Elections clés aux Etats-Unis, Israël, Hongrie, France et Brésil en 2026
Un peu plus d’un an avant l’élection présidentielle prévue au mois de mai 2027, les électeurs français éliront leurs 35.000 maires de villes et communes au mois de mars prochain. Le premier tour est prévu pour le dimanche 25 mars, et le second tour sera organisé une semaine plus tard.
Un peu plus d’un an avant l’élection présidentielle prévue en mai 2027, les électeurs français s’apprêtent à élire leurs 35 000 maires lors des élections municipales de mars prochain. Les grandes villes seront particulièrement observées pour évaluer la dynamique des différents partis, bien que les vérités varient souvent d’un niveau de pouvoir à un autre.
Actuellement, huit des dix plus grandes villes françaises sont dirigées par des socialistes (Paris, Marseille, Nantes, Montpellier, Lille) ou des écologistes (Lyon, Strasbourg, Bordeaux), tandis que deux autres le sont par la droite traditionnelle (Toulouse et Nice). Ces trois partis ne se sont pas retrouvés au second tour des élections présidentielles depuis 2012.
À l’inverse, le Rassemblement National, leader des sondages pour la présidentielle, et La France Insoumise, qui émerge comme premier parti de gauche, sont totalement absents des 30 plus grandes villes. Du côté macroniste, seuls Édouard Philippe (Le Havre) et Christian Estrosi (Nice, issu des Républicains) représentent le camp présidentiel dans ces grandes villes, ce qui témoigne de la faible implantation locale du mouvement.
### La bataille de Paris après Hidalgo
Bien que cette élection n’ait aucune valeur prédictive, elle ne manquera pas d’engendrer des disputes d’ampleur nationale. La capitale, introduite par Anne Hidalgo (PS) depuis 2014 et précédemment par Bertrand Delanoë (PS) de 2001 à 2014, pourrait retrouver un maire de droite 25 ans plus tard. C’est en tout cas ce que vise Rachida Dati, qui souhaite capitaliser sur le clivage créé par les politiques d’aménagement et de mobilité d’Anne Hidalgo, qui plaisent aux cyclistes mais pas aux automobilistes.
Après une candidature à la présidentielle désastreuse en 2022 (1,7 % des voix au niveau national et à peine 2,17 % à Paris), Anne Hidalgo ne se représente pas. Son premier adjoint, Emmanuel Grégoire, a été élu par le camp socialiste et pourra compter sur le soutien des écologistes et des communistes dès le premier tour pour essayer de garantir la présence de la gauche au second tour, où les deux candidats arrivés en tête seront départagés. Sophia Chikirou sera candidate pour LFI, alors que l’écrivain et ancien chroniqueur Aymeric Caron devrait également se présenter sur une liste autonome de gauche.
À droite, la situation est encore plus floue. Rachida Dati, figure emblématique de la droite traditionnelle, a été intégrée aux gouvernements Attal, Barnier, Bayrou et Lecornu depuis janvier 2024, malgré l’opposition des Républicains. Selon des rumeurs non confirmées, elle bénéficierait du soutien d’Emmanuel Macron pour sa candidature aux élections municipales de Paris en 2026. En 2020, elle avait obtenu 22,72 % des voix. Elle sera soutenue par Les Républicains et sera le principal concurrent d’un nouveau mandat socialiste.
Cela n’empêchera pas le parti Horizons d’Édouard Philippe, qui soutient le gouvernement macroniste, de présenter son propre candidat, en la personne du député Pierre-Yves Bournazel. À l’extrême droite, le député européen Thierry Mariani a été investi par le Rassemblement national, qui en 2020, n’avait remporté que 1,47 % des voix.
Le premier tour est prévu le dimanche 25 mars, tandis que le second tour se tiendra une semaine plus tard.
### Avril : fin de parcours pour le plus ancien dirigeant européen, Viktor Orbán ?
Viktor Orbán briguera en avril prochain un sixième mandat de Premier ministre de Hongrie. En fonction entre 1998 et 2002, il a ensuite enchaîné quatre mandats depuis 2010. Orbán est devenu le plus ancien dirigeant de l’Union européenne. Ce nationaliste, qui prétend avoir des liens avec Donald Trump et Vladimir Poutine, a renforcé son pouvoir depuis son retour au pouvoir en 2010, multipliant les mesures pour restreindre l’indépendance judiciaire et médiatique.
> « Au lieu d’une opposition fragmentée, Orbán fait désormais face à un seul adversaire bénéficiant d’un niveau de soutien public similaire », constate Zsuzsanna Végh, analyste politique.
