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Etats-Unis : Une enseignante arrêtée pour avoir critiqué Trump à la TV

Jessica Plichta, une enseignante de 22 ans, a été arrêtée par la police de Grand Rapids, dans le Michigan, immédiatement après avoir terminé une interview avec la chaîne locale « 13 On Your Side » concernant une manifestation contre l’intervention militaire américaine au Venezuela. Les policiers ont déclaré qu’elle était arrêtée pour « obstruction de la voie publique » et « refus d’obéir à un ordre légal d’un policier ».


Dimanche dernier, Jessica Plichta, une enseignante de 22 ans, a été arrêtée par la police de Grand Rapids, dans le Michigan aux États-Unis, immédiatement après avoir terminé une interview avec la chaîne locale « 13 On Your Side ». Cette interview, réalisée dans la rue, portait sur une manifestation contre l’intervention militaire américaine au Venezuela, comme l’a rapporté Le Journal de Montréal.

Dans une séquence filmée par le média encore en train d’enregistrer, deux policiers apparaissent derrière la jeune femme, lui retirent son micro pendant qu’elle lève les bras vers le ciel, puis l’emmènent dans le véhicule de police. Interrogés par le journaliste sur les raisons de cette arrestation, les policiers expliquent qu’elle est arrêtée pour « obstruction de la voie publique » et « refus d’obéir à un ordre légal d’un policier ».

Jessica Plichta venait de déclarer vouloir « mettre fin à toutes les guerres menées par les États-Unis », dénonçant l’utilisation des impôts des citoyens américains pour financer « des crimes de guerre ». Elle a également affirmé : « C’est notre devoir de nous soulever contre le régime de Trump et son administration, qui commettent des crimes aux États-Unis et envers la population vénézuélienne. »

Selon le reportage du média, disponible sur YouTube, le journaliste souligne que Jessica Plichta, organisatrice de la mobilisation à Grand Rapids, était au Venezuela trois jours avant l’interview.

Libérée trois heures après avoir été emmenée au poste de police

Suite à la diffusion de ces images, de nombreux internautes ont dénoncé une atteinte à la liberté d’expression et au droit de manifester contre la politique militaire de Donald Trump.

« Je ne pense pas que ce soit une coïncidence si j’ai été arrêtée dès que j’ai terminé une entrevue sur le Venezuela », a déclaré Jessica Plichta à Zeteo.com, selon le Journal de Montréal. D’après son témoignage, les agents l’auraient poussée à l’arrière de la voiture, sans attacher sa ceinture de sécurité, avant de rouler une courte distance hors de vue des caméras et des passants, s’arrêter pour la sortir du véhicule, la fouiller et lui prendre ses effets personnels.

Elle a ensuite été conduite au poste de police, placée en garde à vue, puis relâchée trois heures plus tard après que d’autres manifestants se sont rassemblés pour exiger sa libération.

Des « refus d’obtempérer » qui justifieraient l’arrestation de Jessica Plichta

Pour sa part, le département de police de Grand Rapids, dirigé par Eric Winstrom, a contesté les affirmations de l’enseignante. Les autorités soutiennent que les manifestants ont « refusé d’obtempérer aux ordres légitimes » de se déplacer sur le trottoir et ont « commencé à bloquer les intersections », notant que les superviseurs avaient averti les participants qu’ils risquaient d’être arrêtés s’ils étaient identifiés par la suite, rapporte le Journal de Montréal.

Interrogé par « 13 On Your Side », un porte-parole de la police de Grand Rapids a déclaré que les manifestants avaient ignoré plus de 25 annonces diffusées par haut-parleur depuis un véhicule de police leur demandant de quitter la route.

Jessica Plichta a, par ailleurs, informé la chaîne qu’elle attendait toujours la notification officielle des charges retenues contre elle. Le refus d’obéir à un ordre de police pourrait lui valoir jusqu’à 90 jours de prison et/ou une amende de 500 dollars (420 euros) si elle est reconnue coupable, selon les médias cités. « Pourquoi Grand Rapids semble-t-elle être la seule ville du Michigan où manifester est illégal ? » a-t-elle demandé à « 13 On Your Side », soutenant que « manifester est un droit sacré dans ce pays ».