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À Caracas, silence pesant et odeur de brûlé après l’attaque américaine.

Ce samedi, un silence presque sépulcral et une odeur de brûlé ont envahi Caracas, après les frappes nocturnes américaines qui ont conduit à la capture du président Nicolás Maduro. Environ 500 sympathisants se sont rassemblés face au palais présidentiel pour réclamer le retour de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, arrêtés par l’armée américaine, en scandant « l’Empire les a enlevés, nous les voulons de retour ».


C’est la stupéfaction. Ce samedi, un silence presque mortel et une odeur de brûlé ont envahi Caracas, la capitale du Venezuela, après les frappes nocturnes américaines qui ont secoué la ville et conduit à l’arrestation du président Nicolás Maduro.

Les rideaux métalliques des magasins sont baissés. Les rues et même les grandes avenues sont désertes ou presque.

### Quelques voitures et des agents armés dans les rues

Seules quelques voitures circulent, contrastant avec la tension palpable parmi les clients nerveux qui font la queue pour acheter de la nourriture dans les supermarchés.

Dans le centre de la capitale, des agents entièrement vêtus de noir, armés de fusils et portant des lunettes de soleil, patrouillent là où se trouvent des institutions du pouvoir, comme le ministère de l’Intérieur.

Ils surveillent également le palais présidentiel de Miraflores, où Nicolás Maduro tenait, il y a à peine quelques jours, ses rassemblements musicaux, émaillés d’invectives contre l’impérialisme.

### « L’Empire les a enlevés »

Face au palais, environ 500 de ses soutiens se sont rassemblés pour réclamer le retour de lui-même et de son épouse Cilia Flores, arrêtés par l’armée américaine et exfiltrés vers les États-Unis, en scandant « l’Empire les a enlevés, nous les voulons de retour ».

Accusés de « narcoterrorisme », ils doivent être jugés à New York, a déclaré le président américain Donald Trump.

Une estrade a été montée avec des haut-parleurs diffusant des chansons de « lutte », tandis que des manifestants brandissent des portraits de Nicolás Maduro et des drapeaux vénézuéliens.

D’autres portent des pancartes où l’on peut lire : « Aujourd’hui, demain et pour toujours, la révolution bolivarienne du Venezuela vaincra. Vive Nicolas, vive Chavez, vive le peuple ». Nicolás Maduro a été élu pour la première fois en 2013 et a succédé à Hugo Chavez (1999-2013).

### « Une barbarie »

Katia Briceño, professeure d’université de 54 ans, est venue « défendre » son pays face à ce qu’elle perçoit comme une « barbarie » : « Comment se fait-il qu’un gouvernement étranger vienne, s’immisce dans le pays et enlève le président ? C’est absurde ».

« Ça n’a pas été une grande surprise, car on s’attendait à être attaqués à tout moment », confie une autre manifestante, Pastora Vivas, 65 ans.

Dans l’est aisé de Caracas, de longues files d’attente se forment devant des établissements alimentaires, qui vendent leurs produits à huis clos, derrière des portes fermées.

Parfois, des gens sont autorisés à entrer au compte-goutte, parfois ils doivent demander ce qu’ils veulent.

À l’aéroport militaire Francisco de Miranda de Caracas, des avions sont positionnés sur le tarmac pour empêcher l’atterrissage d’autres appareils, a constaté l’AFP.