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Venezuela : Sébastien Lecornu dénonce l’opération américaine « illégale »

Sébastien Lecornu a jugé mardi « illégale » l’opération militaire américaine au Venezuela, affirmant que « tout est illégal dans cette affaire ». Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé que l’opération américaine « contrevient » au droit international.


Sébastien Lecornu a qualifié mardi l’opération militaire américaine au Venezuela d’« illégale », tout en appelant à une « transition démocratique » suite à l’arrestation de Nicolas Maduro.

« Tout est illégal dans cette affaire. Le régime de Nicolas Maduro, le cycle électoral de 2024, l’opération militaire américaine qui contrevient à la Charte des Nations unies », a déclaré Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale, en réponse à une question de Cyrielle Chatelain, cheffe de file des députés écologistes.

Un débat sur l’opération américaine a été promis. Lecornu a évoqué la nécessité d’une « transition démocratique » autour d’Edmundo Gonzalez Urrutia, l’opposant que la France considère comme le président élu du Venezuela en 2024.

Emmanuel Macron a été critiqué, en particulier par la gauche, pour sa première réaction samedi après l’opération américaine. Il s’était alors limité à appeler à une « transition pacifique » et « démocratique » au Venezuela, estimant que le peuple vénézuélien ne pouvait que se « réjouir » d’être « débarrassé » de la « dictature Maduro ».

Précédemment, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait jugé que l’opération américaine « contrevient » au droit international. Lundi, le président français a affirmé lors d’un Conseil des ministres que la « méthode utilisée » pour capturer le président vénézuélien n’était « ni soutenue ni approuvée » par la France.

Sébastien Lecornu a également promis aux groupes Insoumis et communiste, qui le réclamaient, qu’un débat « aurait lieu » au Parlement sur l’opération américaine. « Si vous nous saisissez de ces sujets et si vous le confirmez, oui, un débat aura lieu, […] je m’y engage », a déclaré le chef du gouvernement en réponse à Stéphane Peu, chef de file des députés communistes.

Les positions divergent et un appel à l’union a été lancé. Interpellé par Mathilde Panot, cheffe de file des députés Insoumis, qui demandait que la France s’exprime « d’une voix forte pour s’opposer à cet impérialisme forcené », Lecornu a affirmé « avoir été clair sur l’agression et […] l’opération militaire menée par les États-Unis ». Il a cependant rappelé la « nature même » du régime de Nicolas Maduro, « pratiquant la torture » et « la détention sans raison », sans « aucune séparation des pouvoirs ».

L’entourage du Premier ministre a précisé que Lecornu avait modifié le terme « agression », préférant parler d’« opération militaire ». Mathilde Panot, dont le parti prône le retour de Nicolas Maduro au Venezuela, a refusé de répondre à une question de BFMTV mardi matin sur le statut du régime de Maduro en tant que dictature.

Le Premier ministre a exhorté les députés à s’« unir » sur les « valeurs » de la France, qui est « du côté de la Charte des Nations unies », plutôt que de se diviser sur une « incompréhension », en réaffirmant que la position de Jean-Noël Barrot était complémentaire de celle d’Emmanuel Macron.