Pourquoi la neige ne perturbe-t-elle pas les trains et d’autres services ?
Lundi, un premier épisode neigeux a perturbé les transports dans le nord de la France, entraînant un nouveau record de 1.000 km de bouchons en Île-de-France. Le ministre des Transports a assuré que 43 chasse-neige ferroviaires ont été prépositionnés à proximité des lignes sensibles.
Scène classique : il neige en plaine et, en quelques heures, la France est paralysée. Ce mercredi risque d’être similaire. Cela s’est déjà produit lundi, lorsque la première chute de neige sur le nord du pays a perturbé les transports, générant un nouveau record de 1.000 km de bouchons en Île-de-France. Au-delà de la circulation routière, les trains ont également été affectés. Dans la région parisienne, toutes les lignes du RER et plusieurs lignes du réseau Transilien ont rencontré des perturbations ou ont été interrompues.
Mais comment quelques centimètres de neige parviennent-ils à immobiliser une grande masse de métal se déplaçant à grande vitesse sur une ligne droite ? La réponse, moins spectaculaire que les images de trains à l’arrêt, nécessite une compréhension des aspects techniques. Contactée par *20 Minutes*, la SNCF renvoie à des informations déjà partagées par ses équipes. SNCF Normandie a ainsi diffusé sur le réseau social X une infographie qui rappelle que des chutes de neige importantes peuvent recouvrir les voies, notamment sur les lignes TER. Lorsque qu’un train passe, la neige est propulsée par la vitesse et s’accumule sous la rame. Avec le froid, elle se solidifie et se transforme en blocs de glace très denses. Ces blocs peuvent ensuite se détacher et, projetés à grande vitesse, endommager le matériel roulant ou les équipements fixes le long des voies.
### Casse-tête technique
« Les trains peuvent circuler sur de la neige peu épaisse, c’est plus une question d’installation », explique Marco*, aiguilleur du rail en Île-de-France. En réalité, ce n’est pas le seul défi rencontré lorsque les trains circulent par des températures inférieures à 0 °C. « Ce sont surtout les aiguilles qui posent problème. Le froid peut geler les moteurs et les empêcher de fonctionner correctement. Et quand elles fonctionnent malgré tout, elles accumulate la neige, qui se compacte pour former des blocs, jusqu’à bloquer complètement le système », précise l’aiguilleur. Sans aiguilles opérationnelles, il est impossible de faire circuler les trains normalement, surtout dans des zones denses comme l’Île-de-France où le trafic repose sur une succession constante de changements de voies.
« Autre exemple : quand il fait froid et qu’il gèle, le verglas sur la caténaire [le système de câbles au-dessus du train] va la détendre et créer un risque d’arrachage lors du passage du train », ajoute Marco. Tous ces facteurs entraînent des réductions de vitesse de circulation, et, dans le pire des cas, des problèmes matériels et des interruptions de trafic.
Pour limiter les impacts de ces épisodes, les opérateurs mettent en place leurs dispositifs hivernaux. Lundi, le ministre des Transports a ainsi indiqué que 43 chasse-neige ferroviaires ont été pré-positionnés à proximité des lignes sensibles, prêts à intervenir. De son côté, la RATP a annoncé faire circuler des trains toute la nuit sur ses lignes de tramway, ainsi que sur ses lignes de métro et de RER comportant des sections aériennes, pour éviter le gel des installations. Cela n’empêchera pas chaque flocon de tenir les voyageurs en haleine.
* Le prénom a été modifié.

