Belgique

Pourquoi le camion d’épandage n’est-il pas passé ?

En janvier 2019, il a été établi que les voiries communales représentent les trois quarts du réseau des voies publiques wallonnes. Au niveau wallon, plus de 1200 personnes et 660 engins d’épandage sont mobilisés quotidiennement pour assurer le service d’hiver sur les 8355 kilomètres de routes et autoroutes du réseau régional.


Éléments de réponses en 8 questions :

NOTE : Cet article a été publié initialement en janvier 2019. Il a été remis en évidence suite aux dernières conditions climatiques de ce début janvier 2026.

1) Qui est responsable ?

Il peut sembler évident, mais chaque niveau de pouvoir doit assurer l’entretien des routes de son réseau. Il existe des voiries régionales (y compris les autoroutes et les grandes routes nationales), des voiries provinciales, moins nombreuses, et enfin les voiries communales, qui représentent les trois quarts du réseau des voies publiques wallonnes.

À noter : en Wallonie, un annuaire en ligne permet d’identifier le gestionnaire de chaque voirie. La liste des voiries régionales bruxelloises est disponible ici.

2) Quelles sont les obligations légales ?

La Loi stipule que les communes ont « une obligation générale de sécurité sur toutes les voies publiques traversant son territoire ».

Ainsi, la commune doit prendre, de sa propre initiative, toutes les mesures appropriées pour éviter tout « danger anormal » et garantir l’ouverture de voiries suffisamment sûres pour la circulation du public. Cette responsabilité inclut une obligation de surveillance et de précaution, impliquant des actions telles que le raclage, l’épandage, l’installation de signalisation, la limitation de la vitesse, ou même la fermeture des voies si nécessaire.

3) Quelles sont les limites de cette responsabilité ?

Cette obligation de sécurisation est qualifiée « de moyens » et non « de résultats ». Comme l’a affirmé le Tribunal de première instance de Bruxelles, « on ne peut exiger d’une commune de vérifier à chaque instant si l’entièreté de la surface des voies publiques dont elle est propriétaire ou gardienne présente à tout moment les conditions suffisantes de sécurité et de commodité de passage ».

La cour d’appel de Liège a également précisé qu’« on ne peut raisonnablement exiger que l’épandage soit instantanément effectué sur l’ensemble du réseau routier alors même que la neige commence seulement à tomber ».

De plus, leur responsabilité ne peut être engagée en cas de vitesse inadaptée ou de grave imprudence ayant contribué à causer ou aggraver le dommage.

4) Comment choisit-on les rues qui seront dégagées en premier ?

Dans toutes les communes, le même principe s’applique : les axes de circulation majeurs sont prioritaires. Les services interviennent selon leurs moyens, en se concentrant d’abord sur les grands axes, les voies de bus, les accès aux écoles, hôpitaux, services de secours, avant de s’occuper des routes plus petites.

5) Pourquoi l’épandage ne passe-t-il pas sur les routes peu fréquentées ?

Comme l’explique le Moniteur de l’Automobile, pour que le sel de déneigement soit efficace, il faut un trafic automobile pour bien le disperser sur la neige. Sinon, la neige compactée finira par regeler et se transformera en glace. Ainsi, sur les petites routes, il est préférable de ne pas saler !

6) Pourquoi évite-t-on les épandages excessifs et inutiles ?

L’utilisation massive de sel a un impact négatif sur l’environnement. Pour cette raison, les autorités ont décidé de réduire l’impact nocif du salage, en organisant le plan météo route pour prévenir l’épandage inutile ou excessif.

Les tonnes de sel appliquées sur les routes en hiver ne sont pas toutes traitées. Une partie de cet épandage entre en contact avec le sol et s’infiltre dans les nappes phréatiques. À forte dose, le sel devient toxique. Les produits chimiques utilisés peuvent également être nuisibles pour les plantes et les animaux. Il est donc nécessaire de trouver un équilibre entre les besoins de mobilité et de sécurité routière, et la protection de la nature.

7) Et les trottoirs ?

En Belgique, déblayer son trottoir est une obligation légale. Plus précisément, cette obligation stipule de « rendre son trottoir non glissant ». La plupart des communes ont adopté un règlement local qui retire cette responsabilité des autorités pour la faire peser sur les habitants. Pour garantir le respect de cette obligation, elles l’ont intégrée dans leur règlement général de police, avec des amendes à la clé.

8) Quel est le dispositif au niveau wallon ?

Au niveau wallon, plus de 1200 personnes du Service public de Wallonie et d’entreprises privées, ainsi que 660 engins d’épandage ou de déneigement, sont mobilisés quotidiennement pour assurer le service d’hiver sur les 8355 kilomètres de routes et autoroutes du réseau régional.

L’année dernière, 19.537 interventions ont été effectuées, avec un total de 100.000 tonnes de sel épandues.