Kiev sans chauffage : le maire conseille aux habitants de partir
De nouvelles frappes russes ont touché l’Ukraine dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant au moins quatre morts et provoquant une crise énergétique à Kiev, où près de 417.000 foyers ont été privés de chauffage. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné ces frappes, rappelant que « les attaques contre des civils et des infrastructures civiles violent le droit international humanitaire ».
De nouvelles frappes massives russes ont eu lieu en Ukraine dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant au moins quatre morts et entraînant une crise énergétique majeure à Kiev. D’après les autorités locales, près de la moitié des immeubles résidentiels de la capitale sont privés de chauffage en pleine vague de froid. Face à ces circonstances, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a exhorté les habitants en capacité de le faire à quitter « temporairement » la ville.
Ces bombardements ont également représenté une escalade militaire avec l’utilisation, pour la deuxième fois depuis février 2022, du missile balistique russe de nouvelle génération Orechnik. Ce missile est capable de transporter des ogives nucléaires et d’atteindre une vitesse estimée à 13.000 km/h, et a été utilisé notamment dans l’ouest du pays. L’Union européenne ainsi que Paris, Berlin et Londres ont critiqué cette « escalade » de Moscou, tandis que le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a qualifié cette attaque à proximité de la frontière de l’UE et de l’Otan de « test pour l’alliance transatlantique ».
À Kiev, l’attaque a touché environ quarante sites, faisant 26 blessés en plus des quatre morts signalés par le parquet. L’opérateur énergétique privé DTEK a indiqué que 417.000 foyers étaient privés de chauffage, alors que les températures variaient entre – 7 °C et – 12 °C. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé une « réaction claire » de la communauté internationale. De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné ces frappes, soulignant que « les attaques contre des civils et des infrastructures civiles violent le droit international humanitaire ».
Moscou soutient avoir ciblé des « cibles stratégiques » et présente ces frappes comme une réponse à une prétendue tentative ukrainienne visant une résidence de Vladimir Poutine, accusations rejetées par Kiev et les pays occidentaux, qualifiées de « mensonges ». Parallèlement, l’Ukraine continue de frapper les infrastructures énergétiques russes : dans la région frontalière de Belgorod, 556.000 personnes ont été privées d’électricité et de chauffage, selon le gouverneur local. Cette spirale de représailles augmente la pression humanitaire et diplomatique à l’approche de l’hiver.

