Pharmaciens d’officine : le syndicat se dit prêt à négocier avec la CNAM
Le syndicat Tunisien des Propriétaires de Pharmacies Privées (SPOT) a officialisé la fin de la relation contractuelle avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), effective depuis le 31 décembre 2025. Depuis le 10 décembre, les assurés sociaux affiliés à la filière privée doivent avancer l’intégralité des frais pour espérer un remboursement ultérieur par la Caisse.
Au lendemain de l’expiration de leur convention avec la CNAM, les pharmaciens d’officine expriment une vive inquiétude. En proie à des difficultés financières et à des dysfonctionnements structurels, le syndicat annonce être prêt à reprendre le dialogue, à condition que cela soit accompagné d’une réforme en profondeur du secteur.
Dans un communiqué diffusé ce lundi à l’issue de son bureau exécutif, le syndicat Tunisien des Propriétaires de Pharmacies Privées (SPOT) a officialisé la fin de sa relation contractuelle avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), effective depuis le 31 décembre 2025. Il rejette toute responsabilité dans cette situation, affirmant que les pharmaciens n’ont pas voulu cette rupture, mais y ont été « acculés ».
Le syndicat critique une « politique de la fuite en avant » et une « inertie réformatrice » des autorités compétentes. Toutefois, il se déclare ouvert à toute médiation « sérieuse et responsable » qui placerait l’intérêt de l’assuré social en priorité, tout en respectant la dignité de la profession.
**185 jours d’impayés**
Le constat fait par le SPOT est sans appel : l’année 2025 a été décrite comme une « année de calvaire » pour les professionnels et les patients. Deux problèmes majeurs affectent le système :
Les délais de remboursement de la CNAM dépassent désormais les 185 jours, ce qui met à mal la trésorerie des officines et menace leur pérennité.
Les perturbations chroniques de l’approvisionnement font de la recherche de médicaments un défi quotidien pour les malades.
**L’urgence de réformes structurelles**
Pour le syndicat, la crise actuelle n’est qu’un symptôme de politiques défaillantes accumulées depuis 2015. Le SPOT interpelle le gouvernement sur plusieurs dossiers législatifs en attente, jugés essentiels pour réguler le marché, notamment :
L’activation immédiate de la commission unifiée des prix des médicaments.
L’encadrement strict de la fabrication et de la distribution des compléments alimentaires et des dispositifs médicaux.
L’urgence de légiférer sur les produits à visée thérapeutique qui circulent actuellement sans contrôle sanitaire.
En réponse à la suspension du tiers-payant, décidée unilatéralement par les pharmaciens le 8 décembre dernier, la CNAM a mis en place un dispositif d’exception. Depuis le 10 décembre, les assurés sociaux affiliés à la filière privée doivent avancer l’intégralité des frais pour bénéficier d’un remboursement ultérieur par la Caisse. Bien que cette mesure empêche un blocage total des soins, elle impose au citoyen le poids de la crise financière qui oppose les prestataires de santé à l’organisme de sécurité sociale.

