International

Suspension imminente des importations de produits sud-américains contenant des substances interdites.

Le Premier ministre et la ministre de l’Agriculture ont indiqué ce dimanche la prochaine suspension d’importations en provenance d’Amérique du Sud de denrées alimentaires contenant des résidus de plusieurs substances interdites en Europe. La France devra toutefois obtenir le feu vert de la Commission européenne dans les dix jours, un accord qu’espère obtenir mercredi la ministre lors de son déplacement à Bruxelles.


Certains produits vont bientôt disparaître de nos rayons. Ce dimanche, le Premier ministre ainsi que la ministre de l’Agriculture ont annoncé la prochaine suspension des importations en provenance d’Amérique du Sud de denrées alimentaires contenant des résidus de plusieurs substances interdites en Europe, comme l’avait précédemment indiqué Annie Genevard.

« Un arrêté sera pris dans les prochains jours, à l’initiative de la ministre de l’agriculture Annie Genevard, pour suspendre l’importation de produits contenant des résidus de substances interdites en Europe : mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime », qui sont des produits fongicides ou herbicides, a précisé Sébastien Lecornu sur X.

Contacté par l’AFP, le ministère de l’Agriculture a précisé que cet arrêté serait publié mardi. Cependant, la France devra obtenir l’accord de la Commission européenne dans un délai de dix jours, un feu vert que la ministre espère obtenir mercredi lors de son déplacement à Bruxelles, comme l’a précisé la même source.

Les avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes « d’Amérique du Sud ou d’ailleurs », mais aussi melons, cerises, fraises ou pommes de terre ne pourront plus entrer en France ni être commercialisés, a détaillé le Premier ministre. « Des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires », a-t-il ajouté, évoquant « une première étape pour protéger nos filières et nos consommateurs et lutter contre la concurrence déloyale, véritable enjeu de justice et d’équité pour nos agriculteurs ».

La France vise à « montrer l’exemple » en Europe. Les agriculteurs, qui affrontent la crise de la dermatose nodulaire contagieuse, s’opposent également à la signature du traité de libre-échange entre l’UE et certains pays du Mercosur, prévue pour le 12 janvier. « On ne peut pas accepter que des substances bannies chez nous réapparaissent indirectement par le biais des importations. C’est du bon sens. D’où qu’ils viennent dans le monde, les produits importés doivent respecter nos normes. La France montre l’exemple en Europe », a déclaré la ministre sur X.

Annie Genevard avait annoncé le 8 décembre son intention d’interdire « les importations sur notre sol de produits contenant des substances interdites en Europe », si la Commission européenne ne prenait pas cette initiative. Elle a également indiqué samedi dans une interview à *La Tribune Dimanche* avoir « activé » cette « mesure conservatoire ». « L’UE interdit certaines substances pour nos producteurs. Et pour les importations, elle a fixé des limites maximales acceptables de résidus », mais que la France considère « trop élevées », explique le ministère, qui demande une application plus stricte des normes européennes, en réduisant ces limites à « zéro » pour les produits entrant sur le territoire.