SportTunisie

Des pièges et des désaccords

La Tunisie a très mal entamé cette coupe d’Afrique, et la Coupe arabe a bouleversé les liens entre l’équipe nationale et son public. La question de savoir si la solidité de la défense peut compenser le manque d’efficacité en attaque s’est posée, et il a été conclu que ce n’est pas le cas.

Le doute s’est installé au sein de la sélection après ce premier tour. C’est compréhensible.

La Presse — Pour les aficionados, cette qualification sans éclat au tour principal de notre équipe nationale évoque une amertume. Pourtant, le chemin n’a pas été simple. Nous avons failli mettre les voiles et rentrer les mains vides. Au final, une fois cette Coupe d’Afrique achevée, quel pourrait être le bilan ?

Il existe malheureusement des compétitions dont le bilan peut être dressé avant même qu’elles ne se concluent. Certains constats sont en effet évidents et ne requièrent pas de cristallomancie pour être mis en lumière.

L’équipe de Tunisie a très mal débuté cette Coupe d’Afrique. La Coupe arabe de triste mémoire, mal préparée, a tout remis en question et a particulièrement perturbé les liens patiemment construits entre l’équipe nationale et son public. Les choix entourant la sélection, le personnel d’encadrement à tous les niveaux, les déclarations inopportunes à l’issue des matchs, l’entêtement dans l’analyse des situations ont dégradé l’atmosphère, et bien d’autres éléments encore ont agi comme des pièges, pour ne pas dire des champs de mines, alimentant les discussions et les divergences de vues. Sur tous les fronts.

Tout d’abord, l’ambiance générale qui a prévalu avec des plateaux médiatiques réduisant tout à un simple perte de temps. Les envolées lyriques qui avaient fasciné le public, les joueurs et les observateurs se sont volatilisées. Comme par miracle, ce groupe de jeunes talents, qui avait donné de l’espoir aux supporters après cette mémorable rencontre contre le Brésil, a soudainement perdu sa substance.

Son entraîneur, traîné dans la boue, menacé, et accablé, est accusé de régionalisme, tandis que ses assistants sont qualifiés d’incompétents. Les douze millions de techniciens que nous avons se sont manifestés. Les plateaux se sont enflammés et toutes ces voix, censées apporter tranquillité et sérénité au groupe, semblent avoir été frappées par une fée maléfique souhaitant faire échouer cette équipe. Un match est pourtant une confrontation d’équilibres, une lutte de structures mentales et émotionnelles, une mise en lumière des espaces à exploiter ou à défendre pour contrarier les plans de l’adversaire.

Sursaut d’orgueil

Le choix de Sami Trabelsi, selon les rumeurs, n’était pas un secret : il s’agissait d’un retour aux bases du football : le réalisme et une défense intransigeante. Nous l’avons compris dès sa prise en main de la sélection et beaucoup ont salué cette orientation qui se voulait pragmatique : d’abord défendre pour ne pas perdre, puis profiter des occasions pour surprendre l’adversaire.

Une stratégie fondée sur l’impératif d’empêcher l’adversaire de développer son jeu, mais qui comporte un risque lorsque l’on échoue à convertir les occasions. Notre équipe nationale a effectivement raté de nombreuses occasions faciles, et certains joueurs ont été maintenus dans l’équipe malgré leur manque de réussite.

La question s’est donc posée : la solidité défensive peut-elle compenser l’inefficacité offensive ? La réponse est non. Car ces échecs renforcent la confiance de l’adversaire et sèment le doute au sein de l’équipe. Tout en considérant que nous ne pourrions pas descendre plus bas, un sursaut d’orgueil pourrait raviver l’espoir et présenter un meilleur visage de notre équipe, qui a les atouts pour renverser les pronostics. À condition d’effectuer quelques ajustements évidents et de mettre fin à cet entêtement dévastateur.