Belgique

Seraing : le chef de zone et une employée de police inquiets par la justice

L’employée administrative est directrice du « service optimisation » de la zone de police de Seraing-Neupré et est qualifiée de CALog, un collaborateur civil ne portant pas l’uniforme. Les organisations syndicales ont alerté l’inspection générale des services de police et le procureur du roi de Liège concernant des actes répréhensibles attribués à cette employée, dont des participations à des contrôles de police et l’arrestation d’une personne recherchée.


L’employée administrative en question occupe le poste de directrice du « service optimisation » au sein de la zone de police de Seraing-Neupré. Appelée CALog, elle exerce des fonctions civiles et ne porte pas d’uniforme. On lui reproche d’avoir franchi cette frontière en participant à des opérations réservées aux policiers.

### Participation à des contrôles de police, consultation de cartes d’identité, arrestation d’une personne recherchée

Trois syndicats policiers, le SNPS, la CGSP et la CSC, ont reçu plusieurs plaintes qui ont suscité leurs soupçons. Eddy Quaino, représentant permanent pour la CGSP Police, indique : « On nous dit qu’elle s’immisce dans les fonctions policières. Il nous a été rapporté qu’elle a activement participé à des contrôles de police en demandant parfois la carte d’identité et en étant équipée d’un gilet pare-balles ». Il précise que, selon les témoignages, l’employée aurait également arrêté une personne recherchée et l’aurait conduite au bureau de police, en exigeant que le collaborateur présent rédige un procès-verbal sans mentionner son implication dans l’arrestation. Cela pose un problème, car les civils n’ont pas les compétences légales pour agir de cette manière. Le représentant syndical évoque aussi la consultation non justifiée de bases de données policières, soulignant une « gestion toxique du personnel. »

### Le Comité P mène son enquête

Les syndicats ont jugé ces témoignages suffisamment graves et les preuves convaincantes pour alerter l’inspection générale des services de police, qui a ensuite averti le procureur du roi de Liège. Eddy Quaino souligne : « On pense qu’il y a une série de choses répréhensibles pour laquelle la justice doit faire son travail. »

Les syndicats critiquent également le chef de corps, Yves Heindricks, pour son inaction, l’accusant d’avoir ignoré les débordements de cette employée.

Les deux protagonistes seront entendus par leur supérieur, la présidente de la zone de police, et devront également se justifier devant la justice, puisque le parquet a ouvert une enquête. Le Comité P, l’organe de contrôle des services de police, a été désigné pour mener l’enquête.

### Dépôt de plainte pour dénonciation calomnieuse

Yves Heindricks, le chef de zone, a déclaré avoir appris par la presse l’ouverture d’une information judiciaire à son encontre, tout en affirmant ne pas connaître les raisons de cette enquête. De son côté, l’avocate de l’employée administrative a annoncé avoir déposé plainte pour dénonciation calomnieuse. Actuellement, l’employé administratif et le chef de zone sont en arrêt maladie.