Guerre en Ukraine : Un an après, quel est le bilan des Mirage 2000-5 cédés à Kiev ?
En juin 2024, Emmanuel Macron avait promis de fournir des avions de chasse à l’Ukraine, qui étaient arrivés sur place début 2025. L’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu, avec les F-16 et les Mirage, « au moins 134 cibles, dont 34 missiles et 100 drones », sur les 252 tirés ce jour-là.
Près d’un an après leur livraison à Kiev, quel est le bilan des Mirage 2000-5 français ? En juin 2024, Emmanuel Macron avait promis de fournir des avions de chasse à l’Ukraine, qui sont arrivés sur place début 2025.

Le nombre d’appareils n’avait pas été précisé, mais un rapport parlementaire indiquait que six exemplaires, sur les 26 dont disposait alors la France, devaient être cédés à l’Ukraine pour effectuer de la défense aérienne face aux attaques de missiles et de drones russes. Équipé depuis 1999, le « tiret 5 » est un avion de chasse d’ancienne génération pouvant voler à Mach 2.2 et avait été modifié pour l’Ukraine afin d’ajouter des capacités air-sol, lui permettant ainsi de tirer des missiles Scalp et des bombes AASM (armements air-sol modulaires).
Une « défaillance d’un équipement aéronautique » à l’origine de la perte d’un appareil
Dès mars dernier, Volodymyr Zelensky annonçait sur le réseau social X les premiers succès du Mirage 2000 : « Aujourd’hui, des avions de chasse F-16 et des Mirage fournis par la France ont été utilisés pour protéger le ciel ukrainien. En particulier, les Mirage ont intercepté avec succès des missiles de croisière russes. Merci ! ». L’armée de l’air ukrainienne précisait avoir abattu, avec les F-16 et les Mirage, « au moins 134 cibles, dont 34 missiles et 100 drones », sur les 252 tirés ce jour-là.
Depuis lors, un chasseur français a été perdu. Dans la soirée du 22 juillet dernier, l’armée de l’air ukrainienne a communiqué officiellement sur la perte d’un Mirage 2000-5 lors d’une mission, le pilote ayant pu s’éjecter, selon Volodymyr Zelensky, qui a ajouté que « l’avion n’a pas été abattu par les Russes ».
« Le pilote a signalé au directeur de vol une défaillance d’un équipement aéronautique. Il a ensuite agi avec compétence, comme attendu lors d’une situation de crise, et s’est éjecté avec succès », a précisé l’armée de l’air ukrainienne.
« L’efficacité du Mirage 2000 pour intercepter les drones et missiles ennemis est de 98 % »
L’armée de l’air ukrainienne se dit pleinement satisfaite du chasseur français. Dans une vidéo diffusée sur YouTube le 17 novembre dernier, un pilote ukrainien, anciennement sur Su-27, affirmait que ses « impressions sur le Mirage 2000 sont très positives ». On aperçoit dans la vidéo un Mirage 2000 équipé d’un filet antidrones à l’arrière et armé de deux missiles Magic 2 (missile autoguidé interception et combat). Sous l’appareil sont installés deux grands réservoirs additionnels permettant d’augmenter le temps de vol, notamment pour la chasse aux drones.
Dans la même vidéo, un autre pilote indique que « l’efficacité du Mirage 2000 pour intercepter les drones et missiles ennemis est de 98 %. Ce sont des chiffres impressionnants ». Plusieurs missiles de croisière Kh-101 russes auraient été abattus par le Mirage 2000, comme l’attestent les six « kills » inscrits sur l’appareil. « Nous avons six victoires confirmées contre des Kh-101, marquées sur l’appareil, mais ce n’est que la moitié, il faut donc en ajouter six autres », assure l’un des deux pilotes interrogés.
Les deux militaires concluent la vidéo en précisant qu’ils ont cependant besoin de « plus de matériel moderne », évoquant les avions Rafale et Gripen, ainsi que des armes à moyenne et longue portée. À ce moment-là, aucun missile Mica n’était visible sur les images des Mirage 2000 ukrainiens.
Des missiles Mica à 600.000 euros récemment montrés sur un Mirage 2000-5 ukrainien
Or, une photo récente diffusée sur les réseaux sociaux a révélé il y a quelques jours un Mirage 2000-F5 équipé de ce missile antiaérien. Le Mica, ou Missile d’Interception et de Combat Aérien, annonce une portée d’environ 80 km, bien supérieure aux 15 km des Magic 2. Déclinable en deux versions (autodirecteur infrarouge et électromagnétique), il doit être remplacé par le Mica NG (nouvelle génération) d’ici 2030.
Doté d’une grande manœuvrabilité, le Mica « peut être tiré sur des cibles situées derrière l’avion grâce à une désignation d’objectif transmise par un autre avion », explique le ministère des Armées. De plus, le Mica possède « une capacité multicibles interne qui permet au pilote de traiter un groupe de cibles proches sans risque que les différents Mica tirés n’attaquent tous la même cible ». Le coût unitaire de ces missiles est évalué à plus de 600.000 euros. Il n’est pas certain qu’il soit utilisé pour détruire des drones shahed à 40.000 euros.

