Crise agricole : Tracteurs en siège à Toulouse, l’UE ne rassure pas sur Mercosur
Des dizaines d’agriculteurs ont érigé des barrages de tracteurs mercredi matin sur des axes autour de la ville rose pour « paralyser » Toulouse. Paris a annoncé un arrêté pour suspendre les importations en France de produits agricoles sud-américains traités avec des fongicides et herbicides non autorisés dans l’UE.
À l’appel des syndicats agricoles, des dizaines d’agriculteurs ont mis en place des barrages de tracteurs mercredi matin sur des routes autour de Toulouse, en dépit d’un important déploiement des forces de l’ordre, dans le but de « paralyser » la ville. Pendant ce temps, d’autres convois d’agriculteurs cherchaient à forcer le passage vers Paris.
« C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus », a déclaré Pierre Solana, 37 ans, éleveur dans le Gers, alors qu’un cortège d’une centaine de véhicules, comprenant une quarantaine de tracteurs et de bennes, était bloqué par les forces de l’ordre à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Toulouse.
Ces agriculteurs poursuivent ainsi leur manifestation contre l’entrée en vigueur de l’accord du Mercosur, qui est en négociation depuis plus de 25 ans et que Bruxelles souhaite finaliser au plus vite après un report en décembre, ainsi que contre la gestion de l’épidémie de dermatose bovine.
En réponse, l’État français a déployé des forces de l’ordre non seulement autour de Toulouse mais aussi dans d’autres régions du pays, tandis que l’Union européenne tente de rassurer les agriculteurs concernant ce traité de libre-échange. Un budget supplémentaire de 45 milliards d’euros pour la Politique Agricole Commune (PAC) a déjà été promis.
Bruxelles insiste également sur le fait que les quotas de produits détaxés – notamment le bœuf et la volaille – seront limités, et seront accompagnés de mesures de « sauvegarde » pour les produits agricoles les plus sensibles. La Commission européenne a promis d’intervenir en cas de déstabilisation du marché, avec la possibilité de rétablir des droits de douane si nécessaire.
Un autre sujet de préoccupation concerne les pesticides. Les agriculteurs européens accusent ceux du Mercosur d’utiliser des substances interdites en Europe. Paris a intensifié la pression sur Bruxelles en annonçant un arrêté pour suspendre les importations en France de produits agricoles sud-américains (avocats, goyaves, mangues, mais aussi cerises et melons) traités avec des fongicides et herbicides non autorisés dans l’UE.
La Commission a dix jours pour donner son accord ou non et a déjà engagé une possible révision de ses règles concernant les résidus de pesticides dans les produits importés.

