SportTunisie

Khalil Jendoubi éliminé des examens de l’ISSEP : la situation est anxiogène !

Khalil Jendoubi, champion du monde et médaillé olympique, a été éliminé de la session des examens de l’Issep de Ksar Saïd pour « absence injustifiée ». Les « pseudos-responsables » n’ont pas averti l’établissement qu’il participait au Mondial.

La Presse — Connaissez-vous le phénomène de « doomscrolling » ? Il s’agit du défilement compulsif des mauvaises nouvelles sur Internet et de l’addiction des individus à cette pratique stressante. C’est ainsi que nos informations sportives se résument, en raison de la mauvaise gouvernance qui affecte notre sport à tous les niveaux.

Combien de réunions avons-nous tenues pour que nos athlètes, toutes disciplines confondues, n’aient plus de problèmes financiers ou logistiques ? Rien n’y fait et rien n’a changé. Alors que cette situation déplorable est bien connue et fournit aux chasseurs de têtes l’occasion de débaucher nos meilleurs éléments, la lourdeur administrative continue à engendrer des ravages.

Notre champion de taekwondo, Khalil Jendoubi, champion du monde et médaillé olympique, a ainsi été éliminé de la session des examens de l’Issep de Ksar Saïd pour « absence injustifiée ». Les « pseudos-responsables » n’ont pas informé l’établissement de sa participation au Mondial ! Un véritable comble. Alors que ce jeune hissait fièrement les couleurs nationales lors de cet événement, il se voit puni. Comment expliquer un tel comportement ?

Rectifier cette grave erreur

Nous avons été témoins de la réaction de feu Abdelaziz Sfar, qui était directeur de cet Issep, lorsqu’une championne, revenue au pays avec un doctorat, avait sollicité un poste dans cet établissement : « Bien sûr, ce que vous avez fait pour le pays mérite tous les égards. Votre poste vous attend », avait-il répondu.

Khalil Jendoubi ne doit pas manquer cette année et la Tutelle a la possibilité de corriger immédiatement cette grave erreur par une simple décision, car ces champions sont contraints de rattraper leurs cours après leur retour au pays suite à une participation internationale.

Que ferait ce directeur de l’Issep si c’était son fils ? Dans quel pays vit-il ? Comment peut-on imaginer qu’il ignore ce que font ses étudiants, leurs situations, les difficultés qu’ils rencontrent, ainsi que les dysfonctionnements des fédérations nationales sportives et du sport en général ? Ne savait-il pas que son étudiant participait à un Mondial ? Comment peut-il risquer l’avenir d’un jeune engagé au service de son pays ? Jendoubi, tout comme tous les autres champions, doit déjà se battre pour défendre les couleurs nationales dans des conditions de plus en plus ardues.

Par respect pour ces champions et ce qu’ils représentent, nous ne divulguerons pas les moyens dont ils disposent pour vivre ni le montant de leurs bourses dérisoires.

Ils ne méritent pas ce traitement, et ceux qui ont failli devraient être sanctionnés pour leur absence de réaction. Pourtant, on se plaint lorsque qu’un athlète se laisse séduire par des promesses alléchantes. C’est, hélas, la mauvaise nouvelle d’aujourd’hui. Demain, une autre viendra.

Car, tout simplement, nous nous acharnons à vouloir renouveler avec du vieux et nous laissons des dossiers aussi cruciaux entre les mains de personnes engourdies par l’inaction, qui n’éprouvent ni regrets ni remords. Alors qu’en haut lieu on a donné des directives pour inciter à l’action, on s’accroche à une bureaucratie étouffante et improductive.

Preuve que les réunions ne servent à rien.