Grok ne permet plus aux non-abonnés d’utiliser son outil de dénudage.
Grok, l’assistant d’intelligence artificielle de la plateforme X, a désactivé vendredi pour les non-abonnés sa fonctionnalité de création d’images. La Commission européenne a « pris note des dernières modifications », mais les a jugées insuffisantes.
Elon Musk repousse toujours plus loin les limites du scandale. Grok, l’assistant d’intelligence artificielle de sa plateforme X, a désactivé vendredi pour les non-abonnés sa fonctionnalité de création d’images, face aux critiques après avoir permis la génération de fausses images de femmes et de mineurs à caractère sexuel. Cependant, les internautes payant leur abonnement peuvent encore accéder à cette fonctionnalité problématique (et potentiellement illégale).
Ces images, obtenues en retouchant des photos ou vidéos de personnes réelles pour les dénuder, ont provoqué des manifestations à travers le monde. Interrogé vendredi par des utilisateurs sur X, Grok a répondu : « La génération et l’édition d’images sont actuellement réservées aux abonnés payants. Vous pouvez vous abonner pour débloquer ces fonctionnalités. »
Cette désactivation limitée a déclenché l’indignation au Royaume-Uni, l’un des critiques les plus virulents d’Elon Musk. Un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que cette mesure « transforme simplement une fonctionnalité qui permet la création d’images illégales en un service premium » et constitue « une insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles ».
À Bruxelles, la Commission européenne a « pris note des dernières modifications », mais les a jugées insuffisantes. Thomas Régnier, porte-parole de l’exécutif européen pour les affaires numériques, a affirmé : « Abonnement payant ou non, cela ne change pas notre problème de fond : nous ne voulons pas voir de telles images, c’est aussi simple que cela. »
« Ce que nous demandons aux plateformes, c’est de veiller à ce que leur conception, que leurs systèmes n’autorisent pas la génération d’un tel contenu illégal », a-t-il ajouté. Bruxelles avait annoncé jeudi avoir imposé à X une mesure conservatoire suite au scandale des images sexuelles de mineurs générées par Grok. L’exécutif européen avait précisé avoir pris une « ordonnance de conservation », obligeant X « à conserver tous ses documents internes relatifs à Grok, et ce jusqu’à la fin 2026 ».
L’UE avait infligé début décembre une amende de 120 millions d’euros à X pour non-respect du règlement sur les services numériques, le DSA, malgré les menaces persistantes du président américain Donald Trump, qui accuse le bloc européen de cibler les champions américains via sa législation numérique.
De son côté, le gouvernement britannique avait appelé X mardi à trouver « de toute urgence » une solution pour éviter la prolifération de fausses images « révoltantes » de femmes et de mineurs dénudés générées par Grok. Liz Kendall, ministre en charge des Technologies dans le gouvernement travailliste de Keir Starmer, a déclaré : « Ce que nous avons vu en ligne ces derniers jours est absolument révoltant et inacceptable dans une société digne de ce nom. »

