Belgique

Margot, 25 ans, partage sa « plus grande décision de sa vie » pour sa santé.

En 2025, quelques jours après son anniversaire, Margot se rend chez son gynécologue où elle apprend qu’elle est enceinte, après avoir déjà vécu une grossesse non désirée qui s’est avérée être une grossesse extra-utérine. Margot, âgée de 25 ans, choisit de se faire « clipper les trompes » en accord avec son gynécologue, après avoir vécu deux grossesses non désirées et à risque pour sa santé.


Quand elle quitte le studio de Vews en 2022, Margot va bien. Après des années de souffrance, d’errance médicale et deux opérations chirurgicales, son endométriose est sous contrôle. « Je parle pour aider les autres filles et femmes à comprendre de quoi elles souffrent », nous confie-t-elle à l’époque.

Cependant, quelques mois après l’interview, la maladie rattrape la jeune Carolo. Elle doit subir une nouvelle intervention. Margot fait face à la situation et continue sa vie : elle commence à travailler comme employée administrative, voyage et ne s’interdit rien, malgré la maladie. « L’endométriose ne m’empêche pas de vivre. Oui, c’est parfois difficile mais il faut profiter des jours où ça va bien », déclare la jeune femme.

Début 2025, quelques jours après son anniversaire, Margot se sent mal. Elle se rend chez son gynécologue, persuadée que la douleur est liée à un gros kyste à l’ovaire déjà identifié. « C’est là qu’on s’est rendu compte que j’étais enceinte. C’était tout nouveau, quelques jours à peine », raconte-t-elle.

Quelques années plus tôt, Margot a déjà vécu ce moment : l’annonce d’une grossesse non désirée qui s’avèrera être une grossesse extra-utérine. « On a tout de suite eu très peur que je refasse une grossesse extra-utérine, on ne voyait pas clairement ce qu’il en était car c’était encore trop petit », explique Margot.

Lors d’une grossesse extra-utérine, l’ovule fécondé se coince dans les trompes de Fallope, au lieu de se développer dans l’utérus ; cela peut engendrer des complications graves et parfois mortelles pour la personne enceinte. Cette complication fait partie des problèmes de fertilité rencontrés par les personnes atteintes d’endométriose. Une grossesse extra-utérine peut s’arrêter d’elle-même, par une « fausse couche », ou être évacuée par un avortement thérapeutique. C’est la première option que vivra Margot, aux urgences, quelque temps après la visite chez son gynécologue.

À tout juste 25 ans, Margot a déjà vécu deux grossesses non désirées et à risque pour sa santé ; une situation qu’elle ne souhaite plus revivre. « Il y a quelques années, j’avais déjà demandé à mon gynéco s’il n’existait pas des possibilités de stérilisation pour moi, mais j’étais trop jeune et il refusait de m’opérer, ce que je comprends tout à fait. »

Margot ne supporte aucun traitement hormonal et le stérilet en cuivre n’est pas recommandé pour les femmes nullipares et souffrant d’endométriose. Ce mode de contraception, non hormonal, augmente le risque de règles hémorragiques et peut entraîner de fortes douleurs et un rejet du stérilet.

La deuxième fausse couche vécue par Margot, cette année, change la donne. À 25 ans, elle se retrouve face à un choix : risquer de nouvelles grossesses non désirées ou se faire stériliser. « Je n’ai jamais souhaité être enceinte », confie Margot. « En fait, vu que j’ai eu des soucis de santé très tôt, je ne me suis même pas posé cette question. Peut-être que j’aurais voulu un enfant si je n’avais pas souffert d’endométriose, mais je ne le saurai jamais. »

En accord avec son gynécologue, Margot choisit de se faire « clipper les trompes », une intervention qui consiste à obstruer les trompes de Fallope afin d’empêcher la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde.

« C’est l’opération qui m’a le plus marquée », déclare-t-elle. « J’ai très mal vécu cette opération, je ne m’y attendais pas du tout. Ce n’était pas le fait de ne plus pouvoir avoir d’enfant, ça n’a rien à voir avec ça. C’était vraiment par rapport à ma féminité, mon rapport à mon corps, à moi-même », détaille la jeune femme.

À la suite du clippage des trompes, pourtant censé être une opération dont la convalescence est rapide, Margot souffre pendant plusieurs mois de douleurs violentes. « J’ai été sous morphine pendant un mois, on a dû me sevrer ensuite. On ne comprenait pas ce que j’avais, les tests ne montraient aucune cause à ces douleurs. »

La jeune femme vit également très mal sa perte temporaire d’indépendance, elle qui est habituée à gérer sa vie selon ses besoins et envies. « Je ne suis pas du tout quelqu’un de patient ; j’ai vraiment dû apprendre », se souvient-elle. Une thérapie lui fera prendre conscience que ses douleurs post-opératoires sont somatiques. « Cette opération m’a profondément changée, comme aucune autre avant. J’ai vraiment appris la résilience », affirme Margot.

Il y a trois ans, lors de sa première interview sur Vews, Margot déplorait le désintérêt de la recherche sur l’endométriose. « On a trouvé un vaccin pour le Covid en un an. Sur l’endométriose, rien ne bouge, la seule solution qu’on vous propose c’est de vous mettre en ménopause artificielle. C’est mon côté féministe qui me fait dire ça : c’est parce que c’est un problème de femmes », déclarait-elle.

« Rien n’a changé en trois ans concernant l’endométriose, hormis le fait qu’on sait désormais ce qu’est cette maladie. C’est devenu une maladie chronique comme une autre », affirme Margot.

En Belgique, plus d’une personne avec un utérus sur dix souffre d’endométriose. La pose du diagnostic reste lente et pénible pour de nombreuses patientes, même si des associations et des cliniques spécialisées ont émergé ces dernières années.