Belgique

Salon de l’Auto 2026 : le revirement européen sur les voitures électriques visible ?

Cette édition ne sera pas celle du « tout électrique » et reflétera un moment de transition dans l’industrie automobile européenne. D’après une étude que vient de publier BNP Paribas, plus d’un ménage belge sur cinq roule déjà avec un véhicule électrifié, hybride ou full électrique.


Cette édition ne sera pas celle du « tout électrique ». Elle marquera probablement une phase de transition et d’incertitude au sein de l’industrie automobile européenne.

En effet, la situation a évolué : fin décembre, la Commission européenne, sous la pression notamment de l’Allemagne et de son incontournable secteur automobile, a modifié sa position. L’interdiction totale des voitures neuves à moteur thermique à partir de 2035, qui constituait un des éléments phare de son pacte vert, n’est plus d’actualité. Désormais, la proposition vise un objectif de réduction des émissions de CO₂ de 90 % d’ici 2035, avec une flexibilité permettant aux fabricants de continuer à proposer des motorisations à combustibles thermiques, hybrides ou à carburants « alternatifs » comme les e-fuels, sous certaines conditions après cette date.

### Changement visible dans les allées des palais du Heysel à Bruxelles ?

À première vue, le visiteur ne sera pas surpris. Les voitures électriques continuent d’être omniprésentes. Les stands affichent toujours des autonomies en augmentation, des temps de recharge diminués, et des batteries utilisant moins de métaux critiques.

En consultant la liste des véhicules exposés, on constate encore une forte majorité de modèles électriques. Et en examinant les nouveaux modèles qui seront présentés en première mondiale ou européenne au salon de Bruxelles, on retrouve exclusivement des électriques ou des hybrides.

Le discours dominant reste centré sur la transition, l’innovation, et la décarbonation, mais le ton est susceptible d’évoluer. Durant plusieurs années, les salons automobiles européens ont été perçus comme des vitrines dévoilant un avenir déjà déterminé : l’électrique comme unique horizon, le moteur thermique comme technologie condamnée.

### Changement de calendrier et de perspectives pour les voitures électriques et thermiques

En abandonnant l’idée d’une interdiction radicale des moteurs thermiques en 2035, Bruxelles envoie un message politique ambigu. Pour l’industrie, cela représente un soulagement : une bouffée d’oxygène pour les chaînes de production existantes, les sous-traitants, et les emplois concernés. Pour les défenseurs de l’environnement, c’est un avertissement : celui de ralentir les investissements dans l’électrique, à un moment où la concurrence chinoise se renforce. Et pour les visiteurs du salon, cela soulève de nombreuses questions. Est-il préférable d’opter pour un véhicule électrique maintenant, ou vaut-il mieux attendre ? Les réglementations seront-elles encore modifiées ? Les aides publiques seront-elles maintenues ? Selon une étude récente de BNP Paribas, plus d’un ménage belge sur cinq utilise déjà un véhicule électrifié, hybride ou entièrement électrique, et près d’un ménage sur cinq envisage d’acquérir un véhicule électrique d’ici la fin 2027.

Il faut également prendre en compte que maintenir deux filières, l’électrique et le thermique, entraîne des coûts élevés. Les lignes de production, les technologies et les fournisseurs sont différents, et cela nécessite de continuer à investir en recherche et développement dans deux approches distinctes.

En outre, les coûts engendrés pourraient disperser les efforts au lieu de se concentrer sur l’objectif principal à long terme : l’électrique. Cet objectif existe toujours, mais il apparaît moins clairement.