Venezuela : La vie de Cilia Flores, épouse de Nicolás Maduro.
Cilia Flores, née en 1956 à Tinaquillo, l’État de Cojedes, est devenue avocate spécialisée en droit pénal et a joué un rôle fondamental dans la libération d’Hugo Chávez après son coup d’État raté en 1992. En 2015, elle a été impliquée dans une affaire de drogue lorsque deux de ses neveux ont été arrêtés et inculpés de tentative de trafic de 800 kg de cocaïne aux États-Unis.
Ils sont inséparables… jusqu’aux États-Unis. Si l’enlèvement de Nicolás Maduro fait parler, on oublie souvent qu’il n’est pas seul. Sa femme, Cilia, a également été capturée. Conseillère principale de son mari, elle porte le surnom de « la première combattante » dans le vocabulaire chaviste, révélant un rôle qui dépasse celui d’une simple « première dame ».
En effet, « Cilita », comme l’appelle Maduro, n’a pas attendu son mari pour forger sa carrière. Elle est devenue l’une des figures les plus puissantes et influentes du pouvoir vénézuélien, exerçant une influence déterminante sur les décisions du pays.
Née en 1956 à Tinaquillo, dans l’État de Cojedes, Cilia Flores a grandi dans des quartiers populaires de l’ouest de Caracas avant de se spécialiser en droit du travail et en droit pénal. Après avoir été mariée deux fois et eu trois enfants, elle se fait connaître en tant qu’avocate d’Hugo Chávez après sa tentative de coup d’État ratée contre Carlos Andrés Pérez en 1992, contribuant à sa libération en 1994.
Fervente « chaviste », elle rencontre Nicolás Maduro, six ans son cadet, un militant proche de Chávez. Ensemble, ils fondent en 1997 le « Mouvement de la Cinquième République », première expression électorale du chavisme. « Pendant la lutte pour la libération de Chávez, nous participions à des actions de rue. Je me souviens d’une réunion à Catia, où un jeune homme a demandé la parole et, après s’être exprimé, je l’ai regardé, bouche bée. Je me suis dit : ‘Quelle intelligence !’ », se remémorait « Cilita » en novembre 2023, dans un épisode du podcast de Maduro.
Depuis lors, Cilia Flores a su tracer sa propre voie politique. Éligible pour la première fois à l’Assemblée nationale en 2000, elle est réélue en 2005 et devient la première femme à présider le Parlement du Venezuela un an plus tard. Son prédécesseur n’est autre que Nicolás Maduro, alors ministre des Affaires étrangères d’Hugo Chávez.
Fervente partisane de Maduro, au point de se qualifier de « fille de Chávez » sur Twitter, elle est nommée deuxième vice-présidente du Parti socialiste unifié du Venezuela, dirigé par Chávez de 2009 à 2011, avant de devenir procureur général en 2012. En juillet 2013, et après deux décennies de vie commune, Cilia et Nicolás Maduro se marient quatre mois après son élection à la présidence.
Bien que sa présence médiatique se soit réduite après son mariage, son rôle au pouvoir reste significatif. Carmen Arteaga, docteure en sciences politiques et professeure à l’Université Simón Bolívar, souligne qu’après son union avec Maduro, elle s’est faite plus discrète. « Elle fait rarement des déclarations publiques, elle ne cherche pas à attirer l’attention », précise-t-elle. Néanmoins, Cilia Flores continuerait à être la conseillère principale de son mari depuis 2013, influençant fortement ses décisions politiques, au point d’être considérée comme la femme la plus influente du pays. Pour de nombreux spécialistes, le couple présidentiel dirigeait le Venezuela ensemble.
Dans la sphère publique, Cilia Flores était perçue comme un pilier de soutien pour Maduro, présentant une image « maternelle » aux Vénézuéliens.
Cependant, cette image soigneusement élaborée n’a pas empêché des controverses de l’entacher. En tant que présidente de l’Assemblée nationale, elle avait d’abord interdit l’accès des journalistes à l’hémicycle. Par la suite, on lui reprocha d’avoir embauché de nombreux membres de sa famille au Congrès et le train de vie luxueux de plusieurs de ses proches collaborateurs, notamment ses frères et sœurs.
En 2015, elle est impliquée dans un scandale de drogue lorsque deux de ses neveux sont arrêtés par la DEA en Haïti, inculpés de tentative de trafic de 800 kg de cocaine vers les États-Unis. Bien que le scandale se soit estompé en raison de la censure, il a refait surface en 2022 lorsque ces « narco-neveux » ont été libérés par l’administration Biden dans le cadre des négociations de la Barbade, durant lesquelles l’administration démocrate, en collaboration avec l’opposition vénézuélienne, a exercé des pressions sur Nicolás Maduro pour qu’il organises des élections présidentielles crédibles et transparentes.

