Soutien aux TPE-PME : une politique annoncée mais jamais mise en œuvre
Le député ittihadi El Hassan Lachguar a souligné que le retard dans l’accompagnement des très petites, petites et moyennes entreprises est un signe d’absence de volonté politique claire. Il a également noté qu’aucune demande d’accompagnement n’a été étudiée ni validée à ce jour, malgré les promesses de soutien.
Dans l’hémicycle du Parlement, le Groupe socialiste-Opposition ittihadie a lancé une alerte significative, portée par le député ittihadi El Hassan Lachguar. Ce dernier a interpellé le gouvernement concernant les mesures d’accompagnement des très petites, petites et moyennes entreprises, mettant en lumière un écart préoccupant entre le discours officiel et la réalité vécue par de nombreux entrepreneurs marocains. Face à Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des politiques publiques, El Hassan Lachguar a souligné que les très petites, petites et moyennes entreprises constituent le cœur de l’économie nationale, créant des emplois et assurant la résilience du tissu productif. Toutefois, cette reconnaissance ne peut occulter les retards accumulés.
Le député ittihadi a critiqué le retard inexpliqué dans l’adoption du décret qui régira l’accompagnement de ces entreprises, un texte réglementaire qui aurait dû être en place avant décembre 2023. L’absence prolongée de ce décret, désormais attendue depuis plus de deux ans, nuit aux droits des entreprises. Pour lui, ce retard n’est pas simplement un problème administratif, mais reflète un manque de volonté politique et une négligence envers un secteur important de l’économie qui ne peut se permettre d’attendre indéfiniment.
El Hassan Lachguar a affirmé que les très petites, petites et moyennes entreprises ne sont ni récentes ni marginales et qu’elles jouent un rôle essentiel dans le tissu entrepreneurial marocain. Elles sont organisées à travers des Chambres de commerce, d’industrie et de services, ainsi que par de nombreuses associations. Cependant, il a déploré le manque d’inclusivité dans la démarche gouvernementale, qui a exclu les acteurs concernés de l’élaboration des mesures censées les soutenir, créant un fossé entre les politiques publiques et la réalité de terrain.
Il a également dénoncé une « enfermement institutionnel », après trois années de concertation sans résultats concrets, laissant un soutien souvent défaillant. Selon lui, cette politique de l’investissement semble davantage préoccupée par l’image que par son impact réel. Les chiffres fournis par le gouvernement ne convainquent guère, et il a souligné l’écart entre les données présentées et la réalité. Peu d’entreprises ont soumis des demandes, et aucune n’a été étudiée ou validée jusqu’à ce jour. Les budgets annoncés et les promesses de création d’emplois sont restés au stade de la théorie sans aucune mise en œuvre pratique.
Cette situation ne concerne pas seulement les très petites, petites et moyennes entreprises, mais soulève des questions sur la gouvernance publique. El Hassan Lachguar a rappelé que l’investissement doit dépasser les slogans et nécessiter un travail rigoureux et coordonné, avec une interaction continue avec les partenaires économiques.
Dans un contexte de fragilisation de plusieurs secteurs, d’inflation des coûts de production et d’accès difficile au financement, ces entreprises sont particulièrement vulnérables, accentuées par le manque de dispositifs efficaces. En soulevant ce débat au Parlement, El Hassan Lachguar a voulu souligner que l’inaction a un coût social important, touchant des emplois, des familles et des territoires.
La prise de parole du député s’inscrit dans une vision plus globale de l’USFP, plaçant l’économie au service du développement humain. Il a insisté sur l’importance d’une coordination effective et d’un soutien concret, réaffirmant le rôle de l’opposition en tant que force de proposition et de vigilance démocratique.
Au-delà de cette interpellation, ce débat remet en question la crédibilité des actions gouvernementales relatives à l’investissement. Peut-on vraiment affirmer soutenir les très petites, petites et moyennes entreprises sans leur fournir un cadre juridique clair et des mécanismes accessibles ? Peut-on parler de relance économique sans intégrer pleinement ceux qui en sont les principaux moteurs ? El Hassan Lachguar a donné une réponse politique claire : il est temps de passer des annonces à l’action concrète, mesurable et équitable.
Dans un Parlement qui devrait refléter les préoccupations des citoyens, le député ittihadi a rappelé que la justice économique débute par le respect des engagements. Tant que les très petites, petites et moyennes entreprises resteront dans l’attente de décrets et de mesures effectives, tout discours sur l’investissement sera incomplet. L’opposition, fidèle à sa mission, continuera d’exiger des politiques publiques à la hauteur des enjeux nationaux.

