La Tunisie affronte le Mali en huitièmes demain à 20h00.
Sami Trabelsi doit faire face à de nombreux choix et dilemmes concernant le plan de jeu, les joueurs et la gestion de la partie. L’équipe nationale de Tunisie a encaissé 5 buts en trois matches, et la défense n’a pas rassuré, notamment à cause de l’efficacité du milieu de terrain.

Sami Trabelsi est confronté à de nombreux choix et dilemmes. Le plan de jeu, la gestion des joueurs et de la partie constituent son match le plus difficile à ce jour.
La Presse — Les entraînements de l’équipe nationale se poursuivent après une courte pause, destinée à récupérer des forces après un premier tour mitigé et riche en émotions. La plupart des joueurs sont présents (Achouri reprend doucement), et les images des entraînements dévoilent des exercices classiques d’échauffement et de relance à trois ou quatre passes.
Tout va bien ? L’ambiance n’est pas délétère, mais elle n’est pas non plus idéale ni conviviale. L’équipe nationale montre des signes de tension, les joueurs étant affectés par le dernier match contre la Tanzanie où ils ont été hués par le public malgré leur qualification pour le second tour. Ils prennent connaissance de ce qui se dit sur eux sur les réseaux sociaux et observent que l’atmosphère n’est pas à la joie sur les plateaux télé.
Certains joueurs, jusqu’alors marginalisés lors de cette CAN, ne se sentent pas bien non plus. Cependant, la situation n’est pas chaotique. Malgré les doutes et une performance peu convaincante, ces joueurs concentrent une grande partie de leur énergie sur le match de demain contre le Mali. Ce match, décisif, les oppose à une équipe familière que l’on croise souvent lors des CAN.
Une autre compétition commence
À présent, il s’agit d’un match à élimination, contrairement au premier tour. Une nouvelle compétition débute, et l’histoire montre que de nombreuses équipes performantes au premier tour échouent en huitièmes, tandis que d’autres, passées de justesse, connaissent une transformation positive par la suite. La gestion de ce second tour diffère des trois matchs de groupe. Sami Trabelsi, critiqué par tous, est conscient de la pression immense qu’il subit.
Cette épreuve constitue un test de vérité pour lui avant celle des joueurs. Comment va-t-il aborder ce match crucial ? Il a plusieurs options tactiques et dilemmes à traiter. D’abord, doit-il opter pour un 4-3-3 ou son 3-5-2 qui pourrait devenir un 5-3-2 ? Il hésite encore à engager un troisième défenseur axial, probablement Meriah, ou à maintenir une défense à quatre, celle ayant joué lors du dernier match. Le Mali possède une équipe complète, mais présente également de nombreux points faibles et n’a pas brillé en tant que favori, sauf lors de son match contre le Maroc.
Néanmoins, le Mali dispose d’individualités de qualité capables d’infliger des dégâts sur la moindre erreur. Avec cinq buts encaissés en trois matchs, la défense n’inspire pas confiance, et ce ne sont pas seulement les défenseurs qui ont été en difficulté; le milieu, notamment Skhiri, Mejbri et Sassi, a manqué d’efficacité dans les interceptions et la couverture.
Faut-il changer de schéma pour densifier l’axe central ou stabiliser le dispositif tout en accordant une attention particulière aux derniers jours à ce secteur clé, en corrigeant les erreurs constatées ? S’il y a modification, on peut envisager un repos pour Dahmen et une chance pour Ben Saïd. Pour un match de cette importance, Dahmen semble manquer de confiance, accumulant des erreurs répétées et ne parvenant pas à diriger sa défense. Trabelsi va-t-il prendre le risque de se montrer plus audacieux ? Le poste de gardien revêt une très grande importance : un titulaire en perte de vitesse, mais compétitif, ou un remplaçant expérimenté, mais peu présent en sélection ? C’est à Trabelsi de décider, même si Ben Saïd est aussi capable que Dahmen et pourrait apporter un vrai plus.
Une attaque à redéfinir
Cette équipe de Tunisie a cruellement besoin de créativité et d’inspiration collective pour générer des idées, des situations de jeu et des occasions de marquer. Cela s’est vu lors du match contre la Tanzanie, incapables de se créer des occasions en seconde période, ce qui reste très préoccupant. Les dilemmes deviennent plus concrets et pressants pour l’entraîneur national.
Doit-il privilégier un Gharbi, bon avec le ballon, ou un Sassi critiqué malgré sa grande expérience lors de matches décisifs ? En attaque, Achouri, sorti blessé face à la Tanzanie, est en cours de récupération pour le match contre le Mali. Tounekti reste un prétendant pour une place de titulaire, attendant le retour d’Elyès Saâd, absent des radars depuis le premier match contre l’Ouganda. En pointe, Trabelsi cédera-t-il à la pression et reposera-t-il Mestouri, son joueur de prédilection, pour donner une chance à Jaziri ou Chaouat ?
La séance d’entraînement d’aujourd’hui à Casablanca révélera les choix du sélectionneur national. On s’attend à au moins un changement dans le onze de départ. On espère surtout un changement d’attitude et que notre équipe nationale gérera mieux son match, affichant une meilleure image. Elle en est capable, même si ses performances passées n’ont pas été très convaincantes.

