Tunisie

Eau potable : L’équation impossible à Kairouan ne trouve pas de solution.

Les terres de Kairouan étaient dominées par les sebkhas et manquaient d’eau, entraînant une souffrance des Kairouanais. Actuellement, le taux général de desserte en eau en milieu rural dans le gouvernorat de Kairouan est de 86%, avec 327.000 abonnés sur un total de 381.000 habitants.

Au temps d’Okba Ibn Nafaâ, Kairouan était caractérisée par des sebkhas et une pénurie d’eau, engendrant des difficultés pour les Kairouanais.

En effet, cette rareté de l’eau a conduit les Arabes musulmans de Kairouan à utiliser les «majels» et à investir dans des infrastructures hydrauliques, tel que les bassins des Aghlabides, construits par l’Émir aghlabide Abou Ibrahim Ahmed Ibn Al Aghlab, en l’an 860, afin de fournir de l’eau aux habitants.

La Presse — De plus, durant l’époque fatimide, le Khalif Al Muizz construisit un aqueduc pour amener les eaux souterraines de Chrichira, située à 40 km de Kairouan, pour alimenter les palais de Sabra El Mansouryia ainsi qu’une canalisation vers les citernes de Kairouan.

À l’heure actuelle, le gouvernorat de Kairouan est considéré comme l’une des régions souffrant de problèmes de distribution d’eau potable, en raison de la dispersion des habitations, d’une faible pluviométrie, de l’absence de raccordement au réseau de la Sonede, de forages anarchiques, de ruptures de vannes et de canalisations de la Sonede, dans le but d’obtenir de l’eau potable gratuitement, ainsi que de la lenteur des travaux entrepris pour renouveler les conduites vieillissantes.

Par ailleurs, de nombreux groupements hydrauliques rencontrent des difficultés dues au non-paiement des factures et aux raccordements irréguliers aux réseaux hydrauliques.

En conséquence, l’endettement de ces groupements s’est intensifié, certains ayant même abandonné les travaux de maintenance et étant incapables de payer pour l’énergie et l’achat d’eau.

Il est important de rappeler que dans le gouvernorat de Kairouan, le taux général de desserte en eau en milieu rural est de 86 %, ce qui signifie que sur un total de 381.000 habitants, 327.000 sont abonnés à l’eau, dont 35 % sont raccordés aux réseaux de la Sonede et 51 % aux groupements hydrauliques.

En outre, 60.000 ruraux n’ont pas accès à cette ressource essentielle et doivent se tourner vers le marché illégal de l’eau, utilisant des méthodes de stockage inappropriées, particulièrement lors du transport.

Importants projets d’adduction en eau potable

Face à cette situation préoccupante, une stratégie a été mise en place par les autorités, incluant la programmation de plusieurs interventions pour aménager les systèmes hydrauliques et renforcer les ressources en eau par le forage de puits, la création de canaux d’adduction, ainsi que par la distribution et l’équipement de nouvelles infrastructures hydrauliques.

De plus, la Sonede a lancé un programme d’entretien des réseaux de transfert et de distribution d’eau, mobilisant des équipes techniques spécialisées afin d’assurer rapidité et efficacité dans les interventions en cas de pannes, ainsi que le suivi quotidien des niveaux de remplissage des réservoirs d’eau potable pour garantir un approvisionnement optimal des clients.

De nombreux projets hydrauliques ont déjà été réalisés, notamment la construction de barrages, de lacs collinaires, de puits de surface, de forages et de périmètres irrigués.

Parmi les récentes réalisations, on peut citer les projets de raccordement à l’eau potable de plusieurs zones de la délégation de Haffouz, qui ont enregistré, fin décembre 2025, un taux d’avancement compris entre 40 et 100%.

De plus, le projet de raccordement de la zone de Chrichia à l’eau potable a été achevé, bénéficiant à 1.200 familles, pour un coût de 9 millions de dinars. Les travaux de raccordement à l’eau dans certains villages de la délégation d’El Ala ont aussi été réalisés, pour un coût de 400.000 D.

En outre, les travaux de raccordement à l’eau potable à Douar Haj Ammar (Haffouz) sont terminés, permettant à 350 familles de bénéficier de l’eau potable.

En revanche, les travaux de raccordement à l’eau dans la zone de Jalel (délégation d’El Ala) ont progressé de 40 %, en raison des retards antérieurs, et l’on espère que les 1.200 familles de ce village pourront bientôt bénéficier d’eau potable.