L’Ukraine et les Américains poursuivent leurs discussions à Paris
Kiev devait poursuivre ses discussions avec les émissaires américains à Paris mercredi en vue d’un cessez-le-feu encore lointain avec la Russie, après s’être accordée la veille avec les Européens sur un ensemble de garanties de sécurité pour l’Ukraine. Les Etats-Unis ne sont pas signataires de la déclaration et les contours de leur engagement militaire demeurent flous.
Kiev devait reprendre ses négociations avec les représentants américains à Paris mercredi, dans l’espoir d’un cessez-le-feu toujours éloigné avec la Russie, après avoir conclu la veille, en accord avec les pays européens, sur un ensemble de garanties de sécurité pour l’Ukraine.
Lors d’une « Déclaration de Paris », les 35 pays membres de la « Coalition des Volontaires », principalement européens, se sont entendus mardi sur le déploiement d’une force multinationale en Ukraine et sur la surveillance de ce potentiel cessez-le-feu, sous « leadership » américain, une fois qu’un accord de paix, encore très incertain, sera trouvé avec la Russie.
Cette déclaration reconnaît « pour la première fois » une « convergence opérationnelle » entre la Coalition, l’Ukraine et les États-Unis, avec des garanties de sécurité « robustes » pour éviter une « reddition ukrainienne » et une « nouvelle menace » pour le pays, a déclaré le président français, Emmanuel Macron.
Il a également annoncé sur la chaîne France 2 que « plusieurs milliers » de soldats français pourraient être déployés pour maintenir la paix en Ukraine, suite à la signature d’un cessez-le-feu.
Bien qu’ils aient exprimé leur volonté d’être en « soutien », les États-Unis ne sont pas signataires de la déclaration et les détails de leur engagement militaire demeurent flous. Le président Donald Trump « soutient fortement ces protocoles de sécurité », qui sont destinés à « dissuader toute attaque » future en Ukraine, a rappelé l’émissaire du président américain, Steve Witkoff.
La force multinationale, en discussion depuis plusieurs mois, sera formée par les pays volontaires de la Coalition, dirigée par les Européens et « soutenue » par les États-Unis, selon la déclaration finale publiée par la présidence française.
Cependant, la contribution des États-Unis en matière de « renseignement et de logistique » et leur engagement à offrir un « soutien » à la force en « cas d’attaque », qui figuraient dans le projet de déclaration consulté par l’AFP, ne sont pas mentionnés dans le texte final.
« Il est important que la coalition dispose aujourd’hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles », s’est félicité le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, bien que plusieurs questions « restent ouvertes », selon lui, notamment celle des concessions territoriales exigées par Moscou.
Les Européens ont insisté sur le fait que la balle est désormais dans le camp de la Russie. Tout cela « requiert de toute évidence de la bonne volonté de la part de l’agresseur russe également », a souligné un peu plus tôt mardi le Premier ministre polonais, Donald Tusk, alors que le Kremlin s’est systématiquement opposé à tout déploiement militaire occidental en Ukraine.
Moscou continue, par ailleurs, d’exprimer ses exigences concernant la totalité de la région minière et industrielle du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, y compris les territoires encore sous le contrôle de l’armée de Kiev.
Le président ukrainien a souligné que certaines « idées », notamment une démilitarisation des territoires contestés, étaient à l’ordre du jour et a proposé d’en discuter « au niveau des dirigeants ». En attendant des « compromis » futurs, Steve Witkoff a indiqué qu’il y avait eu des « progrès significatifs ».
Les contours opérationnels de la force multinationale restent également flous, certains pays ayant conservé une certaine prudence quant à leur contribution.
L’Italie a réaffirmé son refus d’envoyer des soldats en Ukraine, alors que le chancelier allemand, Friedrich Merz, a déclaré que des troupes de Berlin pourraient participer, mais uniquement dans un pays membre de l’Otan voisin de l’Ukraine.
Bien que les États-Unis ne soient pas membres de la Coalition, leur soutien à Kiev est crucial pour encourager les autres alliés à s’engager. Car tout cessez-le-feu reste hypothétique : une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin décembre ainsi que des communications entre le président américain et son homologue russe, Vladimir Poutine, n’ont pas permis de progresser sur les concessions territoriales exigées par Moscou.
L’opération américaine au Venezuela et les déclarations de Donald Trump appelant à un contrôle de Washington sur le Groenland, territoire autonome du Danemark, ont également été abordées mardi, bien que les dirigeants européens aient évité de répondre aux questions des journalistes sur ce sujet en présence des émissaires des États-Unis.
Plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie, ont toutefois publié une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark. « Il n’y a pas pour moi de scénario où les États-Unis d’Amérique seraient mis dans une situation de violer la souveraineté danoise » au Groenland, a assuré Emmanuel Macron sur France 2.
Plus tard dans la soirée, la porte-parole de la Maison Blanche a cependant déclaré à l’AFP que Donald Trump étudiait « plusieurs options » pour acquérir le Groenland, y compris « utiliser l’armée ».

