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Le Mazda CX-6e, SUV électrique prometteur avec oracle chinois.

Le Mazda CX-6e repose sur une base technique dérivée du partenaire chinois Changan, la Deepal S07. Ce SUV dispose d’une batterie LFP de 78 kWh, d’un moteur arrière de 258 ch et d’une recharge rapide à 195 kW, offrant une autonomie annoncée de 484 km WLTP.

Pour s’imposer dans le secteur électrique, Mazda a adopté une approche pragmatique. Le nouveau CX-6e repose sur une plateforme technique chinoise, tout en affichant un design résolument japonais. Au final, il s’agit d’un SUV imposant, équipé d’une batterie LFP rassurante, avec un look séduisant. Il reste à voir si l’essence même de Mazda a survécu à cette transformation.
Mazda CX-6e // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Jean-Baptiste, journaliste au Salon de Bruxelles, est rarement très enthousiaste. Lorsqu’il m’écrit pour dire que le nouveau Mazda CX-6e est « très joli », « charismatique » et que le mélange est « impressionnant », je prête attention.

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Mazda CX-6e // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Mazda a toujours eu un talent pour dessiner des automobiles. Leur langage « Kodo » est leur signature. Apparemment, cela fonctionne toujours. Avec ses 4,85 mètres de long et sa couleur « Nightfall Violet » qui interagit avec la lumière, ce SUV familial fait forte impression. Il est tendu, soigné et élégant.

Ainsi, du point de vue extérieur, c’est un sans-faute. Cependant, en ouvrant la portière, attendez-vous à une surprise.

Le grand renoncement ergonomique ?

C’est là que je m’interroge. Connaissez-vous Mazda ? C’est la marque qui a résisté le plus longtemps à la tendance du tout tactile, soutenant (souvent à juste titre) que les molettes et les boutons physiques sont plus sûrs.

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Mazda CX-6e // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Et là ? Bam. Un écran panoramique de 26 pouces en définition 5K occupe toute la planche de bord. Plus de combiné d’instrumentation classique, tout passe par un affichage tête haute et cette énorme dalle. Les boutons ? Éclipsés.

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Mazda CX-6e // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Certes, c’est impressionnant. L’interface semble fluide, et les commandes gestuelles (comme faire « OK » avec la main pour rentrer à la maison) paraissent amusantes en théorie. Mais dans la pratique ? Jean-Baptiste n’a pas eu l’opportunité de tester l’interface en profondeur, le véhicule étant en mode démo. Cependant, passer d’un fonctionnement « tout physique » à un « tout écran » sans transition représente un défi pour l’ergonomie. On espère que le logiciel sera à la hauteur.

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Sous le capot : l’ombre de l’Empire du Milieu

Il est essentiel de clarifier l’origine de ce CX-6e. Il n’est pas entièrement « Made in Hiroshima ». La plateforme provient du partenaire chinois Changan (la Deepal S07 pour les initiés). Est-ce préjudiciable ? Non. Cela permet probablement à Mazda de proposer rapidement un produit compétitif.

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Deepal S07 // Source : Deepal

Les spécifications sont robustes, sans toutefois être révolutionnaires :

  • Batterie LFP de 78 kWh : un choix judicieux pour la durabilité et la sécurité.
  • Moteur arrière de 258 ch (propulsion).
  • Recharge rapide à 195 kW : de 10 à 80 % en 24 minutes. C’est dans la bonne moyenne haute.

L’autonomie est standard. Avec des 484 km WLTP annoncés, nous sommes dans la norme, mais pour un modèle phare de cette taille, un franchissement de la barre psychologique des 500 km aurait été souhaitable. D’autant plus face à un Tesla Model Y Grande Autonomie ou un Renault Scénic qui font mieux pour un coût inférieur.

Vie à bord : la classe affaire

C’est sans doute dans l’accueil que ce CX-6e pourrait prendre l’avantage, avec un empattement de 2,90 mètres, offrant un espace arrière généreux. Mazda annonce des sièges ventilés, un système audio à 23 haut-parleurs (certains placés dans les appuie-têtes, ce qui est appréciable) et une finition soignée avec des matériaux synthétiques « Warm Beige » ou « Black Maztex ».

C’est véritablement un modèle familial. Le coffre de 468 litres est adéquat, mais pas exceptionnel (c’est un inconvénient des véhicules à propulsion avec moteur arrière sur plateforme partagée), tandis que l’espace avec la banquette rabattue dépasse les 1 400 litres. Aucun « frunk » (coffre avant) n’est prévu pour le moment, ce qui est regrettable pour une voiture électrique conçue spécifiquement comme telle.

Reconnaissons-le, Mazda accuse un certain retard sur le marché de l’électrique. Avec ce CX-6e, la marque semble rattraper son retard en proposant un modèle esthétiquement réussi. C’est une voiture qui attire le regard, et peut-être qui sera plaisante à conduire si les ingénieurs japonais ont su calibrer les réglages du châssis sur cette plateforme chinoise.

Le prix n’est pas encore dévoilé, mais avec un lancement prévu pour l’été 2026, Mazda devra adopter une stratégie tarifaire agressive. Si ce CX-6e arrive à un prix similaire à celui d’un Model Y tout en présentant ce design et une qualité de finition premium, il pourrait bien avoir un rôle à jouer sur le marché.