Le gouverneur de la Banque de France craint un « étouffement » sans réduction du déficit.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a exprimé ce samedi sa crainte d’un « étouffement » de la France si le déficit budgétaire n’est pas réduit, et a souligné qu’il est « très important qu’il y ait un budget pour 2026 » avec un déficit public « à maximum 5 % du PIB ». Concernant le taux de rémunération du livret A, il a indiqué que ce taux, actuellement de 1,7 %, « restera significativement supérieur à l’inflation » (0,8 %), et les économistes prévoient un abaissement à 1,3 % ou 1,4 %.
Le gouverneur de la Banque de France a exprimé ce samedi sa crainte d’un « étouffement » de la France si celle-ci ne réussit pas à réduire son déficit budgétaire, alors que le pays n’a toujours pas adopté de budget pour 2026 malgré des débats intenses. « La France ne risque pas la faillite, mais un étouffement à plusieurs dimensions », a déclaré François Villeroy de Galhau sur France Inter. Il a expliqué que cet étouffement pourrait être « budgétaire […], économique […] et générationnel, car nous sommes en train de choisir les seniors contre les jeunes », avec « plus de dépenses de retraite et plus de déficit ».
Pour remédier à cette situation, il a jugé nécessaire « de sortir des postures, des querelles, du spectacle, et de trouver des vrais compromis ». Le gouverneur a souligné l’importance d’avoir un budget pour 2026, stipulant qu’il doit comporter un déficit public « à maximum 5 % du PIB » pour éviter de se placer « dans la zone rouge de danger ». Il a également insisté sur la nécessité de « stabiliser les dépenses » et d’« avoir de la sagesse sur les impôts ».
Cela implique, selon lui, de « reconnaître que nous n’avons plus d’argent pour baisser les impôts et qu’il y a certaines mesures de justice à mettre en place », comme la prolongation de la surtaxe d’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, sujet sur lequel les parlementaires de droite et de gauche peinent à s’accorder.
Concernant les risques de crise financière, même si les marchés financiers se montrent calmes à l’égard de la France actuellement, « leur fonctionnement n’est jamais linéaire, [il] peut y avoir un calme apparent puis une correction brutale », a noté le gouverneur, en particulier « dans l’environnement géopolitique extrêmement incertain » en cours.
Il a également mentionné que « l’agenda de dérégulation financière américaine augmente les risques de crise financière », tout en appelant à « garder notre calme et notre cap » en Europe, à « maintenir un dialogue franc et exigeant à travers l’Atlantique ».
Sur une probable baisse du taux de rémunération du livret A, prévue jeudi prochain pour s’ajuster à la baisse de l’inflation, François Villeroy de Galhau a précisément indiqué que ce taux, actuellement à 1,7 %, « restera significativement supérieur à l’inflation » (0,8 %). Les économistes estiment un abaissement à 1,3 % ou 1,4 %.
Pour finir, il a affirmé que « c’est le bon moment » pour réaliser un emprunt immobilier, les taux se situant « en moyenne autour de 3,1 % pour un crédit à vingt ans ». Il a révélé qu’entre janvier et novembre 2025, le montant des crédits accordés dépassait de 35 % celui accordé sur la même période en 2024.

