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« My Father’s Shadow » d’Akinola Davies Jr : Un regard intime sur le cinéma nigérian

« My Father’s Shadow » d’Akinola Davies Jr a remporté le Tanit d’argent et le prix « Tahar Cheriaa » lors de la 36e édition des JCC. Le film se déroule à Lagos, le temps d’une journée durant laquelle deux jeunes frères accompagnent leur père dans ses déplacements à travers la ville.

Dans le paysage riche du cinéma africain contemporain, « My Father’s Shadow » d’Akinola Davies Jr se démarque comme une œuvre unique.

Ce long métrage nigérian adopte une approche subtile et profondément humaine, mettant l’accent sur l’intime comme chemin vers le collectif. Lauréat du Tanit d’argent et du prix « Tahar Cheriaa » pour la 1ère œuvre lors de la 36e édition des JCC.

La Presse — Le film se déroule à Lagos, sur une journée durant laquelle deux jeunes frères escortent leur père dans ses déplacements à travers la ville. Ce récit devient rapidement un parcours initiatique, où chaque geste et chaque silence revêt une dimension symbolique. La figure paternelle, à la fois présente et distante, soulève des questions sur la transmission, l’autorité et l’absence.

« My Father’s Shadow » s’inscrit dans le contexte politique et social du Nigeria des années 1990. Les tensions nationales forment un arrière-plan palpable, perceptible à travers l’ambiance urbaine, les interactions et les défis de la vie quotidienne. Cette narration mêle habilement l’intime et le collectif.

La mise en scène d’Akinola Davies Jr se distingue par sa précision. Le film, dans sa réalisation, saisit souvent le mouvement et le subtil, reflétant la densité de la vie urbaine à Lagos sans ralentir le rythme. Le son, mélange de bruits citadins et de silences, renforce l’immersion et apporte au film une dimension presque sensorielle. Cette écriture cinématographique, à la fois exigeante et accessible, constitue la force du film.

Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, « My Father’s Shadow » a marqué le cinéma nigérian, affirmant l’émergence d’une génération qui rivalise désormais avec le cinéma mondial tout en restant ancrée dans les réalités locales du continent africain.

Œuvre de mémoire et de transmission, le long métrage a trouvé sa place dans la programmation de festival comme celle des JCC 2025, où le cinéma est envisagé comme un espace de réflexion, de résistance et de dialogue entre les cultures. Un film discret mais qui ne passe pas inaperçu et qui rappelle que l’avenir du cinéma africain se joue également dans ces récits intimes.