France

Tickets-restaurant : La décision de Hema déchaîne la colère des restaurateurs

Les clients de l’enseigne Hema peuvent désormais régler leur paquet de confiseries avec leurs titres-restaurant, ce qui inquiète l’organisation patronale de l’hôtellerie-restauration, l’Umih. Dans un courrier daté du 24 décembre, l’Umih a exprimé ses préoccupations concernant cette décision, la qualifiant d’ouverture de « boîte de Pandore » pour d’autres secteurs.


Une bougie, un carnet et un paquet de confiseries. Tels sont les achats de certains clients chez Hema, enseigne spécialisée dans les articles pour la maison. Désormais, les consommateurs auront la possibilité de régler leurs confiseries avec des titres-restaurant, ce qui suscite des inquiétudes au sein de la première organisation patronale de l’hôtellerie-restauration.

L’Umih a adressé une lettre au ministre du Commerce, Serge Papin, pour l’« alerter » sur l’agrément accordé à Hema pour accepter les titres-restaurant, « au titre d’une offre alimentaire composée quasi exclusivement de produits de grignotage et de confiserie ». Selon le syndicat, « cette décision nous apparaît emblématique des dérives permises par la prolongation de l’extension des titres-restaurant à l’ensemble des produits alimentaires, extension dont les effets sont aujourd’hui particulièrement préjudiciables au secteur de la restauration ».

Une décision qui ouvre « une boîte de Pandore »

Dans cette correspondance datée du 24 décembre et transmise lundi à l’AFP, l’Umih souligne que cette décision constitue une ouverture de « boîte de Pandore, puisque désormais il suffira à une chaîne de magasins de sport de commercialiser des barres énergétiques et des bouteilles d’eau et à des magasins de prêt-à-porter, quelques snacks ou friandises pour être éligibles au dispositif des titres-restaurant ».

Actuellement, ce moyen de paiement est utilisé par plus de cinq millions de salariés pour régler des repas et des courses alimentaires dans environ 244 000 commerçants.

L’Umih milite pour un double plafond de dépenses

Le gouvernement souhaite maintenir la possibilité d’utiliser les titres-restaurant pour acheter des courses alimentaires en supermarché, option qui restera valable jusqu’à fin 2026, à travers une réforme du secteur qui devrait être discutée cette année au Parlement.

L’Umih propose d’instaurer un double plafond de dépenses, avec un montant plus élevé pour la restauration que pour la distribution.