agriculteurs. L’accord devrait être signé par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et devra également obtenir l’approbation du Parlement européen, offrant un mince espoir aux agriculteurs en lutte.

