Les marchés financiers préfèrent les valeurs pétrolières américaines malgré la chute de Maduro.
Les analystes et les investisseurs spécialisés dans le pétrole estiment que la stratégie américaine ne provoquera pas de choc immédiat sur les prix de l’or noir, le Venezuela représentant moins d’1% de la production mondiale de pétrole. Les infrastructures pétrolières du pays sont fortement dégradées, rendant impossible une augmentation de la production sans investir au moins une soixantaine de milliards de dollars.
Manifestement, les analystes et les investisseurs spécialisés dans le pétrole estiment que la stratégie américaine ne provoquera pas de choc immédiat sur les prix du pétrole. Pour comprendre cette réaction, ou plutôt cette absence de réaction, il convient de rappeler qu’à ce stade, le Venezuela représente moins d’1 % de la production mondiale de pétrole, bien que le pays dispose de 17 % des réserves prouvées de la planète.
De plus, bien que les prix du pétrole aient légèrement rebondi en fin d’après-midi lundi, ils baissent structurellement depuis plusieurs mois, en raison d’une offre plus importante que la demande. « Le marché mondial du pétrole reste sous pression en raison d’une offre excédentaire », résume Rob Thummel, du cabinet Tortoise Capital Management, cité par l’AFP. « Les événements actuels au Venezuela ne modifient pas cette dynamique », d’autant qu’il semble que, pour l’instant, « les infrastructures vénézuéliennes soient toujours opérationnelles et permettent d’exporter du pétrole. »
### Les premières réserves du monde, oui, mais elles sont difficiles (et très coûteuses) à valoriser
À supposer que la compagnie nationale Petróleos de Venezuela soit capable de produire et d’exporter plus de pétrole, cela ne ferait qu’accroître l’excès d’offre, exerçant ainsi une pression supplémentaire sur les prix. Quoi qu’il en soit, le Venezuela n’est pas en mesure de produire davantage : ses infrastructures pétrolières, endommagées par des années de sous-investissement et de sanctions internationales, sont fortement dégradées.
Pour moderniser ces infrastructures et faire passer la production de 1 million de barils par jour à 2 millions de barils, il faudrait investir des dizaines de milliards de dollars, probablement bien plus de 100 milliards de dollars. Pour maintenir simplement la production actuelle à long terme, le secteur aurait besoin d’au moins soixante milliards de dollars.
Comme le souligne un expert du secteur sur X, « Bien que le Venezuela possède les plus importantes réserves de pétrole (300 milliards de barils au bas mot, NDLR) au monde », ces chiffres ne se traduisent pas directement par une augmentation immédiate de la production ni par une croissance rapide, qui nécessitent des investissements et un temps considérables. « Les producteurs américains sont actuellement engagés dans des projets en cours et respectent leurs obligations contractuelles. Aux prix actuels du pétrole, les capitaux colossaux nécessaires à une croissance significative de la production ne sont tout simplement pas justifiés. »
Autrement dit, il n’est pas certain que les compagnies pétrolières américaines soient très enthousiastes à l’idée de retourner au Venezuela.
### Une porte ouverte pour les compagnies pétrolières américaines
Cependant, le président américain Donald Trump a clairement indiqué que la relance de l’outil pétrolier vénézuélien profitera massivement aux compagnies américaines, principalement à Chevron, le seul groupe américain déjà présent sur place. Ce qui, comme le souligne l’analyste financier Charles Janus, « lui donne un avantage opérationnel immédiat : équipes locales, actifs existants, connaissance du cadre technique. »
Il n’est donc pas surprenant que cet après-midi à Wall Street, l’action Chevron ait ouvert en hausse de 6 %. D’autres grandes compagnies pétrolières américaines, telles qu’Occidental Petroleum ou ConocoPhillips, ont également suscité un grand intérêt, mais ce sont surtout les sociétés spécialisées dans les services pétroliers qui ont débuté la semaine en force, comme Schlumberger ou Halliburton, car elles sont les mieux placées pour participer à la relance éventuelle de la production de pétrole au Venezuela.
### Pas de bourrasque sur les marchés boursiers
Sur les marchés boursiers, la séance a été plutôt calme, voire excellente. En Asie ce matin, tous les grands indices boursiers ont terminé dans le vert. « Les Bourses de Tokyo et Séoul se sont envolées », note l’AFP, « portées par les valeurs technologiques sur fond de vif optimisme pour 2026 ». En chiffres, l’indice Nikkei à Tokyo a gagné près de 3 %, tandis qu’à Séoul, l’indice Kospi a progressé de 3,43 %.
En Europe puis aux États-Unis également, les valeurs technologiques ont rebondi aujourd’hui, sans signe d’inquiétude lié aux événements du week-end à Caracas.
Cependant, il convient de noter que la valeur de l’or et celle du dollar ont augmenté ce lundi. Or, ces actifs jouent souvent le rôle de refuge lorsque la situation internationale se détériore. Est-ce le cas ici ? Pas sûr. Une autre interprétation est possible : un dollar en hausse parce que les États-Unis renforcent considérablement leur influence dans le secteur pétrolier, et un or qui reprend une ascension spectaculaire commencée il y a plusieurs mois pour des raisons qui ne sont pas directement liées à la situation au Venezuela. Confirmation – ou pas… – dans les jours à venir.

