Agriculteurs belges impressionnent avec des patates et un tracteur sur la Grand-Place
Les agriculteurs ont déversé des milliers de pommes de terre sur les pavés de la Grand-Place, souhaitant rendre visible la détresse du monde agricole. L’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur a été voté par les États membres de l’Union européenne vendredi dernier, permettant au texte de passer avec une majorité qualifiée.
En déversant des milliers de pommes de terre sur les pavés de la Grand-Place et en y stationnant un tracteur, des agriculteurs cherchent à marquer les esprits.
Cette opération a été réalisée par un couple d’Ath, qui est parvenu à accéder au centre de la capitale grâce à une borne abaissée. Ce site emblématique, fréquenté par des milliers de touristes chaque jour, est ainsi devenu le cadre d’une contestation agricole qui dépasse les simples routes et échangeurs autoroutiers.
Peu après 13h, ils ont déversé des pommes de terre provenant de leur exploitation, invitant les passants à en prendre quelques-unes. Aucune détérioration n’a été signalée.
L’objectif est manifeste : attirer l’attention sur la détresse du secteur agricole et dénoncer un accord jugé injuste, qui mettrait les producteurs belges en concurrence avec des produits importés à bas prix, soumis à des normes environnementales et sanitaires moins rigoureuses.
Sur le terrain, la situation a cependant évolué au fil de la journée. Le blocage à l’échangeur de Haut-Ittre a été levé, tout comme celui de Courrière, qui était également sur le point de l’être. D’autres actions ont été suspendues, principalement en raison des conditions hivernales difficiles observées récemment. « Nous faisions une trêve en raison des conditions météo », ont annoncé les agriculteurs ce matin, après 34 heures de blocage à l’échangeur de Haut-Ittre, décidant de lever leur barrages sous la pression du froid.
Cependant, cette levée progressive des barrages ne signifie pas que le mouvement s’est essoufflé. Les agriculteurs assurent que la colère persiste et que la mobilisation pourrait reprendre à tout instant.
Un agriculteur a également signalé, peu après 13h, qu’une « équipe de jeunes agriculteurs de la FJA a pris la relève après la levée du blocage de ce matin, du côté de Courrière. Une quinzaine de tracteurs sont sur place et maintiennent le blocage. » La déviation se fait toujours par la N4.
La situation restait par ailleurs complexe dans la province du Hainaut, où plusieurs blocages autoroutiers étaient toujours en cours sur l’E19, au niveau du poste frontière de Hensies, dans les deux sens de circulation.
Bien que les tracteurs commencent à quitter certains points névralgiques du pays, le mouvement est loin d’être achevé. Les agriculteurs ont affirmé que d’autres actions pourraient avoir lieu s’ils ne reçoivent pas de réponses concrètes à leurs préoccupations.
Vendredi dernier, les États membres de l’Union européenne ont donné leur approbation à l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur. Cet accord est vivement critiqué par les organisations agricoles, qui estiment qu’il menace la viabilité de nombreuses exploitations belges.
Les agriculteurs craignent une pression accrue sur les prix, une concurrence jugée déloyale qui compromettrait leurs efforts en matière de transition écologique.
Des agriculteurs expriment leur déception face au changement de position de l’Italie, qui a décidé de voter en faveur de l’accord commercial avec le Mercosur, permettant ainsi au texte d’être approuvé avec une majorité qualifiée (au moins 15 États membres représentant 65% de la population européenne).
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devrait signer officiellement l’accord commercial lundi au Paraguay, après quoi celui-ci devra également être validé par le Parlement européen.
L’agenda européen laisse encore un mince espoir aux agriculteurs mobilisés contre l’accord de libre-échange voté vendredi, ce qui explique en partie la continuation de leurs actions de protestation.

