Au fait du jour : Changement de baudet nécessaire !
Le vieil homme a consulté un expert qui a déclaré : « Monsieur il faut commencer par changer votre cheval de trait. » Le renouvellement ou l’émergence de nouvelles valeurs au niveau des équipes sahariennes est en partie dû au courage qu’ils ont d’écarter ceux qui faillent.

La Presse — C’est l’histoire de cet homme âgé qui s’efforce de remédier aux problèmes de sa carriole. Il a remplacé les roues et a décidé de la repeindre aux couleurs de sa porte. Il a engagé un chauffeur qui, jadis, avait une grande renommée. Pourtant, rien ne change.
Cette carriole reste lente et mal équilibrée, laissant penser qu’elle doit être remplacée. Il a donc décidé de consulter un spécialiste. Après avoir écouté le long discours du vieil homme, l’expert a rendu son verdict : « Monsieur, il faut commencer par changer votre cheval de trait. Ne voyez-vous pas qu’il est épuisé, en mauvais état ? Même avec des roues neuves, la situation ne s’améliorera pas. Remplacez-le par un jeune cheval plein de vigueur, et cela ira mieux. » Chaque fois que l’équipe nationale fait face à des revers, les conseils fusent : il faut travailler sur les jeunes, se plaindre de l’arbitrage, des dirigeants, des ressources insuffisantes, etc.
Ces excuses sont des rengaines éculées utilisées pour apaiser la pression. Le coach devient le bouc émissaire tout désigné. Cette fois, ces justifications sonnent creux. Certes, l’entraîneur, parfois « arrogant » et peu communicatif, a réussi à s’attirer l’animosité générale. Il porte une grande part de responsabilité, car ses choix sont discutables.
On ne laisse pas sur le banc le meilleur buteur du pays pour aligner un joueur qui ne performe pas. On ne peut pas élaborer des stratégies basées sur des joueurs mal préparés pour un nouveau poste. Il est possible de faire des ajustements, à condition d’y consacrer le temps nécessaire pour s’assurer que l’idée est pertinente.
Néanmoins, la plupart des joueurs de l’équipe nationale sont issus d’écoles de formation solides, tous titulaires, et affichent des performances régulières. Ainsi, le problème ne se limite pas à l’aspect technique, mais englobe aussi des questions administratives et logistiques. C’est pourquoi les « réunions » pour discuter de l’équipe nationale sont inefficaces.
Une fois l’orage passé, on remettra le parapluie de côté en attendant la Coupe du Monde pour reprendre les mêmes arguments. Tant que le sport tunisien ne se dotera pas des moyens nécessaires pour se renouveler et profiter des nouvelles générations, nous continuerons à stagner.
Le renouvellement et l’émergence de nouvelles valeurs au sein des équipes sahariennes reposent en partie sur leur capacité à écarter ceux qui échouent. Chez nous, une élection à un poste est souvent à vie. Cela importe peu pour le prestige national, tant que les fauteuils supportent le poids de la léthargie et de l’impunité.
La seule solution pour redresser notre sport est d’instaurer une nouvelle loi régissant les associations et le sport, limitant les mandats pour permettre à ceux capables de rectifier les erreurs du passé d’accéder à des postes de responsabilité. Tout le reste n’est que littérature et « cautère sur une jambe de bois ». L’expert consulté par le vieil homme avait raison : pour que la carriole améliore ses performances, il faut changer de baudet.

