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Attaque des Etats-Unis contre le Venezuela : division mondiale entre soutiens et condamnations.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est inquiété « que le droit international n’ait pas été respecté », déplorant un « dangereux précédent ». L’Union européenne a appelé « au respect du droit international au Venezuela » et a rappelé son attachement à une transition démocratique et pacifique.


L’attaque des États-Unis contre le Venezuela, qui a abouti à la capture de Nicolás Maduro, suscite une forte réaction internationale. Des dirigeants et des personnalités politiques du monde entier ont exprimé leurs opinions sur cette action américaine.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a été l’un des premiers à réagir. Il a exprimé son inquiétude quant au non-respect du droit international, évoquant un « dangereux précédent » et appelant « tous les acteurs au Venezuela à engager un dialogue inclusif, dans le plein respect des droits de l’homme et de l’État de droit ».

## Les pour et contre de l’Amérique latine

En réponse à la menace américaine, la Colombie a annoncé le déploiement de troupes à sa frontière avec le Venezuela. Le président colombien Gustavo Petro, proche de Nicolás Maduro et menacé directement par Donald Trump lors d’une conférence de presse, a dénoncé une attaque américaine « aux missiles » contre Caracas. Il a qualifié les actions de Washington d’« atteinte à la souveraineté » de l’Amérique latine et a prédit qu’elles entraîneraient une crise humanitaire. Petro a également demandé une réunion « immédiate » de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU pour discuter de la « légalité internationale » de cette « agression ».

Plus au sud, le président brésilien Lula a fermement condamné une « grave atteinte à la souveraineté du Venezuela », déclarant que « les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président dépassent les limites de l’acceptable » et mettent en danger « la préservation de la région en tant que zone de paix ». Il a appelé la communauté internationale à « répondre vigoureusement » à ces agressions via les Nations unies.

Le Mexique, autre pays dans la ligne de mire des États-Unis, a également condamné les bombardements « unilatéraux » menés par Washington, avertissant que toute « action militaire met gravement en péril la stabilité régionale ».

À l’opposé, le président argentin pro-Trump, Javier Milei, a salué les frappes américaines par un tonitruant « La liberté avance, vive la liberté, bordel ! ». De son côté, le président équatorien Daniel Noboa a exprimé sa satisfaction concernant la chute de Nicolás Maduro, lançant sur X : « L’heure est venue de reprendre possession de votre pays » aux figures de l’opposition vénézuélienne, María Corina Machado et Edmundo Gonzalez Urrutia, ainsi qu’au « peuple vénézuélien ».

## Les alliés chinois, russes et iraniens s’insurgent

Pékin, allié de Nicolás Maduro, s’est déclaré « profondément choqué » et a « condamné fermement le recours flagrant à la force par les États-Unis contre un État souverain et leur action contre son président ». Le ministère chinois des Affaires étrangères a souligné que ce comportement hégémonique « viole gravement le droit international, porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et menace la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes ».

La Russie, principal allié du Venezuela en Amérique du Sud, a également dénoncé ce qu’elle considère comme un acte d’agression. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que « ce matin, les États-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément préoccupant et condamnable », ajoutant que « l’hostilité idéologique a triomphé du pragmatisme économique ».

L’Iran a aussi condamné l’attaque militaire américaine, qualifiant cette interférence de « violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale » du Venezuela. La diplomatie iranienne a dénoncé « l’agression illégale des États-Unis » et rappelé ses liens étroits avec le pays latino-américain.

## L’Europe tente de calmer le jeu

L’Union européenne a appelé au respect du droit international concernant le Venezuela et a réaffirmé son engagement envers une transition démocratique et pacifique après l’attaque américaine. Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l’UE, a plaidé pour la « retenue » lors d’une conversation téléphonique avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a exprimé la solidarité de l’UE avec le peuple vénézuélien, soutenant que toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a rappelé que tous les pays doivent « respecter le droit international » et a précisé que Londres n’avait « pas participé » à l’opération américaine ni à la capture du président Maduro.

Plus attacke par le gouvernement espagnol, Pedro Sanchez a déclaré sur X que l’Espagne « ne reconnaîtra pas […] une intervention qui viole le droit international », affirmant qu’elle n’avait pas reconnu le régime de Nicolás Maduro. Il a ajouté que l’intervention américaine « pousse la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme » et a appelé à une transition « juste et dans le dialogue ».

Le chancelier allemand Friedrich Merz a critiqué Nicolás Maduro pour avoir « conduit son pays à la ruine » et « joué un rôle problématique dans la région », rappelant que l’Allemagne n’a pas reconnu les dernières élections vénézuéliennes, jugées « truquées ».

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a jugé « légitime » l’opération américaine, la qualifiant « d’intervention défensive », tout en soulignant qu’une « action militaire extérieure n’est pas la manière de mettre fin aux régimes totalitaires ».

## L’Ukraine bien embêtée

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a dénoncé les « crimes généralisés, la violence, la torture, l’oppression et la violation de toutes les libertés fondamentales » dont s’est rendu coupable le « régime Maduro », sans mentionner expressément l’opération américaine.

L’opération américaine a également suscité des critiques en dehors de l’Europe. L’Afrique du Sud a qualifié cette action de « violation manifeste de la Charte des Nations unies », arguant que l’utilisation « unilatérale de la force » est « illégale » et « mine la stabilité de l’ordre international ».

Israël, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, a exprimé sa satisfaction face à la « destitution du dictateur qui dirigeait un réseau terroriste et de drogue » et a salué ce qu’il considère comme un « moment historique », affirmant que Donald Trump avait « agi en tant que leader du monde libre ».