Incendie mortel à Crans-Montana : Alan alerte sur un danger constant.
Dans la nuit du Nouvel an, un incendie a ravagé Le Constellation, un bar de la station suisse de Crans-Montana, faisant « une quarantaine de morts » et « environ 115 blessés ». Vers 1h30, un embrasement a eu lieu, selon les premiers appels aux secours, confirmés par Laëtitia, mère d’un adolescent toujours disparu, qui a indiqué que son fils avait posté une vidéo à 1h28.
Les témoignages qui affluent révèlent l’horreur du drame survenu. Dans la nuit de la fête du Nouvel an, un incendie a ravagé Le Constellation, un bar de la station suisse de Crans-Montana, faisant « une quarantaine de morts » et « environ 115 blessés », selon les premiers chiffres communiqués par les autorités.
Le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, a qualifié cet événement de « l’une des pires tragédies » que le pays ait connues, ajoutant qu’il s’agit d’un « drame d’une ampleur inédite et effroyable ». Ce constat est renforcé par les différents témoignages qui émergent de cette soirée.
Les premiers témoignages évoquent les bougies étincelles. Bien que l’enquête soit toujours en cours pour établir les causes exactes du sinistre, les récits de témoins et les premiers éléments d’enquête semblent converger sur certains points.
La première information concerne la cause de l’incendie. Aucune donnée officielle n’ayant été révélée jusqu’à présent, plusieurs témoignages évoquent des bougies étincelles fixées sur des bouteilles et agitées par une personne sur les épaules d’une autre. Ces bouteilles, trop près du plafond, auraient pu être à l’origine du drame.
Alan, un jeune habitant de la station, a témoigné sur BFM TV. « C’était courant pour les serveuses d’être portées ainsi, presque jusqu’au plafond. Je me suis souvent dit qu’on frôlait la catastrophe parce qu’il y avait de l’isolation au plafond pour le bruit », a-t-il déclaré, déplorant la mort d’un de ses amis, DJ dans la station depuis près de trois ans.
Concernant la recherche des proches, plusieurs témoignages vont dans ce sens. La procureure générale du canton de Valais, Béatrice Pilloud, ne peut cependant, pour l’instant, confirmer quoi que ce soit et indique que « la piste privilégiée est celle d’un embrasement généralisé qui a provoqué une déflagration ». Cet embrasement aurait eu lieu vers 1h30, selon les premiers appels aux secours, confirmés par Laëtitia, la mère d’un adolescent toujours porté disparu : « En retraçant la soirée sur les réseaux sociaux, on a pu voir qu’il avait posté une vidéo à 1h28 avec ses amis. À 1h30, nous avons reçu les premières alertes des secours. » Elle est toujours à la recherche de son fils et avoue, dans le désespoir, ne pas savoir s’il est vivant ce vendredi matin : « On ne sait pas. Cela fait 30 heures qu’on le cherche. On ne sait pas s’il a été transféré dans un hôpital, à Lausanne, à Milan, ou s’il est à la morgue… »
Les scènes de chaos décrites par les témoins montrent le désespoir des participants. Beaucoup d’entre eux racontent avoir vu des gens se précipiter vers l’escalier pour tenter d’échapper à la situation. Certains ont même essayé de briser les vitres du bar, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se jetaient dans la rue.
« C’est un bar où on se retrouve avec plein d’amis, vraiment, presque chaque week-end […] On pensait que c’était juste un petit feu, et finalement, quand on est arrivés, c’était la guerre. C’est le seul mot que je peux dire, l’apocalypse. C’était terrible », a révélé Mathys, habitant de la commune voisine de Chermignon-d’en-Bas.
Un jeune homme en deuil, qui a souhaité garder l’anonymat, a expliqué : « Moi je n’étais pas là, mais j’ai eu plein d’amis qui étaient là, et des proches aussi. Certains sont morts, d’autres sont hospitalisés. Environ dix. »
Eléonore, 17 ans, a exprimé son angoisse : « On a essayé de joindre nos copains. On a posté des photos sur Instagram, Facebook et tous les réseaux sociaux pour essayer de les retrouver. Mais il n’y a rien. Pas de réponse. On a appelé les parents. Rien. Même les parents ne savent pas. » Elle s’interroge, tourmentée : « Est-ce qu’ils vont bien ? Est-ce qu’ils sont juste à l’hôpital ? ».
Son amie Elisa a réussi à obtenir des nouvelles d’un de leurs copains : « Il est complètement brûlé, il est dans le coma à Lausanne. »
Paulo Martins, un Français vivant à Crans-Montana depuis vingt-quatre ans, a partagé sa peur que son fils soit impliqué. « Il était avec sa copine, ils devaient y aller, et finalement, ils n’y sont jamais arrivés », a-t-il relaté. Son fils est rentré sous le choc. Un ami de son fils de 17 ans a été transféré en Allemagne pour y recevoir des soins, son corps étant couvert à 30 % de brûlures.
À quelques centaines de mètres du bar ravagé, une cellule de crise a été établie dès jeudi dans un centre de congrès, légèrement éloigné des artères commerçantes. La zone, bouclée et interdite à la presse, est surveillée par des policiers.
Des familles de victimes y sont accueillies, soutenues par des agents de police, des membres de la protection civile et des diplomates. « Nous devons être efficaces pour tout entreprendre, […] et pour les parents qui attendent des nouvelles, qui ne savent pas ce qui se passe, l’identification », a affirmé Guy Parmelin lors d’une conférence de presse en évoquant « le travail extrêmement difficile » conduit par les spécialistes.
Il a également signalé que « les personnes qui sont intervenues sur le plan psychologique, ceux qui ont vu les scènes, ceux qui ont aidé et ceux qui vont encore le faire, vous pouvez me croire, c’est quelque chose qui va être de longue durée ».

