Bernard Quintin (MR) : « Ce n’est pas la coalition Guinness, mais Loch Ness ! »
Les négociations pour la formation d’un gouvernement bruxellois se font maintenant sans les libéraux. Bernard Quintin a annoncé qu’il allait bientôt déposer le projet de loi concernant la fusion des six zones de police bruxelloises à la Chambre.
Tout d’abord, la discussion a porté sur la situation politique à Bruxelles. Comme on le sait, les négociations pour former un gouvernement bruxellois s’effectuent désormais sans les libéraux. Notre invité, ministre de l’Intérieur et membre du MR, est également en charge de Beliris, le fonds par lequel l’État fédéral soutient la région bruxelloise.
« J’ai besoin d’un gouvernement de plein exercice », a-t-il déclaré.
Cela soulève une question : pourrait-il suspendre les financements des grands projets grâce à Beliris ? Bernard Quintin a rassuré : il n’est pas question de faire du chantage avec les financements par Beliris, quel que soit le futur gouvernement : « Je mettrai en œuvre honnêtement ma fonction ». Toutefois, le ministre a souligné un problème : « J’ai besoin d’un gouvernement de plein exercice » afin de pouvoir négocier le nouvel avenant, comme cela se fait habituellement, ce qui n’est pas le cas actuellement.
### Un mélange qui passe mal
Il semble que le ministre Quintin doute du nouvel assemblage qui est en train de négocier actuellement à Bruxelles. Pour contextualiser, cette coalition a été surnommée « coalition Guinness » par le président des Engagés, Yvan Verougstraete, en référence au record du monde de l’absence de gouvernement. Bernard Quintin s’est montré taquin : « Est-ce que c’est le livre des records ou cette bière un peu plate que peuvent apprécier nos amis de Grande-Bretagne ? Moi, je trouve que c’est plutôt la coalition Loch Ness. Ce n’est pas la première fois que nous entendons parler de cette coalition de centre-gauche, mais elle n’apparaît jamais. »
### Déni de démocratie
Plus sérieusement, le libéral évoque un « déni de démocratie », en raison de la durée d’un gouvernement en affaires courantes qui « continue paisiblement à mettre en œuvre une politique pour laquelle il a été sanctionné ».
Un trait d’humour a été relevé à la fin de l’interview, lorsque François Heureux a résumé que le ministre « n’aime pas la Guinness ». Il a alors rétorqué avec malice : « C’est parce que j’aime la bière. »
### Des militaires invisibles ?
Bernard Quintin défend également un autre projet : la fusion des six zones de police bruxelloises en une seule. Malgré les réticences des bourgmestres bruxellois, le ministre de l’Intérieur a déclaré : « J’ai eu l’accord du gouvernement, je vais bientôt déposer le projet de loi à la Chambre et nous allons en discuter. C’est un projet de fusion de zones de police en Belgique. Et nous allons commencer par Bruxelles, car Bruxelles est une anomalie en soi avec ses six zones. » Pour lui, ce système ne fonctionne pas avec des zones indépendantes : « La criminalité ne s’arrête pas à la frontière des communes. On parle ici d’une agglomération urbaine, on comprend bien que ça ne fonctionne pas. » Il a pris l’exemple de New-York, où il n’y a qu’une seule zone de police. De l’argent supplémentaire sera également alloué pour aider à cette fusion.
« La criminalité ne s’arrête pas à la frontière des communes », a-t-il souligné.
### Améliorations en matière de sécurité
Quant à la sécurité à Bruxelles, le ministre de l’Intérieur a noté une amélioration concernant les dégâts survenus lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, avec 15 voitures brûlées contre 60 l’année précédente. « C’est quinze voitures de trop, mais nous avons tiré les leçons du passé. Plus de troupes sur le terrain, une meilleure coordination et une réactivité plus grande. » Il a ajouté que des améliorations seraient encore envisagées pour l’année prochaine.
Concernant les fusillades qui avaient suscité l’attention l’année précédente, il a précisé que « ce sera un travail de longue haleine ». « Il faut prendre des mesures sur le court terme, mais il faut accepter de travailler sur le moyen et le long terme. Les mesures, je les ai prises : renforcement de la police judiciaire, plus de troupes, plus d’opérations conjointes entre la police fédérale et la police locale. » De plus, il a souligné qu’il y avait eu de nombreuses arrestations, mais que « il faut que toute la chaîne fonctionne, et que lorsque nous arrêtons des gens, ils trouvent une place en prison ou dans un centre fermé lorsqu’il s’agit d’illégaux. »

