Hamza Sellmy et Kais Dhifi exposent à la galerie Yosr Ben Ammar.
Les œuvres de Kais Dhifi seront présentées à la galerie jusqu’au 26 février. Hamza Sellmy présente « Diary of the originator », qui se poursuit jusqu’au 10 janvier 2026.
Les cimaises de la galerie accueilleront, jusqu’au 26 février, les œuvres de Kais Dhifi, qui développe une esthétique à forte influence industrielle, enrichie de références historiques, archéologiques et de réalisme fantastique.
En cette année 2026, que l’on espère plus sereine et plus bienveillante pour les peuples opprimés et pour les cœurs éprouvés, la scène artistique locale, en particulier celle des arts visuels, se prépare à de nouveaux événements. La galerie Yosr Ben Ammar démarre avec l’annonce de deux expositions à venir.
La première est « Diary of the originator » de Hamza Sellmy, inaugurée l’année dernière et qui se poursuivra jusqu’au 10 janvier 2026. L’artiste y suit un personnage nommé Duper, une figure solitaire errant dans une ville nord-africaine. À travers une série de fragments du quotidien, Hamza Sellmy révèle la dramaturgie délicate de l’existence contemporaine : l’érosion des routines, la pression latente, le brouhaha consumériste et cette solitude persistante qui s’immisce dans les gestes ordinaires.
Chaque mouvement fragile de Duper devient un acte de résistance, un frémissement opposé à l’inertie ambiante. Le projet se déploie comme un journal intime ainsi qu’une traversée initiatique, où chaque jour, malgré sa répétition, ouvre la possibilité d’un nouveau départ.
Né en 1990 et résidant à Sousse, Hamza Sellmy est un artiste visuel autodidacte et entrepreneur qui évolue entre peinture, illustration, animation et design. Son univers est immédiatement reconnaissable, très coloré, peuplé de personnages à la peau jaune et aux regards cernés, chargés d’émotions intenses. Solitaires et suspendus entre hyperstimulation culturelle et quête identitaire, ces personnages incarnent les tensions de la jeunesse.
Fondateur du studio créatif Banjer, Sellmy développe une pratique hybride, à la croisée de l’art et du design, en investissant la mode, la communication visuelle et l’imaginaire culturel. Il y intègre des éléments de la culture tunisienne, tels que le dialecte, le tamazight et des expressions populaires, pour créer une esthétique poreuse, capable de dialoguer tant avec son contexte social qu’avec des scènes internationales.
Présenté dans plusieurs expositions collectives en Tunisie, notamment à la galerie Yosr Ben Ammar, et relayé par des publications internationales telles que Dune Magazine ou Ancre Magazine, son travail affirme l’émergence d’une voix visuelle unique, profondément ancrée dans son époque.
Les cimaises de la galerie accueilleront ensuite, jusqu’au 26 février, les œuvres de Kais Dhifi. Né en 1980 à Tunis, où il vit et travaille, cet artiste élabore une esthétique industrielle, ponctuée de références historiques, archéologiques et de réalisme fantastique. Son travail interroge les porosités entre savoirs anciens et projections technologiques, ainsi qu’entre mémoire du passé et visions d’avenir.
Alliant techniques artisanales et pratiques vernaculaires à une diversité de matériaux et de formes, Kais Dhifi sculpte des artefacts gravés et des structures métalliques qui semblent émerger d’un futur lointain, observé avec la même fascination que celle portée sur les vestiges des civilisations disparues.
À travers ses narrations sculpturales, il explore un territoire liminal entre mythe et fiction, révélant les traces d’un monde à la fois imaginé, oublié ou en devenir. La matière devient alors langage, chaque œuvre agissant comme un fragment d’un récit plus large. À la croisée des héritages méditerranéens et d’un imaginaire techno-global, son travail esquisse une contre-mythologie poétique d’un monde contemporain en constante mutation.

