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Des diplomates américains à Caracas pour rétablir les relations avec le Venezuela

Des diplomates américains mènent samedi des discussions à Caracas dans l’objectif de restaurer des relations entre les Etats-Unis et le Venezuela rompues depuis 2019. Selon Alfredo Romero, avocat de l’ONG Foro Penal sur X, seuls neuf prisonniers ont été libérés et « il reste 811 prisonniers politiques au Venezuela ».


Un rapprochement timide. Des diplomates américains ont engagé samedi des discussions à Caracas dans le but de restaurer les relations entre les États-Unis et le Venezuela, rompues depuis 2019, après la chute du président Nicolás Maduro et les premières libérations d’opposants.

Le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez « a décidé d’entamer un processus exploratoire visant à rétablir les liens diplomatiques entre les deux pays », selon le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil.

Des diplomates américains étaient présents vendredi à Caracas, une information confirmée par un responsable américain peu après que Donald Trump a déclaré avoir « annulé » une nouvelle attaque américaine contre le Venezuela en raison de la « coopération » de Caracas.

La libération de plusieurs opposants est par ailleurs qualifiée par Donald Trump de « geste très important et intelligent » de Caracas. « Les États-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble », a-t-il affirmé, notamment pour la « reconstruction » de l’industrie pétrolière.

De son côté, Delcy Rodriguez a affirmé que son pays n’est ni « subordonné ni soumis » à Washington et a évoqué sa « loyauté envers le président Nicolás Maduro ».

Un « programme de coopération » avec Moscou

Vendredi, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a annoncé sur Telegram avoir reçu l’ambassadeur de Russie, Sergey Mélik-Bagdasarov, et continuer « à travailler sur le programme de coopération » avec Moscou.

À l’issue d’un entretien avec les présidents brésilien Lula, colombien Petro et le Premier ministre espagnol Sanchez, elle a « réaffirmé » que le Venezuela opposera la « voie diplomatique » à l’« agression criminelle, illégale et illégitime perpétrée » le 3 janvier avec les bombardements américains précédant la capture de Maduro.

Le blocus sur l’exportation du pétrole vénézuélien

Le gouvernement américain persiste cependant dans son blocus sur l’exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier partant du Venezuela, le cinquième en quelques semaines.

Donald Trump a réuni à la Maison-Blanche les grands groupes pétroliers pour les inciter à se lancer à l’assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler convaincre tous les dirigeants présents.

« Vous aurez une sécurité totale » pour opérer, a-t-il vanté, sans préciser comment cette garantie de sécurité serait assurée, après avoir exclu une présence militaire américaine pour protéger l’activité pétrolière.

« Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela », a-t-il lancé aux dirigeants du secteur.

Parmi eux, le PDG d’ExxonMobil, Darren Woods, a indiqué qu’il ne comptait pas se lancer à la hâte dans de nouveaux investissements, estimant qu’il était « impossible d’y investir » dans la situation actuelle.

Neuf prisonniers libérés

Sur le plan politique, l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia, exilé en Espagne, a appelé à la reconnaissance « explicite » de sa victoire face à Maduro lors de la présidentielle de 2004.

La cheffe de l’opposition, María Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025 et réfugiée dans la clandestinité, devrait être reçue « la semaine prochaine » à Washington, a annoncé Donald Trump.

Dans l’attente de la libération de « nombreux prisonniers », annoncée par le président du Parlement Jorge Rodriguez, frère de Delcy, des dizaines de proches de dissidents ou militants se sont rassemblés devant des centres pénitentiaires du pays.

« Il ne faut pas perdre espoir », peut-on entendre parmi les familles présentes devant le centre pénitentiaire de Rodéo I, à l’est de Caracas. Après des heures d’attente, certaines ont décidé, en désespoir de cause, de passer la nuit de samedi dans des campements improvisés à l’extérieur de cette prison.

Selon Alfredo Romero, avocat de l’ONG Foro Penal sur X, seuls neuf prisonniers ont été libérés et « il reste 811 prisonniers politiques au Venezuela ». « Parmi les 87 prisonniers politiques de nationalité étrangère détenus au Venezuela, deux sont des citoyens américains », a-t-il précisé.

Cinq Espagnols relâchés la veille sont arrivés en début d’après-midi à Madrid, dont la célèbre militante et avocate binationale Rocio San Miguel.

Dans les rues de Caracas, des membres des colectivos, groupes paramilitaires circulant en ville, armés et parfois cagoulés, dénoncent « beaucoup de trahisons » ayant permis la capture de Nicolás Maduro. « Nous sommes prêts à nous battre », a assuré William, un membre du collectif Boina Roja.

Soixante personnes arrêtées au Nicaragua

Au Nicaragua, au moins 60 personnes ont été arrêtées pour avoir exprimé leur joie suite à la capture de Nicolás Maduro, selon une ONG et des médias en exil.

Parallèlement au dossier du pétrole vénézuélien, Trump a également exprimé sa volonté de s’en prendre au narcotrafic. Après avoir détruit dans les Caraïbes et le Pacifique des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, causant plus de 100 morts, les États-Unis envisagent « des frappes au sol » contre les cartels, a-t-il menacé.

Alors que le Républicain affirme que « les cartels dirigent le Mexique », la présidente de ce pays, Claudia Sheinbaum, a déclaré vendredi que son gouvernement travaillait à « renforcer la coordination » en matière de sécurité avec les États-Unis.

« Agir ensemble » contre le narcotrafic

Pour sa part, le président colombien Gustavo Petro a invité vendredi sur X Delcy Rodriguez « à agir ensemble » contre le narcotrafic, arguant que ce sujet était devenu « l’excuse parfaite » pour justifier une « agression » contre les pays d’Amérique latine.

De puissantes guérillas financées par le trafic de cocaïne opèrent le long de la poreuse frontière de plus de 2 200 kilomètres entre la Colombie et le Venezuela.

Le ministre colombien de la Défense, Pedro Sanchez, a annoncé vendredi une rencontre virtuelle avec le Département de la Défense des États-Unis afin que les principales guérillas du pays « soient déclarées comme des objectifs communs ».