L’USFP réclame un système de santé digne et accessible.
L’Union socialiste des forces populaires a toujours occupé la première ligne du combat pour une santé publique digne, accessible et juste, conçue comme un droit fondamental. La fermeture de l’hôpital Ibn Sina et la saturation de l’hôpital Moulay Youssef ont révélé une faille majeure dans la conduite de la réforme du secteur de la santé.
À l’heure des bilans de fin d’année, lorsque l’actualité laisse place à une réflexion approfondie, la question du système sanitaire marocain émerge comme l’un des thèmes les plus délicats du débat public. Elle traverse les gouvernements, les réformes et les promesses. Dans cette longue démarche, une constante demeure : l’Union socialiste des forces populaires a toujours été en première ligne pour défendre une santé publique digne, accessible et juste, considérée non comme un privilège ou une variable budgétaire, mais comme un droit fondamental inscrit au cœur du pacte social.
Analyser l’année écoulée permet de constater combien ce combat reste pertinent. La réforme du secteur de la santé, largement engagée dans le cadre du chantier Royal de la généralisation de la protection sociale, a ouvert une phase décisive, mais également source d’angoisse pour une large part de la population. Entre les promesses d’hôpitaux modernes, la restructuration institutionnelle et les discours sur les horizons 2029 ou 2030, un malaise persistant s’est installé. Celui d’un présent fragile, parfois douloureux, face à un futur perçu comme prometteur mais éloigné.
C’est dans ce contexte que la voix de l’USFP s’est élevée de manière constante. Non pour contester le besoin de réformes, mais pour rappeler une réalité souvent occultée par le discours technocratique : la santé ne peut pas attendre les échéances politiques. Le malade n’attend pas la fin des chantiers, la mère n’attend pas l’ouverture d’un nouveau centre hospitalier universitaire, et le citoyen ne peut être contraint d’attendre un avenir meilleur. Cette position, profondément socialiste, nourrit depuis des décennies le discours et l’action du parti.
Les interventions des députés ittihadis devant les différentes commissions durant l’automne parlementaire s’inscrivent dans cette continuité. Elles n’étaient pas de simples échanges institutionnels, mais des moments de véritable vérité politique. En dresseant un constat sans détour de la situation sanitaire, les élus ittihadis ont mis des mots sur un sentiment largement partagé : celui d’un abandon progressif, parfois perçu comme un chantage implicite, face aux faibles performances du service public de santé. Derrière les chiffres, les plans et les projections, ils ont recentré le débat sur son aspect humain.
L’exemple de Rabat, capitale administrative et politique du pays, a résonné comme un symbole significatif. La fermeture de l’hôpital Ibn Sina, pilier historique du système hospitalier, et la saturation qui en a résulté pour l’hôpital Moulay Youssef ont exposé une lacune majeure dans la mise en œuvre de la réforme. Ce n’est pas l’ambition qui fait défaut, mais l’absence d’un plan de transition crédible. Pour l’USFP, cette coupure brutale avec l’existant illustre une erreur de méthode répétée : penser que la nouveauté peut suffire à combler les besoins immédiats, et que la modernisation peut s’effectuer au détriment de la continuité du service public.
Cette critique va bien au-delà d’un cas particulier ou d’une conjoncture spécifique. Elle renvoie à une vision globale de l’action publique que l’Union socialiste défend depuis sa création. Une vision axée sur l’accumulation progressive des politiques publiques, sur des réformes par étapes, sur la consolidation plutôt que sur la rupture totale. Dans le domaine de la santé, cette approche revêt une importance presque vitale. Un hôpital qui ferme sans relais opérationnel, un établissement qui ouvre sans ressources humaines adéquates, ne représentent pas de simples dysfonctionnements administratifs. Ce sont des fractures dans le lien de confiance entre l’État et les citoyens.
Au fil des ans, l’USFP n’a cessé de souligner que la réussite de toute réforme du secteur sanitaire repose avant tout sur les femmes et les hommes qui la portent. Les médecins, les infirmiers, les techniciens et les cadres administratifs constituent la véritable structure du système. Sans leur adhésion, sans la reconnaissance de leur rôle, et sans une amélioration tangible de leurs conditions de travail et de leurs parcours professionnels, même les infrastructures les plus modernes restent vides de sens. Là encore, la position socialiste s’inscrit dans une cohérence historique : mettre le facteur humain au centre des politiques publiques et refuser une approche purement comptable de secteurs aussi critiques que la santé.
Cette constance explique pourquoi l’USFP est perçue, y compris par ses adversaires, comme une force de vigilance sur les questions sociales. Des combats pour l’accès aux soins à la défense de l’hôpital public ainsi qu’à la généralisation actuelle de l’assurance maladie, le parti a intégré la santé dans une vision d’ensemble de justice sociale. Une perspective où l’égalité territoriale, la solidarité nationale et la dignité du citoyen ne sont pas des slogans, mais des impératifs politiques.
L’année qui s’achève a également démontré que ces positions rencontrent un écho croissant au sein de la société. Les manifestations, les inquiétudes et les débats autour de la réforme de la santé traduisent une attente immense, mais aussi une peur légitime de voir le service public s’affaiblir durant cette phase de transition. En appelant à une mobilisation collective dépassant les clivages partisans, l’USFP a cherché à replacer la réforme dans son cadre le plus large : celui de la crédibilité de l’État et de la solidité du modèle social marocain.
Dans cette optique, les interventions des élus ittihadis marqueront des moments emblématiques de l’année politique. Non pas par leur intensité, mais par leur limpidité. Elles ont rappelé que l’adhésion massive des Marocains au chantier Royal de la protection sociale constitue un acquis précieux, mais fragile. Et que cette adhésion ne peut être préservée que si les réformes se traduisent, dès aujourd’hui, par des améliorations visibles dans la vie quotidienne.
À l’aube d’une nouvelle année, cette rétrospective invite à une compréhension plus large. La santé publique n’est pas un domaine parmi d’autres. Elle est le reflet du contrat social, le test ultime de la capacité de l’État à protéger ses citoyens, en particulier les plus vulnérables. En se positionnant chaque année à l’avant-garde de ce combat, l’Union socialiste des forces populaires affirme une identité politique forgée dans la défense des droits fondamentaux.
Plus qu’un positionnement partisan, il s’agit d’un engagement de fidélité. Fidélité à l’idée que la dignité humaine ne se négocie pas, que le droit à la santé ne peut être différé, et que la modernisation du Maroc ne peut se faire sans un système sanitaire solide, équitable et humain. À la lumière de l’année écoulée, ce combat apparaît moins comme un héritage du passé que comme une nécessité urgente pour l’avenir.

