Qui est Noor ? La chanteuse qui ne transforme pas ses blessures en musique.
Noor a foulé la scène du festival Rock en Seine pour la première fois, confiant que « Me produire sur une scène Rock en Seine, c’était très émouvant parce que c’était vraiment un de mes rêves ». En 2024, elle se fait remarquer en remportant le dispositif Inouïs du Printemps de Bourges, déclarant qu’« j’y ai trouvé de vrais amis. C’était humain avant tout ».

Lors de Rock en Seine, Noor a établi un lien fort avec son public. Pour la première fois, la chanteuse a foulé la scène de ce festival qu’elle avait fréquenté en tant que spectatrice au fil des années. « Me produire sur une scène Rock en Seine, c’était très émouvant parce que c’était vraiment un de mes rêves », confie-t-elle.
Ce jour-là, devant la scène « Nouveaux talents », la qualité de l’échange l’a touchée : « Quand c’était doux, c’était silencieux. Quand il fallait danser, ils étaient avec moi. » Dans ce moment suspendu, Noor a ressenti ce qu’elle s’efforce de transmettre : une intensité sincère. Artiste émergente, 20 Minutes l’a rencontrée.
Des débuts forgés par l’évidence
Rock en Seine n’était qu’une étape dans un parcours débuté très tôt. Pour Noor, chanter a toujours été bien plus qu’un simple choix. « Dès que j’ai su parler, j’ai dit que je voulais chanter », se remémore-t-elle. Enfant, elle développe un amour pour la musique, complété par une passion pour les mots : « Je faisais des poèmes et je les récitais à table », raconte-t-elle. Ses premières influences musicales viennent de sa famille. Adolescente, elle oriente ses goûts vers l’univers d’Avril Lavigne. À cette période déjà, la musique est omniprésente : « Il n’y avait rien d’autre. C’était la seule chose que je voulais faire. »
Cette passion la conduit au prestigieux Berklee College of Music de Boston. Cependant, loin d’un rêve américain, Noor vit cette expérience très différemment. « Je me suis sentie extrêmement seule. » Éloignée de sa famille, elle apprend à jouer du piano par elle-même. « La seule chose que j’avais, c’était de faire de la musique. » Avec le recul, elle perçoit cette période comme une confrontation brutale mais essentielle avec elle-même. « Ça a été douloureux, mais ça m’a aussi donné des armes. »
Son parcours prend un tournant en 2024 lorsqu’elle remporte le dispositif Inouïs du Printemps de Bourges. « J’y ai trouvé de vrais amis. C’était humain avant tout. »
Des pensées mises sur papier
Pour Noor, l’écriture n’est pas une tâche mais un impératif vital. « J’écris comme je respire », affirme-t-elle. Ses chansons émergent avec une urgence, comme pour échapper à ce qui la submerge.
« Je suis vraiment une artiste qui écrit quand la douleur fait trop de dégâts. Parfois, je me pose au piano, je pleure, et le texte vient tout seul. »
Cette approche de la composition n’est pas préméditée : elle surgit de manière instinctive, brute, parfois même violente, comme si chaque mot devait être arraché pour alléger son cœur.
Cette hypersensibilité, qu’elle a longtemps considérée comme une faiblesse, s’est progressivement transformée en moteur. « Je suis tellement écorchée. J’ai toujours vu ma sensibilité comme un fardeau, mais je me dis que c’est en train de m’ouvrir les portes de mes ambitions. Elle est ma force. » Là où d’autres cherchent à se protéger, Noor choisit de s’exposer. Sa fragilité devient la marque de son univers artistique, emportant avec elle de nombreux cœurs brisés.
Les histoires d’amour finissent mal ? (en général)
À travers ses chansons, Noor aborde sans cesse le thème de l’amour, tout en s’attardant sur ses désillusions. « Je me suis toujours retrouvée face à des relations où je disais tellement la vérité que les personnes en face me disaient : « comment tu peux vivre en étant aussi à l’aise de dire cette vérité-là ? » », raconte-t-elle. Ses textes naissent de ces blessures, mais sa thérapie consiste à les transformer en matière poétique pour son public.
« Je pense énormément à mon public quand je compose. J’ai envie que les gens puissent s’y retrouver, j’essaie de ne pas rendre la chose trop personnelle, pour que chacun puisse attraper un bout de ce que je ressens. »
Cette sincérité sans filtre est pour elle essentielle. « Pour moi, il n’y a rien de plus beau et d’émouvant que dire son amour sans crainte, sans gêne ». Mais si Noor aide à surmonter les chagrins d’amour, elle ne se limite pas à la mélancolie : « Moi je suis une passionnée du grand amour. Demain, si l’amour de ma vie arrive, l’album est prêt en dix minutes. »
Un avenir à écrire sans se trahir
Bien que Noor rêve de « récupérer beaucoup de monde », elle refuse de se plier à la logique de surconsommation de l’industrie et reste fidèle à elle-même. « Je vais être un peu une artiste qui ne va pas poster toutes les trois secondes. Je suis quelqu’un qui aime vraiment se montrer quand j’ai sincèrement quelque chose à dire : un concert, une nouvelle chanson. Mais dire « bonjour, je suis chez moi », j’ai plus de mal.
Notre rubrique Musique
Et pour l’avenir ? L’artiste prépare un projet qu’elle porte depuis plusieurs années : « C’est ce que j’ai fait de plus sincère ». Maintenant que je reçois beaucoup de messages intimes, j’ai envie de leur dire : j’ai quelque chose pour vous, et j’espère que ça va vous faire du bien ». En attendant ce grand rendez-vous, la chanteuse a dévoilé deux titres avant l’été, « Solo dans mon lit double » et « Jeune fille », à écouter sans modération.