L’émergence de Peter Magyar comme chef de l’opposition apporte une « nouvelle dynamique » à la politique hongroise. Son parti, Tisza, n’oppose pas de véritables objections aux mesures de Viktor Orbán sur les droits des LGTBQIA + et l’immigration, mais il fait campagne sur la nécessité d’améliorer le pouvoir d’achat et d’établir de meilleures relations avec l’UE. Le gel des subventions européennes à la Hongrie résulte des critiques de Viktor Orbán sur l’État de droit.
Le parti Tisza est en tête des sondages indépendants, provoquant une fébrilité au sein du gouvernement, comme en témoigne l’activité accrue d’Orbán cet été. Traditionnellement, le dirigeant intensifie sa présence avant les élections, mais cette fois « le Fidesz a été contraint d’abattre sa carte maîtresse bien plus tôt. »
Pour sécuriser son pouvoir, Viktor Orbán prend des mesures, telles qu’une loi permettant de limiter le limogeage de Tamas Sulyok, un de ses proches, dont le mandat court jusqu’en 2030. Cela pourrait nuire aux travaux d’un gouvernement qui lui succéderait.
Un renversement de Viktor Orbán pourrait rebattre les cartes au niveau européen, où l’unanimité des 27 États membres est souvent requise pour des décisions importantes, notamment liées à la guerre en Ukraine.
### Septembre : des élections législatives en Russie
Les élections législatives en Russie doivent se tenir au plus tard le 20 septembre 2026. Dans cet État totalitaire, où l’opposition a peu de droits, le parti Russie Unie de Vladimir Poutine et du Premier ministre Dmitri Medvedev devrait conserver une confortable majorité.
Les précédentes élections ont été marquées par l’interdiction d’une véritable opposition et par des fraudes massives, alors qu’Alexeï Navalny, mort empoisonné en février 2024, tentait de contester le pouvoir de Vladimir Poutine.
### Septembre : des élections en Suède aux allures de test pour les démocraties européennes
La Suède, bien que n’étant pas le plus grand pays d’Europe, est confrontée à des enjeux que de nombreuses démocraties européennes pourraient connaître dans les mois à venir : des élections sous la menace d’ingérence extérieure. Les dernières élections, juste après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ont vu les thèmes de l’insécurité et de l’immigration dominer le débat.
Le Parti social-démocrate, historiquement au-dessus de 30 % des voix, a dirigé le pays entre 2014 et 2022, mais la percée de l’extrême droite (Démocrates de Suède) a bousculé le paysage politique. En 2022, la gauche ne compte que 173 sièges au Parlement, tandis que la droite et l’extrême droite en totalisent 176.
Magdalena Andersson, la Première ministre social-démocrate, a reconnu sa défaite et a laissé la droite former une coalition, avec le soutien des extrémistes. Ulf Kristersson est devenu Premier ministre.
> « Lorsque la Suède se rendra aux urnes l’année prochaine, cela sera dans une situation de sécurité grave que nous devons prendre en compte », avertit Ulf Kristersson.
La hausse de la criminalité violente pourrait alimenter la rhétorique d’extrême droite en Suède, tout comme ailleurs en Europe.
### Octobre : Netanyahu encore, mais sans l’extrême droite ?
Lors d’un entretien, un journaliste a demandé à Benjamin Netanyahu s’il se présenterait de nouveau aux élections. « Oui », a-t-il répondu. Leader du Likoud, il détient le record du nombre d’années à la tête du gouvernement israélien. À l’issue des dernières élections, son parti s’est allié avec plusieurs autres formations pour maintenir une majorité.
Sous la pression des extrémistes, Netanyahu est resté ferme dans sa gestion de la guerre à Gaza et ses positions sur la Palestine, suscitant des manifestations croissantes dans la population israélienne, déjà remontée contre une réforme judiciaire proposée.
Cette population aura l’occasion de faire entendre son opposition lors des élections anticipées prévues le 27 octobre ou potentiellement en juin 2026. Bien que contesté, des préoccupations sécuritaires vis-à-vis du Hezbollah pourraient pousser à un soutien pour les positions fermes de Netanyahu.
Le paysage politique en Israël est complexe. La Knesset, avec ses 120 députés, regroupe une douzaine de partis, ce qui rend le jeu des alliances imprévisible et sujet à diverses manœuvres.
### Novembre : Trump sanctionné aux mid-terms ?
Les élections de mi-mandat pourraient être cruciales pour Donald Trump, élu président en novembre 2024. Le 3 novembre prochain, les électeurs américains renouvelleront l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. La majorité des républicains dans ces organes rend la situation difficile pour Trump.
La confiance des consommateurs est en déclin et les problèmes d’inflation, autour de 2,5 % à 3 %, reste une préoccupation majeure. Un récent sondage a révélé que seulement 33 % des Américains approuvent la gestion de l’économie par Donald Trump, en dépit de sa promesse d’un redémarrage économique.
Les Démocrates ont remporté plusieurs élections locales récemment, mais les mid-terms sont habituellement un défi pour le président en exercice.

